Coronavirus : les entreprises des Pays de la Loire s'adaptent



Avec les mesures de confinement liées au coronavirus, les entreprises des Pays de la Loire adaptent leur activité. Tour d'horizon non exhaustif réalisé à partir de la veille menée auprès de la presse quotidienne régionale à partir du 14 mars 2020.

Secteur primaire

Selon Joël Limouzin, le président de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, le secteur agricole craint l'effet domino des arrêts de production et de livraison des fournisseurs (carburant, semences…), mais aussi des fermetures des réseaux de vente des produits agricoles (restauration collective, export…), et de la pénurie de main-d'œuvre encore plus criante qu'à l'ordinaire, alors que la haute saison d'exploitation et de cueillette devait démarrer. Joël Limouzin alerte : "il faut tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas de rupture dans la chaîne de la nutrition animale, ni dans celle de la mise en production des cultures de printemps". Il demande notamment au gouvernement de "créer des passerelles pour que les personnes dont les entreprises ont suspendu leur activité, puissent sortir de leur confinement et travailler chez les maraîchers".

Le végétal ornemental (53 000 entreprises et 170 000 emplois en France) est la filière agricole la plus durement touchée par le confinement actuel. Avec la fermeture des jardineries (à l'exception du rayon animalerie), des magasins de libre-service agricole et des fleuristes, la filière horticole est très fragilisée et prive les exploitations et grossistes de débouchés. Ce coup d'arrêt intervient au démarrage du printemps, saison au cours de laquelle la filière réalise 80 % de ses ventes annuelles. Selon l'interprofession Val’hor, "la perte de chiffre d’affaires est estimée à 86 % par rapport à la même période l’an passé". Les pépiniéristes et horticulteurs des Pays de la Loire, premier bassin horticole de France, subiraient une perte d’exploitation de 150 M€ (1 milliard d'euros à l'échelle de la France).
Alors que la récolte du muguet doit normalement commencer vers le 15 avril, la distribution de 60 millions de brins produits par une quinzaine de producteurs nantais est menacée par le confinement.

En revanche, la demande explose pour les producteurs de légumes : le groupe Cheminant à Carquefou (44), producteur de concombres et tomates n'a plus de stock et la coopérative Océane, qui réunit 70 maraîchers nantais, envoie jusqu'à 70 000 colis de concombres, tomates, poireaux ou mâches, contre 40 000 habituellement : des stocks augmentés de 75 % mais entièrement liquidés en fin de la journée. L’adaptation est plus compliquée pour les maraîchers : "il faut attendre que la plante pousse !".

Idem pour les salariés des vergers, notamment, dans le Choletais qui ne comptent pas leurs efforts pour approvisionner au mieux les grandes et moyennes surfaces, un approvisionnement rendu possible par des fruits encore en stock ou importés : "nous avons expédié entre 130 et 140 tonnes de pommes ou poires par jour", témoigne le dirigeant des Vergers de la Blottière, à Chemillé-en-Anjou (49). Aux Vergers de la Tesserie à Montrevault-sur-Èvre (49), 95 % des saisonniers et tous les permanents sont présents pour honorer les commandes.

Pour les vignerons, la vente directe est touchée de plein fouet. En cause : cafés et restaurants fermés, réunions de famille interdites, événements annulés, œnotourisme inexistant… alors que la période printanière fait normalement partie des mois de forte activité commerciale. Dans le muscadet, le chômage partiel ne touche que partiellement la profession qui reste active dans les vignes.
Face à la crise du Covid-19, les organismes agricoles (notamment l'Association nationale de l'emploi et de la formation en agriculture –Anefa- et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles -FNSEA), en lien avec Pôle emploi, se mobilisent autour de la plateforme collaborative desbraspourtonassiette.wizi.farm pour répondre à l’enjeu de pénurie de bras en agriculture (200 000 personnes attendues au plan national d'avril à juin). L’objectif est de mettre en relation gratuitement les employeurs qui ont besoin de main-d’œuvre pour des travaux agricoles (récolte, semis…) et les travailleurs disponibles proches des exploitations. Chaque fois qu’un employeur poste une offre, la plateforme lui propose des candidatures triées sur des critères de disponibilités, de proximité, de centres d’intérêt, voire de qualifications et de compétences.

La filière peine à écouler sa marchandise, du fait de la baisse de la vente en export, de la fermeture des restaurants et lieux de restauration collective, de la baisse de la demande des grandes et moyennes surfaces (salariés des rayons poissonnerie réaffectés aux drives, détournement des consommateurs habituels).

