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Coronavirus : impact sur les filières économiques dans les Pays de la Loire



 

La crise sanitaire du Covid-19 et les mesures de confinement décidées par l'État français ont durement touché l'économie ligérienne. Les entreprises ont dû adapter leur activité, quel que soient leur secteur d'activité, leur taille et leur niveau de croissance d'avant-crise. À l'heure du déconfinement à compter du 11 mai 2020, l'outil économique régional a progressivement redémarré à plus ou moins grande vitesse selon les secteurs et les entreprises.
À partir d'une veille menée par le Cariforef Pays de la Loire auprès de la presse quotidienne régionale du 14 mars au 31 juillet 2020, voici un tour d'horizon non exhaustif des filières économiques pendant cette période.

 

Agriculture et Pêche

En début de crise et selon Joël Limouzin, le président de la Chambre d'Agriculture des Pays de la Loire, le secteur agricole a craint l'effet domino des arrêts de production et de livraison des fournisseurs (carburant, semences…), mais aussi des fermetures des réseaux de vente des produits agricoles (restauration collective, export…), et de la pénurie de main-d'œuvre encore plus criante qu'à l'ordinaire, alors que la haute saison d'exploitation et de cueillette devait démarrer. Joël Limouzin a alerté : "il faut tout mettre en œuvre pour qu'il n'y ait pas de rupture dans la chaîne de la nutrition animale, ni dans celle de la mise en production des cultures de printemps". Il demande notamment au gouvernement de "créer des passerelles pour que les personnes dont les entreprises ont suspendu leur activité, puissent sortir de leur confinement et travailler chez les maraîchers".

Zoom sur des filières agricoles

L'horticulture (culture des plantes d'ornement, des jardins ; culture maraîchère, potagère et fruitière, viticulture)

L'horticulture ornementale (53 000 entreprises et 170 000 emplois en France) est la filière agricole la plus durement touchée par le confinement. Avec la fermeture des jardineries (à l'exception du rayon animalerie), des magasins de libre-service agricole et des fleuristes, mais aussi à cause de l'arrêt des chantiers des espaces verts, la filière horticole a été très fragilisée et a privé les exploitations et grossistes de débouchés. Ce coup d'arrêt est intervenu au démarrage du printemps, saison au cours de laquelle la filière réalise 80 % de ses ventes annuelles. Selon l'interprofession Val'hor, "la perte de chiffre d'affaires est estimée à 86 % par rapport à la même période l'an passé". Les 250 pépiniéristes et horticulteurs des Pays de la Loire, premier bassin horticole de France, auraient subi une perte d'exploitation de 150 M€ (1 milliard d'euros à l'échelle de la France).
Cependant, à l'image de l'entreprise le Clos des Roses (49, Villebernier), certains horticulteurs se sont réorganisés pour permettre la vente en ligne, la livraison à domicile et le drive. Mais l'inquiétude a persisté bien au-delà de la fin du confinement avec la possible annulation d'évènements, dont les mariages, un débouché important pour certaines entreprises.
Bigot Fleurs (72, Allones) a dû mettre ses 150 employés au chômage partiel, un effectif généralement porté à 600 personnes au printemps pour la cueillette. L'entreprise a lancé néanmoins ponctuellement 500 recrutements saisonniers pour la période du 14 au 28 avril afin de cueillir le muguet.
Même si la distribution de 60 millions de brins de muguet produits par une quinzaine de producteurs nantais fut menacée par le confinement, la fédération des Maraîchers Nantais a recruté également des contrats courts pour la cueillette, la mise en bouquet et le conditionnement du muguet à compter de la mi-avril. Au 20 avril, seuls 2 000 saisonniers ont été recrutés contre 7 000 en année normale, car la récolte s'est faite sur une base de commandes très faible (70 % de la récolte du muguet laissés dans les parcelles). Avec la crise, les seuls débouchés se sont concentrés dans la grande distribution (qui a diminué ses commandes d'un tiers) et vers quelques fleuristes qui ont organisé un drive. Toute la filière de distribution du muguet court alors le risque d'être durablement déstabilisée, avec la menace de faillites de fleuristes, grossistes et opérateurs.
Petite éclaircie pour les horticulteurs à compter du 1er avril 2020 : Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, annonça que la vente de plants potagers était désormais considérée comme un achat de première nécessité. Concrètement, la commercialisation des semences et plants pour les activités professionnelles et celle des plants potagers à visée alimentaire est alors autorisée sur trois types de lieux : les marchés ouverts, les dispositifs de type drive et dans les rayons de jardineries déjà ouvertes, pour cause d'activité animalière.
À l'inverse de la crise touchant l'horticulture ornementale, la demande explose pour les producteurs de légumes : le groupe Cheminant à Carquefou (44), producteur de concombres et tomates n'a rapidement plus de stock et la coopérative Océane, qui réunit 70 maraîchers nantais, envoie jusqu'à 70 000 colis de concombres, tomates, poireaux ou mâches, contre 40 000 habituellement : des stocks augmentés de 75 % mais entièrement liquidés en fin de la journée. L'adaptation est plus compliquée pour les maraîchers : "il faut attendre que la plante pousse !".
Boom de l'activité également pour les salariés des vergers, notamment dans le Choletais qui n'ont pas compté leurs efforts pour approvisionner au mieux les grandes et moyennes surfaces, un approvisionnement rendu possible par des fruits encore en stock ou importés : "nous avons expédié entre 130 et 140 tonnes de pommes ou poires par jour", témoigne le dirigeant des Vergers de la Blottière, à Chemillé-en-Anjou (49). Aux Vergers de la Tesserie à Montrevault-sur-Èvre (49), 95 % des saisonniers et tous les permanents sont présents pour honorer les commandes.
Pour les vignerons, la vente directe et l'exportation sont touchées de plein fouet : les professionnels révèlent une activité limitée à 35 ou 40 % du niveau habituel. En cause : cafés et restaurants fermés, réunions de famille interdites, événements annulés, œnotourisme inexistant, difficultés à livrer hors du département… alors que la période printanière fait normalement partie des mois de forte activité commerciale. La filière viticole du Val de Loire (900 producteurs, 3 000 emplois) anticipe la perte d'un à deux mois de chiffre d'affaires sur l'exercice en cours : "ce qui n'a pas été bu ne sera pas bu", déplore le président d'InterLoire, l'interprofession des vins du Val de Loire qui comprend 3 700 opérateurs. Dans le muscadet, le chômage partiel ne touche qu'en partie la profession qui reste active dans les vignes. Pour limiter la chute des ventes estimée entre - 70 à - 90 %, des exploitations mettent en place des systèmes de drive ou de livraison. Dans l'Anjou et le Saumurois, les volumes de vins commercialisés par les 900 vignerons ont aussi chuté de 70 % en avril, selon la Fédération viticole Anjou-Saumur. Les situations sont néanmoins disparates d'une entreprise à une autre, en fonction des circuits de distribution, des couleurs de vins et des appellations (débouchés pour la Grande distribution moins impactée contrairement aux ventes vers les cafés-hôtels-restaurants, ventes au caveau et à l'exportation en chute libre). En Vendée, alors que près de 70 % de la production s'écoule normalement chez les cavistes, les restaurateurs, les hôtels et à l'export, la crise sanitaire précipite les problèmes de trésorerie de certains vignerons, déjà impactés par une année 2019 pauvre en quantité. Heureusement, dès la mi-mai, le déconfinement booste les ventes directes aux particuliers qui génèrent une hausse de 10 % du chiffre d'affaires des vignerons jusqu'à l'été, sans pour autant récupérer les méventes du printemps.
Au niveau national, pour venir en soutien de la filière fragilisée, la plate-forme Les Grappes a lancé le mouvement "J'aime mon vigneron".
Portés par l'interprofession Interloire, les vins du Val de Loire mobilisent 1 M€ autour d'un plan de relance qui financera des actions de stimulation des achats à compter de l'été 2020 sur le marché français et à l'export. La filière des vins du Val de Loire aura perdu entre 150 et 200 M€ de chiffre d'affaires en deux mois.
Fédérant 70 producteurs et transformateurs dans la région, les Cidres de Loire annoncent des pertes en mars et avril allant jusqu'à 80 % de chiffre d'affaires. Avec 40 % de leur production écoulée habituellement à travers l'Hôtellerie et la Restauration, les producteurs craignent une amplification de leurs pertes compte-tenu du prolongement de la fermeture de ces établissements.

