Décrochage scolaire
Décrochage scolaire et Neet : de quoi parle-t-on ?
Le décrochage scolaire désigne la situation d’un jeune qui quitte, ou risque de quitter, le système scolaire sans avoir obtenu de diplôme (CAP, Bac professionnel ou Bac général). En France, ce sont environ 75 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans qualification.
La notion de Neet (ni en emploi, ni en études, ni en formation) recouvre un périmètre plus large. Elle concerne des jeunes éloignés de l’emploi ou de la formation, qui peuvent être diplômés. En Pays de la Loire, selon l’Insee, environ 10 % des jeunes de 15 à 29 ans sont considérés comme Neet.
L’obligation de formation
Depuis 2020, l’obligation de formation s’applique à tous les jeunes de 16 à 18 ans à l’issue de la scolarité obligatoire.
Elle concerne les jeunes :
- en situation de décrochage scolaire,
- qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, qu’ils soient diplômés ou non.
Son objectif est de repérer les jeunes en risque d’exclusion et de les amener vers un parcours d’accompagnement et de formation. Il s’agit concrètement de proposer des solutions de retour à l’école, d’accès à la qualification et à l’emploi.
Les Missions locales sont chargées d’assurer le respect de cette obligation de formation, en lien étroit avec les autres acteurs.
Un réseau d’acteurs mobilisés
La prévention et le traitement des situations de décrochage mobilisent de nombreux acteurs sur le territoire : Education nationale, Centres d’information et d’orientation (CIO), Missions locales, Région, partenaires de l’emploi et de la formation…
Ces acteurs sont coordonnés par les Plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD), avec l’appui des animateurs de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) qui interviennent au sein des établissements scolaires.
Elles ont pour mission d’organiser de manière concertée :
- le repérage des jeunes de 16 à 25 ans sortis sans diplôme du système de formation, en s’appuyant sur des listes d’élèves ou d’apprentis qui ne sont plus inscrits dans un cycle de formation ;
- l’analyse des solutions mobilisables sur le territoire selon les besoins identifiés ;
- l’apport d’une réponse personnalisée à chaque jeune de plus de 16 sans diplôme et sans solution, vers un retour dans une formation ou dans un processus de qualification et d’accès à l’emploi.
Aucun jeune sans solution
Pour identifier la solution la plus adaptée, chaque jeune repéré bénéficie d’un entretien de situation et d’un accompagnement personnalisé. Sur cette base, le conseiller ou référent construit avec lui un parcours pouvant combiner plusieurs solutions. L’objectif est de favoriser l’accès à l’emploi et/ou à un diplôme ou une certification reconnue.
Différentes solutions existent pour une reprise de parcours :
- l’apprentissage,
- le contrat de professionnalisation,
- la formation professionnelle,
- le service civique,
- le volontariat dans les Etablissements pour l’insertion dans l’emploi (Epide),
- le Service militaire volontaire (SMV),
- les Ecoles de la deuxième chance (E2C),
- les écoles de production,
- le programme « Promo 16-18 » porté par l’Afpa,
- le réseau Etre des écoles de la transition écologique, etc.
Découvrez l’accompagnement de Lohenn, qui était sans solution de formation :
Crédit video : Cariforef des Pays de la Loire
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Reprise parcours vers la voie professionnelle
Lohenn Fabert, alternant : « J’ai 18 ans, je suis en Bac pro commerce Métiers de la vente. Je suis en alternance. J’ai mon brevet. J’ai arrêté en première. L’année d’après, je suis allé du coup à la MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) où on m’a redirigé vers un bac pro.