À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la halle à marée travaille en effectif réduit et limite ses apports de poissons. Le mareyeur Hennequin (20 salariés) est contraint de stopper ses activités.

À La Turballe et au Croisic (effectifs impliqués : 2 000 pêcheurs, mareyeurs, transporteurs…), les professionnels continuent de travailler sur les bateaux et à la criée, pour que l’alimentation arrive jusqu’aux consommateurs. "L’offre et la demande vont s’adapter et on va travailler en mode dégradé pendant les semaines qui viennent avec une baisse d’activité pour l’ensemble de la filière, mais les choses se calent", selon Max Palladin, directeur des ports et des criées du Croisic et de La Turballe.

Après une semaine de confinement, les criées de La Turballe et du Croisic sont toujours ouvertes et vendent un tonnage de poisson réduit de moitié : les bateaux qui assuraient de gros tonnages pour la restauration ne travaillent plus, alors que les bateaux côtiers continuent et rapportent néanmoins beaucoup moins de poisson. Cet équilibre risque de rompre depuis la décision de fermer les marchés, qui offraient la possibilité d'écouler les stocks. Un effondrement des prix est aussi à craindre, ce qui impliquerait la fin de sortie en mer des pêcheurs et la fermeture des criées. Or, les mesures de chômage technique dans la pêche ne sont pas les mêmes que pour les salariés à terre : les pêcheurs perdent gros.
Aux Sables-d’Olonne, la criée a fermé.

Secteur secondaire

Certaines entreprises réinventent leur métier, tel le fabricant de e-liquides de vapotage Lips France (44, Saint-Julien-de-Concelles) et la société Veg’Extra (49, Montreuil-Bellay) spécialisée dans la fabrication d’extraits liquides pour le marché des cosmétiques, qui se lancent dans la production de gel hydroalcoolique, sans dégager de marges. Quant à l’usine Christeyns (44, Vertou), numéro 2 français des désinfectants, elle a fait passer sa production hebdomadaire de gel hydroalcoolique de 11 à 110 tonnes.

À Saint-Barthélémy-d'Anjou (49), l'entreprise de matériel médical et chirurgical Kolmi a bénéficié d'un appel au prêt de main-d'œuvre lancé par la Chambre de commerce et d'industrie du Maine-et-Loire. Les 30 postes ont été pourvus, permettant une augmentation de la production.

Fournisseur d’équipements pour l’industrie basé à Carquefou (44), Europe technologie a relancé son activité de production de modules nécessaires à la fabrication de masques chirurgicaux et FFP2 destinés aux soignants et aux malades, au ralenti depuis 15 ans. De même, une vingtaine d’entreprises du secteur de la mode, principalement du Choletais et des Mauges, troquent confection et maroquinerie pour la fabrication de masques (500 salariés reconvertis).

Spécialisé dans la transformation de matière plastique et la fabrication d’équipement pour l’usinage ou de mobilier, l’atelier Vié, à Saint-Barthélemy d’Anjou (49), concentre son activité sur la production de vitres de protection pour des acteurs de la santé. Près de 150 ont été livrées dans des pharmacies, des cliniques ou encore des centres de soins.

La PME nantaise Ad’hoc media, spécialisée dans l’impression numérique sur panneaux signalétiques, se consacre désormais exclusivement à la production d'écrans de protection autoportants à destination des commerçants et hôtesses de caisse. Idem pour la menuiserie Arcobois (44, La Planche) qui s'est reconvertie temporairement dans la production de ces écrans à destination des pharmacies.

Après la mise à l’arrêt de ses activités de peinture industrielle, le groupe Lucas (85, Saint-Laurent-sur-Sèvre) a livré tout son stock de masques à la Polyclinique du Parc de Cholet. Le groupe de transport choletais Ageneau a également donné des masques au centre hospitalier de Cholet.et accueille, par ailleurs, des chauffeurs ayant du mal à trouver des aires de repos ouvertes. Des entreprises de tous secteurs se mobilisent pour fournir des masques : du 16 au 21 mars, les initiatives recensées ont permis de réunir 1,8 million de masques, qui s'ajoutent aux 1,5 million commandé par le Conseil régional.