Les entreprises du paysage

Les entreprises du paysage des Pays de la Loire (1 810 entreprises pour 7 250 actifs) ont progressivement repris leur activité après un arrêt d'activité les deux premières semaines de confinement, sauf celles en lien avec les collectivités et les marchés publics.

Les Entreprises de travaux agricoles (ETA)

Elles se sont adaptées, en intégrant les consignes sanitaires strictes, pour être au rendez-vous des grands chantiers de printemps. Les 21 000 entreprises françaises de travaux agricoles, forestiers et ruraux représentent 120 000 actifs : ce sont pour la plupart des TPE dont l'effectif est inférieur à dix. En revanche, les sociétés d'exploitation forestière, tributaires du secteur du bâtiment, ont été en arrêt plusieurs semaines et ont eu recours au chômage partiel. Seule l'exploitation du bois de trituration pour la fabrication de papier s'est maintenue.

Les dispositifs innovants

Pour écouler les productions agricoles et contrer la fermeture de certains marchés, les circuits courts s'organisent pour offrir une alternative et faire vivre les producteurs locaux : vente directe, drives fermiers ou livraisons de paniers de légumes frais, plusieurs dispositifs se mettent en place pour répondre à une demande locale qui explose. En Anjou notamment, la vie en confinement dans un territoire aux productions légumières importantes a été l'occasion de mettre en place des initiatives (dont "Mangeons loc'ALS" et "Adopte ton maraîcher") pour aider les producteurs et répondre aux attentes des consommateurs.
Néanmoins, les situations divergent d'un producteur à l'autre selon Olivier Lebert, vice-président de la Chambre d'Agriculture de la Sarthe : "ceux qui ont misé sur la vente directe, via des magasins de producteurs par exemple, connaissent un regain d'activité. Mais ceux qui dépendent des collectivités ou des marchés, sans solution de repli, risquent de connaître de grandes difficultés".

Plateformes emploi Agriculture et Horticulture

Les organismes agricoles (notamment l'Association nationale de l'emploi et de la formation en agriculture – Anefa et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), en lien avec Pôle emploi, se mobilisent autour de la plateforme collaborative desbraspourtonassiette.wizi.farm pour répondre à l'enjeu de pénurie de bras en agriculture (200 000 personnes attendues au plan national d'avril à juin). L'objectif est de mettre en relation gratuitement les employeurs qui ont besoin de main-d'œuvre pour des travaux agricoles (récolte, semis…) et les travailleurs disponibles proches des exploitations. Chaque fois qu'un employeur poste une offre, la plateforme lui propose des candidatures triées sur des critères de disponibilités, de proximité, de centres d'intérêt, voire de qualifications et de compétences. Au 31 mars, 177 000 personnes (dont 30 000 candidats de l'Ouest) ont fait acte de candidature pour prêter main-forte aux agriculteurs, temporairement privés de 70 000 travailleurs saisonniers étrangers. Néanmoins, les 3 500 exploitants inscrits sur la plateforme n'ont pas pu toujours donner de réponse ferme, au vu des incertitudes pesant sur la commercialisation des produits. Pour 300 000 candidats inscrits sur la plateforme, seuls 4 000 ont été recrutés car les candidatures spontanées ont afflué directement auprès des exploitants agricoles sans passer par le portail dédié.
Avec la fin du confinement, les maraîchers notamment ont encore recherché des milliers de saisonniers pour la période de juin à octobre, car les personnes en chômage partiel, venues temporairement gonfler les effectifs, ont repris leurs postes de travail et les saisonniers étrangers des pays de l'Est ou du Maghreb seront peut-être moins nombreux à venir prêter main forte. La profession devait encore avoir besoin de 160 000 personnes en juillet et jusqu'à 190 000 en août et septembre pour les récoltes en arboriculture, le maraîchage, puis en viticulture. Elle sollicitera, prioritairement, les salariés encore à l'arrêt et habitués à des tâches pénibles, comme ceux de la restauration, mais aussi des groupements d'employeurs spécialisés et des associations de migrants, qui arrivent souvent de pays agricoles.

La crise sanitaire du Covid-19 et les mesures de confinement décidées par l'État français du 17 mars au 11 mai 2020 ont durement touché l'économie ligérienne. Les entreprises ont dû adapter leur activité, quel que soient leur secteur d'activité, leur taille et leur niveau de croissance d'avant-crise.
À partir d'une veille menée par le Cariforef Pays de la Loire auprès de la presse quotidienne régionale du 14 mars au 31 juillet 2020, voici une rétrospective du secteur Pêche et cultures marines.

La filière peine à écouler sa marchandise, du fait de la baisse de la vente à l'export (destination de 70 % du poisson débarqué en temps normal), de la fermeture des restaurants et lieux de restauration collective, de la baisse de la demande des grandes et moyennes surfaces (salariés des rayons poissonnerie réaffectés aux drives, détournement des consommateurs habituels) et de la fermeture de certains marchés.

Tour d'horizon de quelques ports de pêche

À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la halle à marée travaille en effectifs réduits et limite ses apports de poissons. Le mareyeur Hennequin (20 salariés) est contraint de stopper ses activités.
À La Turballe et au Croisic (effectifs impliqués : 2 000 pêcheurs, mareyeurs, transporteurs…), les professionnels continuent de travailler sur les bateaux et à la criée, pour que l'alimentation arrive jusqu'aux consommateurs. "L'offre et la demande vont s'adapter et on va travailler en mode dégradé pendant les semaines qui viennent avec une baisse d'activité pour l'ensemble de la filière, mais les choses se calent", selon Max Palladin, directeur des ports et des criées du Croisic et de La Turballe. Début avril, les deux ports sont malgré tout relativement épargnés par la crise car les poissonniers représentent une large majorité des acheteurs.
Après une semaine de confinement, les criées de La Turballe et du Croisic sont toujours ouvertes et vendent un tonnage de poisson réduit de moitié : les bateaux qui assuraient de gros tonnages pour la restauration ne travaillent plus, alors que les bateaux côtiers continuent et rapportent néanmoins beaucoup moins de poisson. Cet équilibre risque de rompre, depuis la décision de fermer les marchés qui offraient la possibilité d'écouler les stocks. Un effondrement des prix est aussi à craindre, ce qui impliquerait la fin de sortie en mer des pêcheurs et la fermeture des criées. Or, les mesures de chômage technique dans la Pêche ne sont pas les mêmes que pour les salariés à terre : les pêcheurs perdent gros.
Après deux mois de confinement, le bilan est nuancé : alors que la criée du Croisic a été peu impactée par la crise (grâce notamment à la réouverture des marchés), celle de La Turballe a enregistré, du 16 mars au 30 avril, 35 % de tonnages en moins, la grande partie des espèces étant destinée à la Restauration.
Aux Sables-d'Olonne, la criée a fermé.

