Formation à distance : conditions et modalités de mise en œuvre
Quand elle est bien pensée, la formation à distance devient une véritable expérience au service de l’apprenant. Entre obligations réglementaires et transformation des pratiques pédagogiques, un webinaire de l’Afdas apporte des repères concrets sur le cadre de la formation à distance, ses différentes modalités et les exigences de traçabilité.
Chaque mois, l’Afdas, Opérateur de compétences des secteurs de la culture, des médias, du sport ou encore du tourisme, propose des webinaires d’information à destination de ses partenaires. Le 14 avril dernier, le focus portait sur la formation à distance. L’occasion de faire le point sur un mode de formation qui s’est largement installé dans le paysage de la formation professionnelle depuis la crise sanitaire.
Les chiffres en témoignent : en 2023, 44 % des organismes de formation proposaient des actions intégrant du distanciel. Si la formation à distance s’est imposée comme un standard des parcours de formation, c’est qu’elle répond à des besoins croissants de flexibilité et facilite l’accès à la formation, notamment dans les territoires les moins bien couverts.
3 conditions de mise en œuvre
Introduite par la réforme de 2014, la Formation ouverte à distance (FOAD) évolue avec la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui élargit la définition d’action de formation.
Le décret du 28 décembre 2018 fixe 3 conditions cumulatives pour la mise en œuvre d’une action de formation à distance :
- une assistance technique et pédagogique appropriée,
- l’information du bénéficiaire sur les activités à effectuer et leur durée moyenne,
- des évaluations qui jalonnent ou concluent le parcours.
Ces exigences rappellent un point fondamental : la formation à distance ne se limite pas à transposer un contenu en ligne. Elle suppose une véritable structuration pédagogique et organisationnelle.
Les modalités de la formation à distance
La formation à distance repose sur différentes modalités, qui peuvent se combiner.
- La formation synchrone correspond au distanciel en temps réel, où formateur et apprenants sont connectés en même temps via des outils de visioconférence.
- La formation asynchrone permet à l’apprenant de progresser à son propre rythme, à travers des modules en ligne ou des ressources accessibles à tout moment.
- La formation hybride combine différentes modalités, par exemple un parcours e-learning complété par des temps en présentiel ou en classe virtuelle.
La formation hybride ou « blended » est aujourd’hui l’approche la plus riche pédagogiquement, car elle permet de tirer parti des avantages de chaque format.
Frédéric Garreau, responsable du département observation et qualité de la formation pour l’Afdas.
Un rôle de formateur qui évolue
Le développement de la formation à distance transforme en profondeur les pratiques professionnelles des formateurs.
Au-delà de la conception des contenus, le formateur doit assurer un suivi régulier et individualisé des apprenants, afin de maintenir leur engagement et prévenir les risques de décrochage.
Le formateur est également amené à mobiliser de nouvelles compétences, notamment techniques, pour garantir l’accès aux outils et accompagner leur prise en main. Il intervient ainsi à la croisée des dimensions pédagogiques, organisationnelles et techniques, plaçant l’accompagnement au cœur de la réussite des parcours à distance.
A retenir du webinaire
- La FOAD repose sur 3 obligations : assistance, information, évaluation
- Le suivi des apprenants est fondamental pour maintenir l’engagement à distance
- La traçabilité impose aux organismes une documentation fine des parcours
Assiduité et traçabilité : des preuves à consolider
La formation à distance implique également un haut niveau d’exigence en matière de traçabilité.
Les organismes doivent être en mesure de démontrer la réalité de l’action de formation, à travers des preuves de l’engagement du stagiaire et de l’accompagnement du formateur. Certaines pratiques, comme le relevé de connexions ou les confirmations de présence par mail, ne suffisent pas.
L’émargement numérique s’impose. Des outils comme Yousign, Docusign, Signaturit, etc. permettent de sécuriser l’identification des participants et l’horodatage des présences. Mais cela reste insuffisant pour attester de l’engagement et de la progression des apprenants.
Les justificatifs doivent s’appuyer sur un faisceau de preuves : travaux réalisés, résultats aux évaluations, interactions avec le formateur… C’est la combinaison de ces éléments qui permet de rendre compte de la réalité de l’accompagnement pédagogique et de l’implication du stagiaire.