Selon le coprésident de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de la Sarthe, les artisans et ouvriers du Bâtiment sont contraints d'arrêter les chantiers en cours : fermeture des chantiers publics, refus d'accès des particuliers sur les lieux de rénovation (sauf interventions d'urgence), fermeture des fournisseurs de matériaux et stocks épuisés… et surtout sécurité des ouvriers non assurée (pas de masques, outillage commun…). 95 % de l’activité du Bâtiment est à l’arrêt, d'après Norbert Pinto, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) en Loire-Atlantique  (507 entreprises, 14 000 salariés sur 24 000). Après échanges avec la Préfecture de la région Pays de la Loire, la Capeb et la FFB des Pays de la Loire ont obtenu que les entreprises du BTP puissent bénéficier du dispositif de chômage partiel.

À la suite d’un accord entre organisations professionnelles du BTP et le gouvernement du 21 mars, certains chantiers pourraient redémarrer, même s'ils seront très difficiles à mettre en œuvre du fait de la co-activité dans le bâtiment. Pour protéger les salariés du BTP et fixer un cadre de travail, un guide de préconisations est en cours d’élaboration, qui donnera aux entreprises un cadre sanitaire à respecter.

Certains distributeurs de matériaux et outillages réouvrent, par ailleurs, aux seuls professionnels du BTP. 

Activité de délivrance de produits de première nécessité, l'industrie agroalimentaire module sa production : une sous-activité se concentre sur les entités travaillant avec le secteur de la restauration, alors que la demande reste forte avec les clients de la grande distribution. Tous doivent s’adapter en urgence pour livrer les grandes surfaces.

LDC (siège dans la Sarthe, pôles volaille et traiteur sur plusieurs sites) évoque une croissance de 20 à 30 % de cette activité, de même que Fleury Michon (2 450 salariés présents sur 2 500), en Vendée, rapporte une augmentation de 20 à 30 % des livraisons de produits en charcuterie et de plats cuisinés et produit 6 jours au lieu de 5 sur 7.

Le groupe coopératif agro-industriel Cavac (450 salariés présents), qui a vu son activité s'envoler (+ 10 à 50 % pour ses adhérents Biofournil, Bioporc, Atlantique alimentaire…), élargit également ses horaires de production.

Socopa viandes (72, Cherré, 1 500 salariés), dans l'activité d'abattage et de transformation de bœufs en produits élaborés frais ou surgelés, tourne à plein régime et s’apprête à embaucher 200 à 300 personnes pour la saison d’été, de mars à fin août. Dans les bureaux, les employés travaillent en 2x8.

La minoterie Soufflet (44, Pornic, X salariés) travaille toujours en 3x8 : réception maintenue des camions chargés de blé (85 000 tonnes de blé par an) et poursuite de la production de farine destinée aux industriels de l’agroalimentaire (65 000 tonnes de farine produites par an).

La Mie Câline (85, Saint-Jean--de-Monts, 300 salariés), fabricant et franchiseur du réseau La Mie Câline (production de produits boulangers, pâtissiers et traiteur), tourne au ralenti. Sur ses 235 magasins franchisés, 85 ont décidé de fermer leur porte, en raison de leur chute de leur chiffre d'affaires de 60 %, mais aussi des règles de protection des employés non assurées. Conséquences : un stock correspondant à 30 jours de distribution, au lieu de 12 habituellement, une production à suivre dégradée pour assurer le déstockage.

Les agences d'intérim recrutent pour assurer les remplacements au pied levé dans ce secteur. De nouveaux profils se présentent : des étudiants qui devancent les prochaines vacances scolaires, mais aussi des salariés en CDI dans des entreprises d’autres secteurs, mis au chômage partiel, notamment des employés du Bâtiment.

Les recours au chômage partiel sont massifs :