Ostréiculture et Myticulture

Le comité régional de la conchyliculture, qui couvre un territoire qui va de l'estuaire de la Loire à la Baie de l'Aiguillon, représente 278 entreprises ostréicoles, 28 nurseries et 7 écloseries. L'activité concentre 720 emplois permanents, 345 saisonniers et de la main-d'œuvre occasionnelle. La filière, constituée de TPE à faible trésorerie, aurait perdu jusqu'à 80 % de son chiffre d'affaires, selon le président du comité. La crise est "gravissime", selon Jean-Yves le Goff président du comité régional de la conchyliculture et producteur de naissains à Bouin (85) : chute des ventes (marchés à l'arrêt, poissonneries fermées, ventes directes mobiles non autorisées), obligation de poursuivre néanmoins l'élevage de produits vivants, donc pas de chômage partiel possible…
Dans ce contexte morose, de nombreux ostréiculteurs vendéens travaillent à trouver de nouveaux marchés pour continuer à commercialiser leurs huîtres et limiter la casse : association avec des vendeurs de fruits et légumes, services drive et vente par internet.
La cinquantaine de mytiliculteurs qui élèvent des moules à L'Aiguillon-sur-Mer (85), 2e site de production en France, est "à l'agonie" : non seulement, ils doivent faire face à une surmortalité des moules, mais l'arrêt de livraison auprès des restaurants et grandes surfaces les privent de débouchés. Seuls les patrons travaillent pour entretenir les naissains, tous les salariés sont en en chômage partiel.

La profession se mobilise

La crise du Covid-19 accélère le processus de création d'une association interprofessionnelle des acteurs de la filière Pêche dans les Pays de La Loire, projet en cours depuis plusieurs mois. Une trentaine d'entités (organisations de producteurs, acheteurs, halles à marées, Région des Pays de la Loire et syndicat mixte) s'associent pour valoriser les produits halieutiques régionaux et partager leur savoir-faire. L'objectif : faciliter les échanges à l'échelle locale entre producteurs, mareyeurs, acheteurs et circuits de distribution, afin d'offrir à tous ces acteurs une meilleure vision du marché, d'anticiper les apports dans les halles à marées, de mieux approvisionner les circuits de distribution.
Cette initiative ne répond pas uniquement à un besoin en temps de crise mais à l'exploration de nouvelles pistes de travail au long terme : c'est une véritable mise en valeur des produits de la mer ligériens qui est recherchée par l'association interprofessionnelle.

 

Industrie

La filière Aéronautique en Pays de la Loire

Selon l'agence de développement économique régionale Solutions&co, la filière compte 80 établissements dans les Pays de la Loire et emploie 13 700 salariés. L'agence recense de surcroît 146 autres établissements travaillant en partie pour ce marché avec 9 700 salariés.

Activité d'Airbus et de ses sous-traitants : de fortes turbulences qui aboutissent à des plans sociaux

Airbus (2 700 salariés permanents à Bouguenais et 3 200 à Montoir-de-Bretagne), après avoir suspendu de façon temporaire ses activités de production et d'assemblage, reprend partiellement son activité, avec 5 à 10 % de l'effectif présent le 23 mars (principalement des managers et quelques "cols bleus" volontaires), voire 20 % le 25 mars, si toutes les mesures de protection en test sont validées. L'avionneur n'envisage pas de chômage partiel, mais l'utilisation du temps capitalisé pour les agents de production en arrêt et du télétravail pour les "cols blancs". Dans le même temps, plusieurs compagnies aériennes demandent à différer les livraisons d'avions de ligne et d'hélicoptères, même si la plupart continuent à payer leurs acomptes. Pour s'adapter à cette conjoncture, Airbus annonce une réduction d'environ un tiers des volumes mensuels de production pour ses avions commerciaux.
Sa filiale, Stelia aerospace à Saint-Nazaire (960 personnes) déclare une reprise partielle de ses activités après un arrêt de quatre jours. Elle met en œuvre néanmoins des mesures d'activits partielle jusqu'à la fin de l'année 2020 pour s'adapter à la chute des commandes d'avions neufs et réduire la production de 75 %.
À Sainte-Luce-sur-Loire (44), Vibraye (72) et Sablé-sur-Sarthe (72), l'équipementier Mecachrome (400 salariés en Pays de la Loire) ferme ses usines jusqu'au 22 mars pour désinfection, tandis que les équipes support télétravaillent. La PMI, qui travaille pour Airbus, Boeing, Safran, Rolls Royce… et déjà fragilisée par la crise du Boeing, est touchée de plein fouet et fait travailler au mieux 30 à 40 % de ses effectifs, les autres étant au chômage partiel.
Au 6 avril, Airbus redéploie les salariés sur l'activité liée aux A320 et l'A350 : à Gron Saint-Nazaire, ils sont déjà 600 en production (sur 1 800), 1 500 en télétravail (sur 1 700). Les co-traitants embrayent derrière : Daher, Simra, Spirit…
Au 17 avril, après délibération lors d'un comité social et économique (CSE) central extraordinaire, l'avionneur rend effective la réduction d'un tiers des cadences sur les avions commerciaux et instaure un chômage partiel par roulement du 20 avril au 17 mai (soit 2 500 salariés concernés à Saint-Nazaire et 800 à Bouguenais).
Lors d'un Comité social et économique (CSE) le 14 mai, Airbus entérine l'extension et la généralisation de l'activité partielle : le temps de travail sera amputé en moyenne de 25 %, avec de fortes variations selon les services, en lien avec les baisses de cadence annoncées en avril.
Par un effet de cascade, les sous-traitants de l'Aéronautique sont secoués par les turbulences des avionneurs (chez Boeing et Airbus notamment). Ils doivent réduire leur cadence de production de plus de 40 % et placer aussi leurs salariés en chômage partiel, sans avoir de perspective et de plan de charge. Selon un sondage réalisé par le réseau d'entreprises Neopolia, 90 % des PME adhérentes ont constaté une baisse d'activité d'au moins 20 %, 35 % sont à moins de 50 % et certaines ont même déclaré une baisse d'activité de l'ordre de 80 %.
En juin, Airbus ne compte plus que 400 intérimaires (600 en décembre 2019) : ils ne seront plus qu'une vingtaine en décembre 2020. Côté "cols blancs", le nombre de prestataires sur le site, principalement sur des fonctions d'ingénierie, est réduit alors de moitié. Le groupe fait en particulier travailler des sociétés comme Altran, Alten ou Infosys. Compte tenu de sa baisse d'activité de 40 %, l'avionneur annonce aussi abandonner le projet de fabrication des nouvelles nacelles des A320 néo qui resteront sous-traitées, alors que le projet mobilisait 350 personnes en interne dans sa phase de développement, pour l'essentiel des ingénieurs et techniciens des équipes R & D, ainsi que des personnels de l'IRT Jules Verne de Nantes.
Bilan : les résultats d'Airbus au 1er trimestre 2020 affichent une perte de 15,2 % du chiffre d'affaires sur un an. Avec 122 avions commerciaux livrés sur la période, ce sont 40 de moins qu'au 1er trimestre 2019 : la pandémie a bloqué la livraison de 60 appareils.

