26/05/2026

Formations courtes, immersions, décrochage : les mesures du plan pour l’emploi des jeunes

Plus qu’une réforme, le plan interministériel d’accélération pour l’emploi des jeunes, présenté le 7 mai à l’occasion d’un déplacement à Angers, vise à renforcer les dispositifs existants et mieux coordonner les actions au profit d’un parcours global des jeunes. Décryptage des principales mesures. 

C’est un paradoxe français : malgré un niveau élevé de diplômés du supérieur, l’insertion professionnelle des jeunes reste plus difficile en France que dans plusieurs pays européens et le nombre de jeunes Neets (ni en emploi, ni en études, ni en formation) y est plus important. 

C’est à ce paradoxe que le nouveau plan, baptisé « Emploi futur », entend répondre. Construit avec les membres du Comité national pour l’emploi, des jeunes et en coopération interministérielle, il a pour ambition d’augmenter le taux d’emploi des 16-25 ans en s’appuyant sur 15 mesures concrètes.

Faciliter l’accès à l’information

La priorité première est de rendre l’information sur les formations, les métiers et leurs débouchés, plus lisible et plus accessible pour les jeunes, leurs familles et les professionnels de l’orientation. 

Cela passe notamment par l’enrichissement des bases Inserjeunes et InserSup qui recensent les débouchés des formations et la réussite des parcours des jeunes issus de l’enseignement secondaire professionnel et de l’enseignement supérieur. Ces données seront diffusées sur les plateformes d’Etat comme 1jeune1solution, et la future 1jeuneDesSolutions qui regroupera dès la rentrée 2026 en un seul endroit l’ensemble des informations et services destinés aux jeunes.

Favoriser les formations courtes et professionnalisantes

Le plan gouvernemental prévoit de développer les formations courtes et professionnalisantes directement orientées vers les besoins du marché du travail. Ces formations, qui affichent des résultats d’insertion probants, doivent pouvoir être proposées aux jeunes rencontrant des difficultés à s’insérer sur le marché du travail, particulièrement aux étudiants ayant interrompu leurs études, aux jeunes diplômés ou aux apprentis dont les contrats sont rompus.

Notre priorité est de rendre les formations plus lisibles, plus sûres et tournées vers les métiers de demain.

Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage

En parallèle, une démarche de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) doit être engagée dans les secteurs stratégiques afin d’anticiper les besoins et d’adapter l’offre de formation. Sont cités « parmi les besoins immédiats : compétences IA, compétences en lien avec la transition écologique, métiers de l’industrie, métiers du soin et du médico-social, etc. »

Généraliser les immersions

Le plan entend renforcer de manière systématique le lien entre les jeunes et le monde du travail. Il prévoit notamment de généraliser les immersions professionnelles dans les principaux dispositifs d’accompagnement tels que le Contrat d’engagement jeune (CEJ), le Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA) et l’Accompagnement individualisé des jeunes (AIJ), mis en œuvre par les Missions locales ou France Travail. 

Les périodes de mise en situation en milieu professionnel sont présentées comme des leviers pour remobiliser ou clarifier un projet professionnel. Autre avantage : elles permettent aux jeunes de multiplier les contacts avec les employeurs. 

Dans cette optique, l’apprentissage reste une voie privilégiée, largement plébiscitée par l’ensemble des jeunes pour son efficacité en termes d’insertion professionnelle.

Renforcer la coordination face au décrochage

Le gouvernement souhaite également renforcer la coordination des acteurs au service de la sécurisation des parcours. Il s’agit d’abord de rendre plus effective l’obligation de formation des 16-18 ans en s’appuyant sur un pilotage par les résultats et un meilleur suivi des jeunes entre Education nationale et Réseau pour l’emploi. Dans l’enseignement professionnel et supérieur aussi, la prévention du décrochage doit s’intensifier, grâce au dispositif AvenirPro

Le plan gouvernemental met également l’accent sur la mobilisation des parcours intensifs pour les jeunes les plus fragiles, notamment via les Ecoles de la 2e Chance et les centres Epide. 

Toute cette dynamique s’inscrit dans une logique de coopération territoriale renforcée, notamment au sein des comités territoriaux pour l’emploi, afin de mieux adapter les réponses aux réalités locales et de lever les freins périphériques (mobilité, logement, santé).

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