  • fermeture des sites de Renault (72 Le Mans, 2 200 salariés) sauf personnel de gardiennage et de maintenance,
  • arrêt de production de l'usine Scania (49, Angers, 760 agents de production au chômage partiel), télétravail pour les administratifs),
  • fermeture de Michelin Cholet (49, 1 450 salariés) et de la Roche-sur-Yon (85, 619 salariés),
  • fermeture des ateliers chez l'équipementier Valeo à La Suze-sur-Sarthe (72, 430 salariés, 100 intérimaires), mais maintien de la production sur le site de Sablé (72, 350 salariés, 150 intérimaires),
  • quasi-fermeture du constructeur carrossier de véhicules utilitaires Gruau (53, Saint-Berthevin, 500 salariés) : maintien des fonctions support en télétravail et de la production liée aux véhicules de transport de matériel médical,
  • fermeture de Manitou à Ancenis (44, 2 100 salariés), hors activités de pièces de rechange, de support clients et certaines fonctions centrales,
  • fermeture des ateliers chez le motoriste Man Energy Solutions (44, Saint-Nazaire, 650 salariés) et mise en place du télétravail,
  • fermeture du sous-traitant automobile Lydall à Saint-Nazaire (44, 100 salariés),
  • fermeture du sous-traitant automobile NTN Transmissions Europe à Allonnes (72, 700 salariés),
  • fermeture du fabricant de vérins hydrauliques SAH Leduc à Ligné (44, 250 salariés),
  • fermeture du fabricant de matériel agricole Claas au Mans (72, 690 salariés) jusqu'au 27 mars (télétravail pour une majorité du personnel).

Airbus (2 700 salariés permanents à Bouguenais et 3 200 à Montoir-de-Bretagne), après avoir suspendu de façon temporaire ses activités de production et d'assemblage, reprend partiellement son activité, avec 5 à 10 % de l’effectif présent le 23 mars (principalement des managers et quelques "cols bleus" volontaires), voire 20 % le 25 mars, si toutes les mesures de protection en test sont validées. L'avionneur n'envisage pas de chômage partiel, mais l'utilisation du temps capitalisé pour les agents de production en arrêt et du télétravail pour les "cols blancs". Dans le même temps, plusieurs compagnies aériennes ont demandé à différer les livraisons d'avions de ligne et d'hélicoptères, même si la plupart continuent à payer leurs acomptes.

Son sous-traitant, Stelia aerospace à Saint-Nazaire (960 personnes) annonce une reprise partielle de ses activités après un arrêt de quatre jours.

À Sainte-Luce-sur-Loire (44), Vibraye (72) et Sablé-sur-Sarthe (72), l'équipementier Mécachrome (400 salariés en Pays de la Loire) ferme ses usines jusqu'au 22 mars pour désinfection, tandis que les équipes support télétravaillent.

Les Chantiers de l'Atlantique (44, Saint-Nazaire, 3 300 salariés), après avoir arrêté ses ateliers de fabrication (tôlerie, fabrication des sous-stations électriques et des cabines) et placé 1 000 salariés en Aménagement et réduction du temps de travail -ARTT- la semaine du 16 au 20 mars, a entériné l’arrêt du travail, à compter 20 mars au soir, pour tous les salariés œuvrant à bord des navires (personnels des Chantiers et des entreprises sous-traitantes) et fait une demande de chômage partiel auprès de la Direccte. Seuls les employés des bureaux d’études et quelques fonctions support continuent leur activité via le télétravail.

L’interruption temporaire vaut aussi pour les ateliers de fabrication du chantier, Anemos et l’usine de cabines de Brais. Du 23 au 25 mars, les salariés des secteurs à l'arrêt ou en baisse d'activité ont été placés en Accord de réduction de temps de présence (ARTP) employeur (un accord qui prévoit certains jours imposés par l'employeur, propre à l'activité en continu du chantier). Les employés des bureaux d’études et quelques fonctions support continuent leur activité via le télétravail (500 salariés) ou sur place (200 salariés). Le constructeur naval a choisi de ne pas avoir recours au chômage partiel pour les "cols blancs", mais aux jours de RTT et aux congés. Il gèle également les recrutements et les renouvellements de CDD jusqu’à nouvel ordre.

Bénéteau, constructeur de bateaux de plaisance et de mobile homes, ferme ses 16 usines vendéennes (4 000 employés), tout comme Fountaine Pajot, Dufour Yachts ou Catana.

Concernant le groupe Ocea (85, Les Sables d'Olonne et Fontenay-le Comte – 44, Saint-Nazaire, 350 salariés), spécialisé dans la construction navale en aluminium, le chantier naval des Sables-d’Olonne a fermé. 

Le fabricant de produits électroniques Lacroix (1 200 salariés) annonce procéder à la fermeture totale de son usine de Saint-Herblain (44) et majoritaire à Saint-Pierre Montlimart (49), ceci afin de s'adapter à la baisse de son carnet de commande et à la fermeture de sites clients.