À partir de juin, plusieurs sous-traitants envisagent des suppressions d'emplois massives.
En Loire-Atlantique, 2 000 emplois sont concernés, notamment chez :

  • Assistance aéronautique et aérospatiale (AAA), société spécialisée dans l'ingénierie de production et l'industrialisation : 137 postes sur plus de 200 devraient être supprimés car 60 % de l'activité de l'entreprise est liée à l'avionneur.
  • Daher (44, 1 819 salariés en Loire-Atlantique sur cinq sites, dont les deux tiers à Saint-Nazaire et 629 en intérim) : le groupe s'apprête à supprimer 1 300 postes en France dans le cadre d'un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), selon le futur plan de charge d'Airbus. Il a subi de plein fouet la baisse d'activité d'Airbus, estimée à 40 %, et dont les commandes représentent 60 % de son chiffre d'affaires. Le sous-traitant, qui installe notamment les matelas isolants dans les fuselages, a d'ores-et-déjà mis fin à plus de 600 contrats d'intérim en avril et mai. Le plan d'aide gouvernemental devrait néanmoins permettre à Daher de limiter sa réduction d'effectifs à 500 ou 600 emplois, dont 350 en Loire-Atlantique.
  • Mécachrome, où sont fabriquées des pièces métalliques pour Airbus : un plan de redressement est en cours. L'usine de Sainte-Luce-sur-Loire sera la plus touchée avec la disparition de 74 postes sur près de 200. En cause : l'arrêt de commandes de pièces pour nacelles moteur de l'A320 d'Airbus, client qui représente plus de 70 % de la charge de l'usine.
  • Simra (44, Saint-Nazaire, 260 salariés), qui a perdu 40 % de son activité (tôlerie-chaudronnerie, assemblage de sous-ensembles aéronautiques) : l'entreprise envisage de supprimer une soixantaine d'emplois, sous forme de départs volontaires et de retraite anticipée. Les intérimaires et les salariés en CDD n'ont pas été renouvelés.
  • Spie industrie, qui répare les machines : une trentaine de postes seraient impactés sur 110.

Dans le Maine-et-Loire, la Société de mécanique de précision et d'usinage de pièces mécaniques, Aequs Aerospace (49, Mazières-en-Mauges, 70 salariés) tient le choc, alors que l'usine d'Aubigny (18) a été déclarée en cessation de paiement début avril 2020. Le site choletais tire son épingle du jeu grâce notamment à son marché militaire avec Safran, mais aussi au soutien financier de ses actionnaires indiens. La PMI tourne à 50-60 % d'activité en juin et maintiendra le dispositif de chômage partiel autant de temps qu'il faudra pour s'acclimater aux baisses de volume.
Dans la Sarthe, où le secteur mécanique reconnu pour son niveau de compétence emploie 1 200 personnes, trois entreprises sont impactées : Alcoa, spécialisée dans les systèmes de fixation, qui s'attend à devoir adapter le niveau d'activité sur une durée de 2 ou 3 ans, Mécachrome qui évoque une baisse d'activité dans le domaine aéromoteur de l'ordre de 40 à 50 % et le fabricant de connectiques Souriau, qui reste néanmoins confiant grâce à ces autres marchés de la défense et de l'espace.
Suite au plan d'aide de 15 milliards d'euros annoncé le 9 juin par l'État pour remettre sur pied toute une filière laissée exsangue par la crise du coronavirus, les industriels de la filière, dont Airbus et Daher, signent une charte avec leurs sous-traitants pour le maintien de l'emploi et du tissu industriel dans les territoires. Ce plan de relance est bien accueilli en Loire-Atlantique, où la filière Aéronautique emploie plus de 23 400 salariés.
En moins de quatre mois (de mars à juin 2020), Airbus, et ses sous-traitants sont passés d'une recherche intensive de compétences à une suppression de 5 000 postes en France. La chute de la production de 40 % entraîne en effet un plan drastique de restructuration. La Loire-Atlantique va durement vivre cette onde de choc entre les deux usines Airbus à Nantes et Saint-Nazaire (suppression de 1 071 postes annoncée le 2 juillet, sur un effectif total d'environ 6 700 salariés en CDI, Stelia Aerospace inclus), et sa filière Aéronautique, alors que la priorité sera de conserver les compétences pour la reprise. Airbus entend ainsi redimensionner son activité dans l'aviation commerciale, face à l'effondrement du marché du transport aérien survenu par la crise sanitaire. L'avionneur travaillera avec ses partenaires sociaux pour limiter l'impact de ce plan en s'appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles : départs volontaires, mesures de retraite anticipée, chômage partiel de longue durée...

Industrie navale

Les Chantiers de l'Atlantique (44, Saint-Nazaire, 3 300 salariés), après avoir arrêté ses ateliers de fabrication (tôlerie, fabrication des sous-stations électriques et des cabines) et placé 1 000 salariés en Aménagement et réduction du temps de travail -ARTT- la semaine du 16 au 20 mars, a entériné l'arrêt du travail, à compter 20 mars, pour tous les salariés œuvrant à bord des navires (personnels des Chantiers et des entreprises sous-traitantes) et fait une demande de chômage partiel auprès de la Direccte. L'interruption temporaire vaut aussi pour les ateliers de fabrication du chantier Anemos et l'usine de cabines de Brais. Du 23 au 25 mars, les salariés des secteurs à l'arrêt ou en baisse d'activité ont été placés en Accord de réduction de temps de présence (ARTP) employeur (un accord qui prévoit certains jours imposés par l'employeur, propre à l'activité en continu du chantier).
Les employés des bureaux d'études et quelques fonctions support continuent leur activité via le télétravail (500 salariés) ou sur place (200 salariés). Le constructeur naval a choisi de ne pas avoir recours au chômage partiel pour les "cols blancs", mais aux jours de RTT et aux congés. Il gèle également les recrutements et les renouvellements de CDD jusqu'à nouvel ordre.
Le 14 avril, la direction des Chantiers de l'Atlantique envisage une reprise globale de l'activité sur le site de Saint-Nazaire à compter du 11 mai (sous-traitants inclus avec 25 % de leurs effectifs). Cette reprise a été précédée d'un redémarrage partiel des activités de production (ateliers et bord) à partir du 27 avril, avec un maximum de 50 % de l'effectif de production présent sur site et des plages de travail alternées à bord (soit 2 000 travailleurs, coréalisateurs inclus). Il se fait sur la base du volontariat, sous réserve de la disponibilité des protections adaptées et de l'approvisionnement en matériel. Le 12 mai, 90 % de l'effectif de production était au travail.
La crise du coronavirus n'aura pas touché le carnet de commandes des Chantiers de l'Atlantique : pas de report, ni d'annulation, et même des confirmations de commandes (porte-avions pour l'État français et une sous-station électrique du parc éolien de Fécamp pour EDF).
Naval group (44, Indret, 1 500 salariés) a arrêté sa production et n'assure que la maintenance des sous-marins et les essais à bord : 700 salariés sont au chômage partiel. Le groupe du naval de défense a repris progressivement son activité courant avril. Début mai, 70 % des effectifs ont repris le travail sur le site ou en télétravail, avec une cadence réduite. Sa politique de formation des jeunes perdure : le groupe entend tenir l'objectif d'intégrer 400 alternants sur ses différents sites.

Industrie nautique

Bénéteau, constructeur de bateaux de plaisance et de mobile homes, ferme ses 16 usines vendéennes (4 000 salariés), tout comme Fountaine Pajot, Dufour Yachts ou Catana. Fin avril, les ateliers vendéens de Béneteau, du constructeur de voiliers aluminium Alubat et du spécialiste de la protection nautique NV équipement reprennent progressivement.
Concernant le groupe Ocea (85, Les Sables d'Olonne et Fontenay-le Comte – 44, Saint-Nazaire, 350 salariés), spécialisé dans la construction navale en aluminium, le chantier naval des Sables-d'Olonne a fermé. Quant au constructeur de bateaux haut de gamme Privilège Marine (85, Les Sables d'Olonne, 150 salariés), il a maintenu une activité tout au long de la crise en mode dégradé et a même recruté pour honorer son carnet de commandes.
En juin, le contexte économique oblige la direction de Bénéteau à ajuster ses effectifs en fonction du plan de charge. Le groupe va réduire ses effectifs en intérimaires et continuer à recourir au dispositif du chômage partiel (hors activité mobile homes) et certaines usines (dont la marque Jeanneau sur les sites des Herbiers et de Cholet) devraient fermer provisoirement à la mi-juillet avant les congés annuels d'août. Même si le travail a repris depuis le déconfinement, l'activité est au ralenti du fait d'annulation de commandes, notamment des loueurs de bateaux. Le 9 juillet, à l'occasion de la publication de son plan stratégique 2020-2025, le groupe, qui accuse une chute de 42 % de son chiffre d'affaires au 3e trimestre (comparé à la même période en 2019), annonce réduire sensiblement ses capacités de production dans les mois à venir, ce qui pourrait se traduire par la mise en sommeil de certains sites et une activité réduite pour d'autres.

