07/10/2024

La réalité virtuelle, un outil pour apprendre sans danger

En permettant de simuler des interventions techniques sans prendre de risques, la réalité virtuelle transforme l’enseignement professionnel. Ce nouvel outil, déjà adopté par des formateurs, était au cœur d’une conférence organisée par le réseau Canopé et la CMA, lors de Nantes Digital Week.

Les 24 et 25 septembre 2024, professionnels de l’enseignement et experts de la réalité virtuelle étaient réunis pour évoquer les solutions immersives dans la formation professionnelle. L’exemple de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Pays de la Loire a servi de point de départ pour illustrer l’intégration de cette technologie dans les parcours de formation.

Des mises en situation réalistes et sécurisées

L’enseignement professionnel, centré sur l’apprentissage de procédures techniques, se prête particulièrement bien à l’utilisation de la réalité virtuelle. Celle-ci permet de recréer des mises en scène difficiles à simuler dans un cadre de formation classique, comme faire une intervention en haut d’une éolienne, contrôler un échafaudage ou bien réparer un poste électrique sans stopper la production.

« L’immersion permet de mettre les apprenants dans des situations auxquelles ils seront confrontés dans leur vie professionnelle. Ils apprennent à anticiper et à gérer les risques, en toute sécurité », souligne François Thomas, chargé d’innovation pédagogique à la CMA.

Un apprentissage plus rapide

L’un des principaux avantages de la réalité virtuelle est d’accélérer l’apprentissage. Selon une étude de PwC, « pour un même sujet, le temps d’apprentissage en classe est quatre fois plus long (2h) que celui en réalité virtuelle (30 min) ». En impliquant les émotions des apprenants, la réalité virtuelle renforce la mémorisation.

Les scénarios immersifs utilisés par la CMA sont conçus par le Groupe DEC, son partenaire de longue date. Ils sont bâtis en étroite collaboration avec les enseignants et s’appuient sur les référentiels de compétences. Chaque module est élaboré pour correspondre aux compétences attendues dans un métier donné et mis à jour régulièrement selon les évolutions du référentiel.

Une modalité pédagogique complémentaire

Certes, l’outil ne peut être utilisé en classe entière. L’intégration de la réalité virtuelle suppose d’adapter les méthodes d’enseignement. À la CMA d’Angers, par exemple, la réalité virtuelle a été intégrée au sein des travaux pratiques de mécanique. Le formateur a instauré un système de rotation : pendant qu’un apprenant utilise le casque, un autre lit la procédure, et deux autres surveillent. « Le jeune ne doit jamais être seul avec le casque », précise François Thomas. Ce mode collaboratif permet d’impliquer l’ensemble des élèves.

Utilisation de la réalité virtuelle à la CMA formation 49 d’Angers

source : DEC

Même si l’apprentissage réel reste indispensable, la réalité virtuelle permet ainsi de libérer du temps de formation en travaillant les procédures en amont. « Quand ils passent à la pratique sur la voiture, ils ont moins d’appréhension. Le fait de l’avoir déjà fait en virtuel change la donne », précise le formateur.

À la fin du module, un rapport d’activité est généré, détaillant les actions de l’apprenant pendant la simulation (par exemple, la précision et la quantité de peinture projetée dans un module de peinture industrielle). Ce rapport devient un support pédagogique, qui permet au formateur d’analyser les performances et de guider les apprenants dans leur progression.

Les conditions d’une adoption réussie

Pour une intégration réussie de la réalité virtuelle, il est impératif de bien définir ses objectifs, insiste Bertrand Wolff, co-fondateur d’Antilogy, société spécialisée dans le conseil et le déploiement des solutions en réalité virtuelle. « La plus grande erreur est de faire de la réalité virtuelle pour faire de la réalité virtuelle. Il faut se concentrer sur ce que cela permet de réaliser que l’on ne pourrait pas faire autrement. »

Il souligne également l’importance d’accompagner le changement auprès de toutes les équipes, qu’il s’agisse des enseignants, des élèves ou des équipes techniques. Les questions logistiques ne doivent pas non plus être négligées, comme l’aménagement de l’espace ou la qualité de la connexion.

Proposer des solutions inclusives est aussi hautement important. C’est ce que fait le groupe DEC, en privilégiant l’audio pour les apprenants qui ont des difficultés de lecture ou en proposant un mode « dégradé » pour les personnes avec des troubles de la vue.

Sur le même thème

Les sujets associés