Alors que l’emploi dans le secteur horticole et maraîcher a progressé de 14 % sur les cinq dernières années, les tensions de recrutement s’accentuent et les formations peinent à attirer des candidats. Comment y remédier ? Quels leviers mobiliser ? Une étude récente du Cariforef apporte un éclairage pour mieux agir.
Le secteur de l’horticulture et du maraîchage est un pilier de la production agricole des Pays de la Loire, employant plus de 44 600 salariés au sein de 1 500 établissements. Pourtant, les difficultés de recrutement persistent et les formations peinent à attirer suffisamment d’apprenants pour assurer le renouvellement des compétences.
Face à ces enjeux, et afin d’accompagner la Direction régionale de l'agriculture et de la forêt (Draaf) des Pays de la Loire dans sa réflexion sur la carte régionale des formations horticoles, le Cariforef a réalisé une étude pour évaluer les besoins en emploi et analyser l’évolution de l’offre de formation.
L’emploi dans les filières horticoles et maraîchères a progressé de 14 % en cinq ans, porté par l'essor du verdissement des espaces urbains et des nouveaux modes de consommation favorisant les productions locales. Toutefois, cette dynamique repose majoritairement sur des contrats à durée déterminée (85 % des embauches) en raison de la saisonnalité de l’activité. Cela implique qu’une part importante de salariés quitte le secteur chaque année.
Ce manque de stabilité et les conditions de travail qui peuvent être contraignantes limitent l’attractivité du secteur. Si les professionnels parviennent malgré tout à pallier leurs besoins de main d’œuvre saisonnières, ils sont davantage préoccupés par le recrutement de personnels permanents : 75 % de ces besoins en recrutement sont jugés difficiles alors que le secteur a besoin de personnels qualifiés pour assurer la production.
En 2023, 500 personnes étaient en formation dans les domaines de l’horticulture et du maraîchage, du CAP au BTSA. L’offre de formation horticole et maraîchère est implantée près des principaux bassins d’emploi mais fait face à une baisse des effectifs. Ces formations peinent à attirer de nouveaux candidats, particulièrement pour les niveaux CAP et Bac Pro.
Le secteur s’avère pourtant attractif auprès d’autres publics : il attire des profils en reconversion, comme en témoigne la formation de plus de 700 demandeurs d'emploi dans l'horticulture et le maraîchage entre 2022 et 2023.
L’apprentissage, qui progresse dans la région, reste sous-représenté dans le secteur : il concerne moins d’un tiers des formés. Cette situation pourrait s’expliquer par la difficulté des entreprises à s’engager sur un contrat long et par l’organisation spécifique de l’activité.
Le recueil d’éléments prospectifs sur l’emploi semble démontrer que les sortants de formation ne suffiront pas à combler les besoins en emploi permanent : l'Association nationale pour l'emploi et la formation en agriculture (Anefa) estime à 660 le nombre de recrutements nécessaires chaque année dont près de la moitié qui devraient être comblé par des "nouveaux salariés", c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas travaillé dans le milieu agricole ou qui rentrent dans la vie active. Or en moyenne, 250 jeunes diplômés sortent de formation chaque année.
Le vieillissement des dirigeants constitue également un enjeu fort pour le secteur : deux sur cinq ont plus de 50 ans. Au-delà de la formation initiale, la formation continue et la reconversion professionnelle représentent des leviers potentiels pour attirer et préparer les dirigeants de demain.
À l’initiative de la Draaf, la présentation de l’étude a eu lieu le 5 mars 2025 à Végépolys Valley, pôle de compétitivité angevin à vocation mondiale qui rassemble des entreprises, des centres de recherche et de formation du domaine du végétal autour de projets innovants. Les professionnels du secteur, ainsi que les établissements de formation présents, ont réagi à ces travaux en mettant en avant la nécessité de mieux valoriser les métiers de l’horticulture et du maraîchage. Ils ont partagé le constat qu'un travail collectif est à mener pour renforcer l’attractivité de leurs métiers et répondre aux futurs besoins.
Cariforef des Pays de la Loire, mars 2025