Industrie éolienne

Le constructeur d'éoliennes offshore General electric (44, Saint-Nazaire) a maintenu son activité. Alors que le fabricant de nacelles géantes doit livrer 80 machines avant fin 2021 (dont une vingtaine en 2020) pour la ferme éolienne prévue au large du Croisic, il devrait embaucher 150 à 200 personnes dans les prochains mois. Selon le président de la branche Énergies marines renouvelables (EMR) du groupement d'entreprises Néopolia, "contrairement à l'Automobile ou l'Aéronautique, les entreprises du renouvelable et des EMR vont être assez peu impactées car elles sont certaines d'avoir du travail. Avant la crise, les EMR étaient un levier de croissance des entreprises. Après, elles seront un levier de survie".

État des lieux de la filière pendant la crise

Le marché automobile a chuté de plus de 72 % au plan national en mars pour deux raisons : la difficulté d'approvisionnement en pièces qui viennent souvent de l'étranger et la problématique du respect des distances de sécurité sur les chaînes de montage. Les constructeurs et sous-traitants ont alors fermé de nombreuses usines et les recours au chômage partiel ont été massifs.

Tour d'horizon de la situation des entreprises en Pays de la Loire

Les constructeurs et leurs sous-traitants ferment en cascade, le chômage partiel est largement mis en place :

  • fermeture des sites de Renault (72 Le Mans, 2 200 salariés) sauf personnel de gardiennage et de maintenance ; reprise progressive le 20 avril ; au 4 mai : 900 salariés sur site, plus de 1 000 au chômage technique et 300 en télétravail ; à la mi-mai, l'usine fonctionne en 2X8 et à hauteur de 50-60 % de la production d'avant Covid.
  • arrêt de production du constructeur de poids-lourds Scania (49, Angers, plus de 500 sur les 760 agents de production au chômage partiel), télétravail pour les administratifs ; redémarrage progressif le 27 avril.
  • quasi-fermeture du constructeur carrossier de véhicules utilitaires Gruau (53, Saint-Berthevin, 500 salariés) : maintien des fonctions support en télétravail et de la production liée aux véhicules de transport de matériel médical, accélération du déploiement de sa plateforme numérique de formation interne, qui propose aux salariés volontaires des modules de formation, en formats courts ou longs, de management, santé sécurité ergonomie au travail, langue anglaise, bureautique, culture digitale… Déjà en difficultés financières, le groupe Gruau subit de plein fouet la réduction d'un engagement de commandes constructeur, ainsi que les mesures d'embargo américaines.
  • fermeture du constructeur de chariots élévateurs Manitou à Ancenis (44, 2 100 salariés), hors activités de pièces de rechange, support clients et certaines fonctions centrales ; reprise progressive à compter du 20 avril sur la base du volontariat. Un millier de personnels administratifs, commerciaux, équipes supports du groupe sont toujours en activité partielle en juin à hauteur de 20 % de leur temps de travail. L'emploi intérim est mobilisé selon les niveaux de production. À Ancenis, le site retrouve 90 % de son activité, grâce à un marché de machines agricoles qui se porte bien. Le groupe annonce néanmoins une chute de 35 % de son chiffre d'affaires au premier semestre 2020, du fait du retrait marqué des commandes pour les secteurs de l'Industrie et de la Construction.
  • fermeture du fabricant de matériel agricole Claas au Mans (72, 690 salariés) jusqu'au 20 avril (télétravail pour une majorité du personnel) ; à la reprise, l'ensemble des mesures de protection nécessite une baisse de la cadence habituelle de production, soit 35 tracteurs produits par jour, contre une cinquantaine en temps normal. Une perte potentielle de 1 000 engins est évaluée sur la période d'arrêt de production.
  • production au ralenti du fabricant de machines agricoles Kuhn-Huard (44, Châteaubriant, 460 salariés) : activité réduite à la finalisation de quelques commandes urgentes, aux services après-vente et de pièces de rechange, ainsi qu'à la maintenance de l'outil industriel. Reprise progressive, puis normale fin avril.
  • fermeture puis réouverture du spécialiste des véhicules militaires Arquus (44, Saint-Nazaire, 260 salariés), après trois semaines d'arrêt.
  • fermeture de Michelin Cholet (49, 1 450 salariés) et de la Roche-sur-Yon (85, 619 salariés). À Cholet, les salariés reprennent progressivement le travail à partir du 14 avril (sur la base du volontariat). En avril, l'usine produit 45 000 enveloppes (pneumatiques en attente de cuisson), contre 400 000 en temps normal et devrait repartir à mi-cadence en mai. À La Roche-sur-Yon, l'usine réouvre le 4 mai pour assurer des activités de post-production (contrôle des derniers pneus produits, vidage des circuits…), accueillir les salariés en reclassement et faire aboutir leurs projets de reconversion. Le site ne relancera pas de nouvelles productions, du fait de la fermeture du site à la fin 2020.
  • fermeture des ateliers chez l'équipementier Valeo à La Suze-sur-Sarthe (72, 430 salariés, 100 intérimaires), mais maintien de la production sur le site de Sablé (72, 350 salariés, 150 intérimaires) ; reprise du site d'Écouflant (49, 250 sur 1 000 salariés) le 14 avril.
  • fermeture des ateliers chez le motoriste Man Energy Solutions (44, Saint-Nazaire, 650 salariés) et mise en place du télétravail.
  • fermeture du sous-traitant automobile Lydall à Saint-Nazaire (44, 100 salariés).
  • fermeture du sous-traitant automobile NTN Transmissions Europe à Allonnes (72, 700 salariés).
  • fermeture du fabricant de vérins hydrauliques SAH Leduc à Ligné (44, 250 salariés).
  • réouverture du fabricant de systèmes de fixation pour l'industrie aéronautique et automobile Arconic (72, Saint-Cosme-en-Vairais, 600 salariés) le 6 avril, malgré un taux d'absentéisme de 30 %.

État des lieux de la filière pendant la crise

Selon une enquête lancée par l'Union des Industries et métiers de la métallurgie (UIMM) du Maine-et-Loire le 25 mars, 67 % des 96 entreprises sondées du secteur Métallurgie déclaraient avoir fermé dès le 17 ou le 18 mars, 64 % seraient ouvertes depuis le 6 avril, Parmi les entreprises fermées ou en baisse d'activité, 50 % ont opté pour des mesures de chômage partiel et 60 % pour des congés payés. 65 % des entreprises ouvertes estiment leur activité actuelle à moins de la moitié de la période habituelle. Au 14 avril, le secteur a amorcé une reprise avec plus de 80 % des entreprises ouvertes en Maine-et-Loire. En Loire-Atlantique, l'UIMM dresse le constat d'une fermeture de l'ordre de 80 % des entreprises industrielles.

Tour d'horizon de la situation des entreprises en Pays de la Loire

Les entreprises qui tirent leur épingle du jeu :

  • Le sidérurgiste ArcelorMittal (44, Nantes, 400 salariés) tourne à plein régime, après un arrêt d'une seule semaine : l'usine est orientée vers la production de barquettes alimentaires en aluminium, produit en forte demande, à l'occasion de la période de confinement.
  • À l'inverse, Le groupe angevin ARBM (49, Chemillé, 140 salariés dans 5 entreprises en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique), spécialisé dans la mécanique de précision et l'usinage, a reçu commande de 7 500 pièces pour la fabrication des respirateurs artificiels d'Air Liquide Medical System, ce qui représente l'équivalent de la demande semestrielle de son client en période normale. Son usine Ouest Décolletage poursuit donc son activité.
  • L'entreprise A. Fabre (49, Saumur), spécialisée dans la fabrication de pompes, la mécanique de précision et la tôlerie industrielle, poursuit son activité (télétravail et rotation présentielle pour le personnel administratif, postes de travail espacés pour les soudeurs), soutenue par le travail de coordination de la Communauté d'agglomération Saumur Val de Loire et la mise en réseau des entreprises du secteur.
  • La Tôlerie industrielle de la Mayenne (53, Ernée) réalise une commande inédite de matériel médical pour les hôpitaux : 3 000 supports pour des chariots d'isolement et 7 000 bacs à intégrer, ce qui représente six semaines de travail intensif.
  • Laser 49, à Ecouflant, conserve son activité de découpe laser sans interruption depuis le début de la crise sanitaire. Sa disponibilité a même permis à la PME angevine de décrocher un nouveau marché auprès d'un fabricant nantais de distributeurs de solution hydroalcoolique.
  • Après une semaine d'arrêt, l'entreprise Alltub (72, Saumur, 215 salariés) spécialisée dans les tubes flexibles en aluminium (dont les deux tiers de sa production sont destinés aux secteurs pharmaceutiques et agroalimentaires) redémarre son activité à 80 %. Son carnet de commandes est plein pour les deux mois à suivre.
  • Même si le groupe de machines de traitement du courrier Quadient (ex-Néopost, 72 Le Lude, 200 salariés) a mis en place du chômage partiel jusqu'à fin juin, 60 à 70 salariés travaillent sur site et 80 se trouvent en télétravail, il mise sur la relocalisation de ses entités asiatiques et sur le développement des consignes automatiques, un marché en plein essor investi depuis deux ans pour compenser l'affaiblissement des activités liées au courrier. Le développement du "sans-contact" pourrait être un vecteur de croissance.

D'autres doivent réduire leur voilure faute de marché porteur :

  • L'entreprise Halgand de Saint-Brévin-les-Pins, spécialisée dans l'usinage et la chaudronnerie de pièces pour l'aéronautique (260 personnes en France) ferme ses portes. Après une réouverture le 30 mars, la PME est contrainte de fermer deux jours par semaine, faute d'activité. En juin, le sous-traitant d'Airbus met en œuvre un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui devrait aboutir à la suppression de 89 postes, soit 30 % de ses effectifs en CDI.
  • Premier fabricant européen de contrepoids en fonte, la Fonderie et mécanique générale castelbriantaise-FMGC (44, Châteaubriant, 400 salariés) ferme deux semaines, tandis que Bouhyer (44, Ancenis, 250 salariés) poursuit sa production.
  • Amada (72, Château-du-Loir, 160 salariés), le fabricant de presses plieuses et de cisailles pour le travail de la tôle, a réduit de moitié la production de l'usine pendant la période de confinement et mis en place le chômage partiel. Les livraisons destinées pour 75 % à l'export ont été repoussées.
  • La société d'équipements de soudage et de réparation de carrosserie Gys, basée à Laval (600 salariés) réduit à 30 le nombre des salariés encore en activité (expéditions et support), puis réouvre progressivement fin avril car elle avait anticipé ses commandes d'équipements de protection.
  • Pour le groupe vendéen Cougnaud (85, Mouilleron-le-Captif, 1 500 salariés sur 6 établissements), leader français de la construction modulaire industrialisée, près de 1 200 salariés sont concernés par des mesures de chômage partiel, dont environ 800 en Vendée. Cela ne l'empêche pas de livrer, en 24 heures, cinq modules de consultation au centre hospitalier Loire Vendée Océan, à Challans.
  • Chez France Fil international (49, Saint-Clément-des-Levées, 90 salariés), spécialisé en solutions de stockage en acier, la moitié des salariés est en chômage partiel ou en garde d'enfants. L'activité se poursuit à hauteur de 60 % mais les commandes diminuent.

Dans la plasturgie, l'usine Nicoll de Cholet (600 salariés en chômage partiel sur des effectifs de 900 salariés) ferme à compter du 17 mars (télétravail pour les services support). Le service Logistique a repris partiellement au 1er avril pour expédier les commandes urgentes (34 salariés volontaires sur site). Au 11 mai, les salariés ont repris progressivement le travail en alternance entre chômage partiel et présence à l'usine, à l'exception du personnel administratif et commercial qui poursuit le télétravail. À l'été 2020, l'activité explose (+ 30 %) pour répondre aux clients qui doivent finir les chantiers.
Spécialisée dans la fabrication de pièces plastiques pour le secteur Automobile, l'entreprise Vision Plast (72, La Flèche, 46 salariés), n'a pas été contrainte d'arrêter brutalement sa production et réouvre le 11 mai. Grâce à l'exportation, qui représente en général 70 % de son chiffre d'affaires, elle a pu lisser dans le temps sa baisse d'activité. Le dirigeant est confiant pour l'avenir car les constructeurs du secteur Automobile n'ont pas bloqué les programmes de véhicules.
Le plasturgiste Synoxis (44, Le Cellier, 40 salariés) lance fin mars une gamme de séparateurs de tables amovibles en plexiglas transparent pour Ehpad, pour que les résidents puissent respecter les règles de distanciation. Début mai, les demandes de devis affluent et quelques commandes se concrétisent.
Le mouliste et plasturgiste Jean Bal thermoformage (49, Longué-Jumelles, 30 salariés), spécialisé dans la production d'emballages plastiques, se lance dans la fabrication de 50 000 visières pour les collèges du Maine-et-Loire. Cette commande a permis de renflouer l'entreprise, dont le chiffre d'affaires avait chuté de 70 % en avril.
Team plastique (44, Châteaubriant, 119 salariés), spécialisé dans le thermoformage et l'usinage de pièces en matière plastique pour les secteurs Aéronautique, Automobile et Nautisme notamment, tourne au ralenti et met 50 % de ses salariés en chômage partiel, par manque de commandes. Vingt contrats d'intérim ne sont pas reconduits. Au 16 juillet, l'entreprise, particulièrement touchée par la crise de l'Aéronautique qui représente 60 % de son activité, lance une procédure de plan social : 54 postes sur les 119 sont menacés. L'entreprise n'a certes pas enregistré d'annulation de commandes, mais le reste de ses contrats ont été repoussés sur plusieurs années. Elle annonce également le gel de son projet de construction d'une deuxième unité de production dédiée à l'aéronautique.
L'entreprise Hannecard (72, La Flèche, 146 salariés), experte en garnissage de rouleaux industriels, maintient 80 % de son activité, notamment grâce à la forte activité de ses clients de la conserverie, de l'industrie du papier, du médicament, du tissu et de l'alimentaire.

Les entreprises du cette filière, selon le secteur pour lequel elles travaillent, vont soit saisir l'opportunité de se développer pour répondre à une demande exponentielle du marché (Santé, Propreté, Sécurité), ou soit subir de plein fouet une crise économique sans précédent (Automobile et Aéronautique notamment).