Éolane (49, Combrée, 350 salariés), fabricant de produits électroniques, a relancé plusieurs lignes de production de pièces destinées aux secteurs de la santé, de l’énergie, du transport et de la sécurité. Le site, qui produit notamment des ventilateurs médicaux, a fait un appel aux volontaires pour étoffer son équipe de 10 salariés dédiée à cette ligne de production.

L'entreprise Cogelec (85, Mortagne-sur-Sèvre, 208 salariés), spécialisée dans le contrôle d’accès dans l’habitat collectif, maintient la continuité de services à ses clients, tout en plaçant une partie des salariés en télétravail, congés ou chômage partiel.

BeLink Solutions (72, La Ferté-Bernard, 240 salariés), fabricant de composants électroniques pour le secteur de l'automobile, a arrêté son activité, du fait d'un marché automobile en berne.

Emka Electronique (49, Noyant-le-Gravoyère, 70 % des 50 salariés en activité) s'adapte pour répondre à une demande multipliée par 30 des cartes électroniques entrant dans la composition de respirateurs d’air médicaux : 200 unités par mois sortent habituellement de leurs ateliers, 6 000 sont réclamées de suite. L'entreprise fabrique aussi des nettoyeurs et désinfecteurs : pour une cadence mensuelle habituelle de 50 pièces par trimestre, la commande actuelle atteint 800 pièces.

L'entreprise Halgand de Saint-Brévin-les-Pins, spécialisée dans l'usinage et la chaudronnerie (260 personnes en France) a également fermé ses portes.

La société d'équipements de soudage et de réparation de carrosserie Gys, basée à Laval (500 salariés) a réduit à 30 le nombre des salariés encore en activité (expéditions et support).

1er et 2e fabricants européens de contrepoids en fonte, la Fonderie et mécanique générale castelbriantaise-FMGC (44, Châteaubriant, 400 salariés) a choisi de fermer deux semaines, tandis que Bouhyer (44, Ancenis, 250 salariés) poursuit sa production.

Dans la plasturgie, l'usine Nicoll de Cholet (600 salariés en chômage partiel sur des effectifs de 900 salariés) est également fermée depuis le 17 mars (télétravail pour les services support).

Dans le domaine de l'emballage, l'usine AR Packaging (49, Cholet, 200 salariés), spécialisée dans la fabrication d'emballages en carton, continue de tourner, avec une chute des débouchés pour la restauration rapide et une légère hausse pour l'industrie agroalimentaire.

La Papeterie Arjowiggins Le Bourray (72, Saint-Mars-la-Brière), fabricant aussi de ouate destinée aux masques et produits d’hygiène notamment, connaît un regain de commandes et fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 : les 116 employés sont en 5x8. Pour autant, l'usine ne peut pas envisager d'embauches, car "cela voudrait dire devoir être en proximité avec les nouvelles personnes pour pouvoir les former", indique la dirigeante.

Le fabricant de meubles Gautier (85, Boupère, 900 salariés) a fermé ses trois sites de production et mis tous ces effectifs au chômage partiel.

Secteur tertiaire

Les boulangeries ferment, réouvrent ou se réorganisent, avec une offre restreinte et des horaires différents, malgré le placement en chômage partiel d'une partie du personnel. Selon le président de la Fédération de la boulangerie-pâtisserie de la Sarthe, la perte de chiffre d’affaires va de 20 à 80 %, en raison de l'arrêt de production des pâtisseries, sandwichs, fournitures aux cantines et restaurants.
À Challans, une chaîne de solidarité se met en place pour que les chocolatiers puissent écouler leurs produits de Pâques, via les boulangeries et autres commerces de proximité.

La plupart des traiteurs et restaurateurs sont au chômage partiel et renforcent dans certains cas leur activité de portage à domicile et de plats à emporter, en utilisant des procédures de livraison sans contact.

Les Marchés d'intérêt national (MIN) de Nantes et d'Angers, ouvrent exceptionnellement leurs portes au grand public pour compenser le quasi-arrêt des livraisons (sauf aux maisons de retraite).

Les grossistes en fruits et légumes travaillent au contraire beaucoup, puisqu'ils alimentent les grandes et moyennes surfaces assaillies de clients.

Les supermarchés et hypermarchés font face à une explosion des achats dans leurs surfaces ouvertes au public et auprès des services "Drive", en dépit de personnels manquants pour raison de santé ou de garde d'enfants. De plus, ils doivent mettre en place plusieurs dispositions pour assurer la sécurité sanitaire des employés et des clients.

Un décret ministériel paru le 24 mars interdit la tenue des marchés, couverts ou non. Le préfet peut, dans certains cas, accorder une autorisation d’ouverture répondant "à un besoin d’approvisionnement de la population", notamment dans les communes sans autres points de vente alimentaires. Certains petits producteurs ou commerçants adoptent le commerce en ligne.

Les commerces de proximité pâtissent de la ruée presque exclusive des consommateurs vers les grandes surfaces de distribution et de nouvelles habitudes de consommation qui privilégient les produits de longue conservation, au détriment des produits frais.

Fermées au public, certaines enseignes de bricolage ont mis en place un service de retrait sans contact.

Un plan de continuité a été adopté au port de Nantes-Saint-Nazaire. Aucune restriction n'est imposée quant aux trafics portuaires essentiels (denrées alimentaires, alimentation animale). Sur le terminal méthanier, l'activité est maintenue pour assurer la sécurité des collaborateurs et l'approvisionnement en gaz.

Les plateformes logistiques ont une activité très soutenue et assurent des rotations fortes sur les produits alimentaires et d’hygiène. Les plateformes multi-produits se consacrent à la livraison des produits de première nécessité.

Le transporteur Ageneau (49, Cholet, 450 salariés) se concentre quasi exclusivement sur l’acheminement de denrées alimentaires, alors qu'en période normale, le groupe travaille pour 30 % dans le secteur agroalimentaire et de la grande distribution. En revanche, le transport pour l’industrie a chuté car beaucoup d’entreprises locales ont cessé ou très fortement réduit leur production.

La TAN, réseau de transports en commun de Nantes Métropole, fonctionne en "jour blanc" avec une amplitude horaire réduite de 6 h à 20 h. Certains salariés ont été mis au chômage partiel.

La Poste se recentre sur des "missions essentielles" en assurant moins de services et réduisant ses tournées. La distribution du courrier, des colis et des petites marchandises est maintenue, à un rythme dépendant des effectifs disponibles. Le temps de travail des facteurs est réduit à quatre jours à compter du 23 mars et à trois jours à partir du 30 mars. Le passage quotidien pour les services de proximité est maintenu, avec des agents dédiés : portage de repas aux seniors, portage de médicaments, portage de produits sanitaires nécessaires aux personnels soignants.

Le groupe de transport, collecte et gestion des déchets angevin Brangeon (49, 1 300 salariés) assure la collecte des déchets des collectivités et particuliers, mais a fermé 5 de ses 17 sites de recyclages, répartis dans le grand Ouest. Les fonctions support ont été placées en télétravail, chômage technique ou en arrêt pour garde d’enfant.

Les garagistes font partie des professions autorisées à ouvrir. Mais beaucoup n’assurent plus que les urgences, faute de pièces détachées disponibles.

Les sociétés de sécurité privée sont particulièrement sollicitées, alors que de nombreuses entreprises et chantiers suspendent leurs activités : beaucoup de demandes pour des surveillances renforcées, augmentation des plages horaires de surveillance, gestion de l'affluence dans les supermarchés… Elles doivent néanmoins composer avec leurs effectifs actuels, car les agents doivent être assermentés par le ministère de l’Intérieur, mais aussi avec un parc de véhicules limités.

CII Télécom (72, Le Mans), qui développe des automates d’alertes locales aux populations, est très sollicitée : ses différents clients (préfectures, mairies, services incendie (Sdis), Samu, entreprises…) ont ainsi émis en une semaine 900 000 appels téléphoniques et envoyé 400 000 SMS à destination des populations locales, afin de relayer les informations relatives à la crise du Covid 19.

Chute d'activité énorme pour ce secteur, mais de nouvelles demandes affluent : gardes d'enfants, remplacement d'intervenant à domicile…  Le groupe manceau de services à la personne OuiCare (72, 14 000 salariés chez O2) annonce que 80 à 90 % de ses 6 000 collaborateurs sont sur le pont. Pour venir en appui, la direction régionale de Pôle emploi recherche des auxiliaires de vie pour aider les personnes dans certaines tâches vitales car plusieurs sociétés doivent faire face à l'afflux des demandes d'accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap. Toutes les candidatures sont à envoyer directement sur le site de O2 (emploi.o2recrute.fr). Une quarantaine de postes sont à pourvoir en Loire-Atlantique.
 

L'association Aide à domicile et emplois familiaux (Adef) de Rezé (44, 170 salariés), dont aucune employée n'a exercé son droit de retrait, se concentre sur l’aide aux plus vulnérables, personnes âgées, handicapées ou malades et sur les interventions prioritaires.

L’ADMR La Moine (49, Sèvremoine) a suspendu les heures d’entretien du logement et la garde d’enfants, mais continue à intervenir au domicile des plus fragiles, personnes âgées ou en situation de handicap.

Les hôpitaux croulent sous l'afflux de nouveaux malades, notamment atteints par des pathologies liées au Covid-19, et appellent à un renforcement de leurs effectifs. Ils réorganisent la mise à disposition des lits, notamment ceux de réanimation, pour prendre en charge le maximum de patients atteints du Covid-19.

Dans les établissements privés de santé, qui ont dû déprogrammer de nombreuses opérations, des soignants doivent prendre leurs congés ou d'autres sont au chômage partiel.

Les médecins et infirmièr.e.s libéraux adaptent leur organisation et privilégient la téléconsultation. Pour les personnels paramédicaux, à l'exception des kinésithérapeutes qui ont réduit leur activité aux actes essentiels, leur activité est suspendue jusqu'à nouvel ordre. Des centres de consultation dédiés au traitement du Covid-19 et coordonnés par l’Agence régionale de santé (ARS), ont ouvert (12 en Loire-Atlantique, 28 en Maine-et-Loire notamment).

Un collectif nantais, alliant des acteurs des mondes médicaux, académiques et entrepreneuriaux, planche sur un prototype de respirateur imprimé en 3D. Des entreprises ligériennes sont prêtes à mettre à disposition leur capacité de production.

L’Association de conseil et d’aide au devenir de l’enfant et de l’adulte (Acadea), qui gère cinq établissements en Sarthe (La Flèche, Sablé-sur-Sarthe et Mamers), assure l’accompagnement de jeunes et d’adultes présentant un handicap psychique. Alors qu'un quart de son personnel est en arrêt, l'association a besoin de personnels supplémentaires intervenant dans les secteurs de l’éducation, de l’animation ou du handicap. Avec les premières propositions, des contrats en CDD ou des conventions de bénévolat ont déjà été passées.

Les hôtels n’ont pas l’obligation de fermer, mais ils y sont contraints, faute de clients. Les hôtels restés ouverts appartiennent le plus souvent à des chaînes hôtelières, qui répondent à des normes établies et peuvent plus facilement mettre en place les protocoles. Ils reçoivent surtout des clients obligés de se déplacer dans le cadre de la situation d’urgence.

Pour apporter des solutions au télétravail imposé, l'agence web nantaise Dailycom a lancé Visio4you, un service simple de visioconférence capable d'une ouverture 8 heures à la suite, avec un maximum de 1 000 personnes en ligne.

L'éditeur nantais Kosmos, l'un de leaders français des Environnements numériques de travail (ENT), a dû faire face à un "tsunami" de connexions lié à l’explosion de l’enseignement à distance : plus de 400 millions de requêtes, 2,5 millions de mails, des pics de visite cinq fois supérieurs à un jour normal, temps de session triplé… Le dirigeant témoigne "être passé au pied levé d’un appui à l’enseignement présentiel à une dimension de formation à distance massive".

Les professionnels de ce secteur (4 063 intermittents, artistes et techniciens en Pays de la Loire) sont durement impactés avec l'annulation des spectacles (report de l'ouverture du Puy du Fou par exemple) et festivals. 

Quelques salons professionnels de grande envergure, tels que la Foire de Nantes, le salon de la relation client et le salon du tourisme déplorent aussi l'annulation de leurs événements.

La Cité des congrès à Nantes (80 salariés) a mis deux tiers de ses collaborateurs au chômage technique, le tiers restant au télétravail.

Le barreau de Nantes a mis en place un système de consultations d’orientation juridique gratuite, afin de permettre la continuité de l’accès au droit, plus particulièrement destiné "aux chefs d’entreprise, salariés, libéraux, commerçants, artisans et bien évidemment aux particuliers" déclare Bruno Carriou, bâtonnier du barreau de Nantes.

La suspension des audiences publiques bloque la notification des décisions à la cour administrative d’appel de Nantes. Pour autant, 31 des 33 magistrats et la quarantaine d’agents de greffe de la cour télétravaillent : l’étude des dossiers se poursuit dans des conditions presque normales

Tous secteurs

 

 

 Cariforef des Pays de la Loire, 27 mars 2020

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