Anne Le Mat, déléguée académique à la persévérance scolaire et à l’insertion : « Les MLDS sont réparties dans l’ensemble de l’académie, dont la mission est à la fois d’accueillir des jeunes décrocheurs, de les remobiliser en vue d’un retour en formation initiale. »
Patricia Rondeau, coordinatrice pédagogique : « Je suis coordinatrice pédagogique en ingénierie de formation sur le dispositif MLDS. Lohenn, lui, c’était un élève qui se retrouvait en fait sans solution de formation. Suite à son apprentissage qu’il avait commencé, le patron a décidé de mettre un terme à son apprentissage, donc il s’est retrouvé sans solution de formation. On commence toujours par un entretien avec la famille et le jeune. L’objectif, c’est de connaître vraiment l’élève dans sa globalité, pas uniquement en fait l’élève qui a décroché. Il y a une personnalité autour de l’élève, il a des compétences. Il a donc il a des temps de cours, des temps de stage. J’ai négocié en fait avec un établissement des alentours pour que Lohenn puisse faire une immersion en fait en Bac pro Métiers du commerce et de la vente. Il a fait deux semaines d’immersion dans cet établissement. Ce que je fais, c’est vraiment du cousu main, j’essaie vraiment d’adapter l’emploi du temps de chaque jeune en fonction de ses besoins, et puis c’est vraiment l’occasion en fait toute l’année d’aller tester, d’être curieux, de se dire « bon là j’ai une année pour aller tester plein de choses et puis au moins en septembre de l’année prochaine, je suis sûr de moi ». Suite à ça, en fait, il m’a dit : « oui, effectivement la vente, ça a confirmé, c’est vraiment ce que j’ai envie de faire mais par contre pas en lycée, moi c’est plutôt d’aller en apprentissage ». Il s’est préinscrit en fait sur le site, ensuite il a eu un entretien avec le cfa qui lui a aussi proposé des offres d’apprentissage et en fait il a eu un entretien avec L’Art au Gant.
Marika Chauvin : « Je suis co-gérante de la société L’Art au Gant. C’est une boutique sur nantes de tatouages, piercings et vente de bijoux de piercing. On a besoin d’effectifs, on a besoin aussi de jeunes et on avait déjà sélectionné notre apprenti en fait, donc Lohenn est venu un peu on va dire à la dernière minute, mais je lui ai quand même dit de venir se présenter. Quand Lohenn s’est présenté, il y a vraiment quelque chose qui s’est passé. C’est un garçon, je pense, très prometteur qui a quelque chose en plus que d’autres n’ont pas.
Lohenn : « Ce que je fais le plus à L’Art au Gant, ça va être de la vente parce que c’est le principal à faire dans le Bac pro. Je vais conseiller les clients, je vais essayer de les fidéliser, qu’ils reviennent le plus possible, qu’ils soient satisfaits surtout. Après, à côté, je vais poser quelques bijoux. »
Marika Chauvin : « Il me dit souvent : en cours, ça m’a servi parce qu’on a fait tel exercice, tel exercice est avec vous et ça m’a servi pour l’école. Qu’il y ait des matières dans lesquelles ils vont étudier certaines choses, ça peut aussi nous servir parce que Lohenn, c’est un garçon qui est aussi beaucoup dans l’interaction, c’est quelqu’un qui va énormément communiquer. Moi-même ça me permet de me remettre un petit peu dans l’apprentissage et dans la théorie. C’est complémentaire. »
Patricia Rondeau : « Lohenn avait aussi quelques petits soucis personnels. Pour moi, c’est primordial en fait de vraiment prendre le jeune dans sa globalité. Si le jeune a des soucis perso, il n’arrivera pas en fait agrandir sur le volet scolaire et professionnel en fait si ce frein est toujours là. »
Marika Chauvin : « C’est un vrai investissement, ce n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère. On a une responsabilité face à cet apprentissage parce qu’une fois qu’on s’engage avec un jeune, il faut quand même le suivre, il faut quand même le former et il faut être présent pour lui. Donc ça je pense que c’est important. »
Patricia Rondeau : « Moi j’adore voir les yeux de mes élèves pétiller en fait, de les voir grandir. »
Lohenn : « Alors si j’avais un ami qui était un peu perdu dans sa voie et qui voulait tester l’alternance, moi ce que je pourrais lui dire c’est que faire des études, il y aura que la théorie mais la pratique ne sera pas du tout là, alors que là on est dans la pratique et dans la théorie donc on saura directement si on est vraiment bien dans ce métier. »
Merci à Lohenn Fabert, Marika Chauvin, Patricia Rondeau et Anne Le Mat
Logos Cariforef des Pays de la Loire, Académie de Nantes, Talents Tube
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