Des entreprises qui tournent à plein régime

Éolane (49, Combrée, 350 salariés), fabricant de produits électroniques, relance plusieurs lignes de production de pièces destinées aux secteurs de la santé, de l'énergie, du transport et de la sécurité. Le site, qui produit notamment des ventilateurs médicaux, fait appel aux volontaires pour étoffer son équipe de 10 salariés dédiée à cette ligne de production. Elle participe depuis fin mars à la production des 10 000 respirateurs commandés par l'État, au sein d'un consortium d'industriels piloté par Air Liquide. Avec l'appui de nombreux industriels (outillage, composants électroniques, réseau internet…), Éolane parvient à sortir 400 respirateurs par jour, samedis et jours fériés compris.
Emka Electronique (49, Noyant-le-Gravoyère, 70 % des 50 salariés en activité) s'adapte pour répondre à une demande multipliée par 30 des cartes électroniques entrant dans la composition de respirateurs d'air médicaux : 200 unités par mois sortent habituellement de leurs ateliers, 6 000 sont réclamées de suite. L'entreprise fabrique aussi des nettoyeurs et désinfecteurs : à partir d'une cadence mensuelle habituelle de 50 pièces, le fabricant doit honorer une commande ponctuelle de 800 pièces.
La PME Octopus Robots (49, Cholet) relance sa production de robots de désinfection à destination de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution, alors que le projet avait été abandonné en 2012, faute de débouchés. Le fabricant, qui doit répondre à une forte demande au plan mondial, va vendre des licences à des sociétés étrangères pour un déploiement rapide des systèmes.
Le spécialiste de la robotique mobile MG Tech (85, les Achards, 160 salariés), en partenariat avec Shark Robotics (17, Aytré), propose aux industriels un robot mobile de décontamination capable de décontaminer 20 000 m² de surface en 3 heures.
Le groupe vendéen Tronico (800 salariés), fabricant de composants électroniques, s'associe à la PME nantaise E-Cobot (43 salariés) pour développer des cobots mobiles de désinfection anti-covid. Cette stratégie de diversification permet à la PME de ne pas recourir au chômage partiel et aux deux entreprises de compenser la perte d'activité liée à la crise sanitaire.
Le concepteur et fabricant de purificateurs d'air NatéoSanté (44, Saint-Hilaire-de-Chaléons, 14 salariés) multiplie par dix sa cadence de production pour répondre à la demande mondiale et fait travailler des sous-traitants locaux. L'entreprise est référencée par French Healthcare comme un acteur français participant à l'effort national de lutte contre la pandémie.
Le fabricant de solutions de sécurité électronique Castel (49, Neuillé, 110 salariés) surfe sur un marché de la sécurité en pleine expansion. Sa direction entend tirer profit de la crise sanitaire : "nous possédons les compétences pour éliminer les contacts sur des surfaces potentiellement infectées, développer des systèmes permettant de détecter le port du masque ou de vérifier à distance la température corporelle d'un quidam". Cependant, la société se heurte à des difficultés de recrutement, notamment pour des postes d'ingénieurs pour son service recherche et développement.

Mais aussi des entreprises qui peinent

Le fabricant de produits électroniques Lacroix (1 200 salariés) annonce procéder à la fermeture totale de son usine de Saint-Herblain (44) et partielle à Saint-Pierre Montlimart (49), ceci afin de s'adapter à la baisse de son carnet de commande et à la fermeture de sites clients. À la fin de l'été 2020, le groupe annonce un repli de 12,5 % de son activité du 1er octobre 2019 au 30 juin 2020, principalement lié à l'effondrement des secteurs aéronautique et automobile.
BeLink Solutions (72, La Ferté-Bernard, 240 salariés), fabricant de composants électroniques pour le secteur de l'automobile, arrête son activité, du fait d'un marché automobile en berne.
Le fabricant de connectiques pour l'aéronautique Souriau (72, Champagné et La Ferté-Bernard, 950 salariés) a réouvert le 6 avril avec 15 % de l'effectif, puis à 35 % à la mi-avril.
Ametra Integration (ex Anjou Électronique) (49, Longué-Jumelles), entreprise de conception, production et intégration d'ensembles électriques et électroniques, commence à manquer de matières premières et de commandes clients et devrait tourner autour de 50 % de ses capacités de production en avril-mai.
L'entreprise Cogelec (85, Mortagne-sur-Sèvre, 208 salariés), spécialisée dans le contrôle d'accès dans l'habitat collectif, maintient la continuité de services à ses clients, tout en plaçant une partie des salariés en télétravail, congés ou chômage partiel.

État des lieux de la filière pendant la crise

Activité de délivrance de produits de première nécessité, l'industrie agroalimentaire module sa production : une sous-activité se concentre sur les entités travaillant avec le secteur de la Restauration, alors que la demande reste forte avec les clients de la grande distribution. Tous doivent reventiler leurs équipes et s'adapter en urgence pour livrer les grandes surfaces.
D'après une enquête de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) réalisée du 24 au 27 mars, 7 entreprises sur 10 déclarent rencontrer des difficultés en matière de logistique et transport. 40 % d'entre elles se heurtent à des problèmes d'approvisionnement et 25 % de disponibilité de main-d'œuvre (taux d'absentéisme moyen des salariés évalué à 10 %). La moitié des entreprises sondées estiment un recul de leur chiffre d'affaires supérieur à 25 % et un quart supérieur à 50 %.
Les agences d'intérim recrutent alors pour assurer les remplacements au pied levé dans ce secteur. De nouveaux profils se présentent : des étudiants qui devancent les prochaines vacances scolaires, mais aussi des salariés en CDI issus d'entreprises d'autres secteurs, mis au chômage partiel, notamment des employés du Bâtiment.

Des entreprises qui tournent à plein régime

Fleury Michon (2 450 salariés présents sur 2 500), en Vendée, rapporte une augmentation de 20 à 30 % des livraisons de produits en charcuterie et de plats cuisinés et produit 6 jours au lieu de 5 sur 7. En revanche, les activités catering aérien et livraison de plateaux-repas sont en forte diminution. Depuis mi-mars, l'entreprise a recruté 115 personnes en intérim afin de répondre au boom de la demande de jambons préemballés et de surimi, et compenser les absences du personnel. Parallèlement aux embauches temporaires, le groupe doit redéployer des salariés de son usine de Mouilleron-en-Pareds, spécialisée dans les plats cuisinés peu vendus en période de confinement, vers celles de Pouzauges et Chantonnay.
Le groupe coopératif agro-industriel Cavac (450 salariés présents, 5 000 agriculteurs sociétaires), qui a vu son activité s'envoler (+ 10 à 50 % pour ses adhérents Biofournil, Bioporc, Atlantic alimentaire…), élargit également ses horaires de production. La demande sur coopcorico.fr, son site e-commerce alimentaire local, décuple grâce à son service de livraison à domicile. Après deux mois de crise, le groupe Cavac estime qu'il a bien résisté à la crise car il répond à des besoins de première nécessité via la Grande et moyenne distribution (GMS) et les réseaux spécialisés. Il rencontre néanmoins des problèmes de débouchés dans les filières viandes orientées vers la Restauration.
Socopa viandes (72, Cherré, 1 500 salariés), dans l'activité d'abattage et de transformation de bœuf en produits élaborés frais ou surgelés, tourne à plein régime et s'apprête à embaucher 200 à 300 personnes pour la saison d'été, de mars à fin août. Dans les bureaux, les employés travaillent en 2x8.
La minoterie Soufflet (44, Pornic, 23 salariés) travaille toujours en 3x8 : réception maintenue des camions chargés de blé (85 000 tonnes de blé par an) et poursuite de la production de farine destinée aux industriels de l'agroalimentaire (65 000 tonnes de farine produites par an).
La minoterie Trottin (72, Yvré L'Évêque) double sa production (200 kg à 300 kg habituellement). Comme pour d'autres producteurs locaux, l'entreprise voit arriver de nouveaux clients (grande distribution et épiceries).
Europe snacks (85, Saint-Denis-la-Chevasse et 49, La Séguinière, 2 000 salariés), leader français sur le marché des produits salés apéritifs pour des marques de distributeur, voit ses commandes exploser de 30 % avec le confinement. Même si une vingtaine de volontaires délaissent provisoirement leurs postes habituels pour renforcer la production, la société recrute une soixantaine de postes (conducteurs de machines et de lignes, agents de maintenance, pétrisseurs), dont une dizaine en CDI, et le reste en CDD ou en intérim.
La conserverie Gendreau (85, Saint-Gilles-Croix de Vie, 250 salariés) annonce un plan de 200 recrutements d'opérateurs de production, dans le cadre de son habituelle saison de sardines de juin à fin octobre.
L'usine de pain de mie et de brioches Harrys (85, Talmont-Saint-Hilaire, 320 salariés, groupe Barilla) augmente sa production de 25 % (2 800 à 3 500 tonnes) pour faire face à la demande des particuliers.

Mais aussi des entreprises qui souffrent

LDC (siège dans la Sarthe, pôles volaille et traiteur sur plusieurs sites, 18 500 salariés) constate un retrait de son activité, en dépit d'un surcroît de ventes constaté dans les Grandes et moyennes surfaces ou GMS (près de 50 % du chiffre d'affaires du groupe), lors des premières semaines de confinement. Les ventes dans les GMS connaissent en effet une hausse de 15 % en avril, quand celles de la restauration collective et commerciale chutent de 30 % sur la même période, ce qui se traduit par une activité en retrait à l'échelle du groupe. En Sarthe, environ 400 salariés passent en télétravail et 200 en chômage partiel.
Sa filiale Maître coq (85, Saint-Fulgent, 800 salariés) annonce également une croissance limitée de 2 %, du fait de l'arrêt des débouchés vers la restauration collective et la préparation de volailles pour les rayons rôtisserie de la grande distribution. Il évoque également une baisse de sa rentabilité en raison de la concentration de sa production vers les produits de base à faible valeur ajoutée.
La Mie Câline (85, Saint-Jean-de-Monts, 300 salariés), fabricant et franchiseur du réseau La Mie Câline (production de produits boulangers, pâtissiers et traiteur), tourne au ralenti. Sur ses 235 magasins franchisés, 85 décident de fermer leurs portes, en raison de leur chute de leur chiffre d'affaires de 60 %, mais aussi des règles de protection des employés non assurées. Conséquences : un stock correspondant à 30 jours de distribution, au lieu de 12 habituellement, la poursuite d'une production dégradée pour assurer le déstockage (- 90 % début avril).
Certaines minoteries locales, qui fournissent les boulangers et les industriels en lien avec la restauration collective, connaissent une chute d'activité après un pic de la demande en début de période de confinement, alors que la demande explose dans les grandes surfaces qui importent ces produits.
Le fromager Beillevaire (44, Machecoul, 133 salariés) se réorganise : alors que les marchés ne sont plus autorisés et que l'exportation de ses produits a chuté, le groupe propose le "mail and collect" (mise à disposition de commandes dans les boutiques de Machecoul, Nantes, Angers, Les Sables-d'Olonne et les 14 boutiques parisiennes) et l'envoi de colis par une filiale de La Poste (Chronofresh).
L'industrie laitière est confrontée à une double problématique : la forte hausse de la production favorisée par une saison douce et la chute des ventes (débouchés en berne dans la Restauration, la confection de fromages et l'export). Le groupe Lactalis (1 300 producteurs bretons, ligériens et normands) demande à ses adhérents de modérer leur production laitière car il ne sera pas en mesure d'absorber l'ensemble du lait des producteurs pendant la période de confinement. L'interprofession laitière (Cniel) annonce le 31 mars une enveloppe de 10 M€ pour les éleveurs qui réduiraient leur production. Le site de Charchigné (53, 380 salariés) tire néanmoins son épingle du jeu grâce à l'augmentation de sa production d'emmental râpé en réponse à la demande des GMS. Pour préparer l'après-confinement et répondre au marché de la grande distribution, le groupe annonce toutefois 250 postes à pourvoir à la mi-avril. La laiterie St-Père (44, 340 salariés), propriété du groupe agroalimentaire Les Mousquetaires, continue sa collecte auprès des éleveurs et sa production, en renforçant les mesures d'hygiène et en adaptant la gamme de produits laitiers aux besoins alimentaires essentiels. La coopérative laitière d'Entrammes (53), qui a subi un fléchissement de 60 % de ses ventes de lait et fromages bio fin mars du fait de la saturation des marchés, travaille à trouver des débouchés en urgence en enrichissant sa gamme de produits laitiers et en mobilisant le réseau de commerces locaux.
Le producteur d'huile La Tourangelle (49, Allonnes, 60 salariés) connaît une baisse d'activité de 40 % et s'adapte en renforçant son référencement dans les drives et ses ventes à distance, dont à l'export.
Le groupe coopératif Terrena (21 500 agriculteurs adhérents et 14 000 salariés en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire notamment), subit la baisse des ventes du secteur consommation hors domicile, la fermeture de certains marchés et la perturbation du commerce international, facteurs de décroissance non compensée par le fort pic d'activité dans la grande distribution en début de période de confinement.

L'industrie pharmaceutique en effervescence

Le groupe nantais de bioanalyse Eurofins lance un kit permettant de détecter sur les surfaces le virus Sars-Cov-2, à l'origine du coronavirus, à destination des secteurs de la Santé ou encore de la Logistique. Il axe également sa production en vue de tester plus de 20 millions de patients par mois d'ici fin mai 2020. À la fin du 1er semestre 2020, le laboratoire Eurofins sort de la crise sanitaire en pleine forme : il n'a cessé de sortir de nouveaux produits de détection du virus et table sur une croissance de 5 % de son chiffre d'affaires d'ici fin 2020.
Hemarina (29, Morlaix et 85, Noirmoutier), entreprise de biotechnologie, met au point une molécule spécifique issue du ver arénicole marin, susceptible d'éviter les intubations et les embouteillages de patients en réanimation. Elle obtient l'accord de l'Agence nationale française du médicament et des produits de santé (ANSM) pour lancer des essais cliniques dans deux hôpitaux de Paris.
Le laboratoire pharmaceutique GSK (53, Mayenne, 270 salariés) reste mobilisé pour éviter une pénurie d'antibiotiques, essentiels pour traiter le Covid-19. Seules certaines fonctions peuvent basculer en télétravail.
À la Sotapharm (72, La Ferté-Bernard, 80 salariés), entreprise qui fabrique des ampoules pharmaceutiques classés d'importance vitale, la production se poursuit.
Les laboratoires Brothier, fabricant de solutions de cicatrisations à base d'algues (72, Fontevraud, 65 salariés), fonctionnent avec un effectif réduit de moitié. Pour autant, les capacités de production se maintiennent pour faire face à la demande. Les laboratoires disposent réglementairement de matières premières pour les six prochaines semaines mais restent dans l'expectative concernant le travail des sous-traitants.
Dans le groupe Havéa (85, Boufféré, 700 salariés), concepteur et producteur de produits d'hygiène et de dermatologie, les salariés télétravaillent, sauf à la production où 130 employés sur 260 ont poursuivi leur activité par roulement.
La Savonnerie de l'Atlantique (44, Rezé, 45 salariés) double sa production de savons depuis fin mars. Pour 35 tonnes produites par jour, 50 sont vendues quotidiennement grâce au stock existant.

Pour les laboratoires d'analyses et de conseils dans l'Agroalimentaire, le marché est moins porteur.
L'institut Mérieux, qui devait implanter son sixième laboratoire de microbiologie à La Flèche (72) en janvier 2021, repousse l'ouverture à avril 2021, ainsi que les 150 recrutements annoncés sur 5 ans. En avril, 20 % des salariés de Mérieux NutriSciences sont en activité partielle (sur 850 équivalents temps plein), étant donné l'arrêt du secteur de la Restauration.

La filière mobilise ses ressources vers la production d'équipements de protection

Pour participer au mouvement de solidarité nationale de lutte contre la pandémie, certaines entreprises du secteur Textile et cuir réinventent leur métier et se lancent dans l'urgence dans la confection d'équipements de protection.
Une vingtaine d'entreprises notamment troquent confection et maroquinerie pour la fabrication de masques (500 salariés reconvertis). Parmi les entreprises impliquées dans cette reconversion : