Certification professionnelle : les fondamentaux à maîtriser avant de se lancer
Quelles sont les étapes de création d’une certification ? S’assurer de la pertinence du besoin métier, choisir le bon répertoire, disposer de données précises sur l’insertion, construire des référentiels robustes, anticiper les moyens humains et financiers : lors d’un webinaire dédié, France compétences a rappelé les points à connaître avant d’engager une démarche d’enregistrement.
Bien distinguer certification et formation
Premier rappel essentiel : la certification n’est pas la formation. Les deux notions recouvrent des réalités bien distinctes, à ne pas confondre.
La formation correspond au processus d’acquisition de connaissances et de compétences. La certification, elle, constitue une reconnaissance officielle de ces compétences. Plus précisément, il s’agit d’une attestation formelle délivrée par un organisme certificateur, à l’issue d’une évaluation réalisée selon les conditions définies dans un référentiel.
La certification professionnelle, c’est l’état professionnel d’un individu.
Cette appellation englobe :
- les diplômes délivrés par l’Etat ou au nom de l’Etat (tous ministères certificateurs confondus),
- les titres à finalité professionnelles délivrés par les certificateurs privés ou les branches professionnelles,
- les Certificats de qualification professionnelle (CQP) délivrés par les branches,
- les certificats et habilitations relevant du Répertoire spécifique (RS).
Avant de se lancer : mesurer les enjeux du projet
Déposer une certification professionnelle ne relève pas d’une simple démarche administrative. C’est un projet structurant qui engage durablement l’organisme porteur.
Plusieurs enjeux doivent être anticipés :
- des enjeux stratégiques : la certification n’est pas un label, mais un repère social sur le marché du travail. Elle vient signaler des compétences reconnues et utiles dans un environnement professionnel.
- des enjeux réglementaires : une fois enregistrée, la certification devra être mise en œuvre conformément au dossier présenté.
- des enjeux organisationnels : concevoir une certification suppose de mobiliser une équipe dédiée et de suivre une méthodologie rigoureuse (analyse du marché, référentiel d’activités, de compétences, d’évaluation…).
- des enjeux financiers : la démarche demande un investissement à anticiper.
Avant même d’envisager un dépôt, France compétences insiste sur la nécessité d’être en mesure de soutenir l’ensemble de ces enjeux. Ce n’est qu’à cette condition que peut débuter la phase la plus importante du projet : la pré-étude. Son rôle ? Vérifier que la certification répond à un besoin réel, à partir de l’analyse des situations de travail.
RNCP ou RS : choisir le bon répertoire
Autre question centrale : vers quel répertoire orienter son projet ?
Le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) regroupe tous les diplômes et titres professionnels préparant à un ou plusieurs métiers.
Le Répertoire spécifique (RS) concerne pour sa part des compétences complémentaires à un métier, des compétences transversales (comme l’apprentissage des langues) ou des habilitations répondant à une obligation réglementaire.
Cette distinction est déterminante pour positionner correctement son projet.
Dépôt de dossier : procédure, critères et points de vigilance
La procédure d’enregistrement suit les mêmes grandes étapes, quel que soit le répertoire visé :
- dépôt du projet,
- instruction par les services de France compétences,
- examen en commission,
- enregistrement au répertoire.
Les demandes sont examinées selon plusieurs critères : les données d’insertion, la qualité des référentiels et les procédures de contrôles…
Les éléments d’insertion professionnelle
Ces données occupent une place stratégique dans l’évaluation du dossier : il s’agit de démontrer l’impact de la certification en matière d’accès ou de retour à l’emploi, en s’appuyant sur l’analyse des promotions de titulaires.
France compétences rappelle à ce titre que le dispositif qui supporte la certification doit déjà avoir été expérimenté avant toute demande d’enregistrement.
Les référentiels
Ils constituent le socle de la certification.
Pour le RNCP, trois référentiels structurent le dossier :
- le référentiel d’activité, issu d’une démarche d’identification des besoins et d’analyse des situations de travail afin d’établir un inventaire des activités ;
- le référentiel de compétences, qui identifie les compétences nécessaires à l’exercice des activités ;
- le référentiel d’évaluation, qui sert de guide aux jurys pour harmoniser les pratiques d’évaluation.
Niveau, intitulé et blocs de compétences
France compétences attire également l’attention sur plusieurs points de vigilance :
- le choix du niveau de qualification repose sur la complexité des savoirs, la responsabilité et l’autonomie au sein de l’organisation du travail, et non sur la durée de formation ;
- l’intitulé de la certification doit désigner clairement le ou les métiers visés, sans formulation marketing ;
- pour le RNCP, les certifications doivent être structurées en blocs de compétences pouvant être évalués de manière autonome.
Les motifs de refus immédiat
Certaines situations peuvent interrompre l’instruction avant même l’examen des critères :
- fausse déclaration (sur les données d’insertion, notamment),
- reproduction littérale de tout ou partie d’un référentiel,
- communication d’informations trompeuses au public.
En savoir plus
- Consultez le Vademecum de la certification professionnelle sur le site de France compétences
- Regardez le replay du webinaire « Les essentiels de la certification professionnelle »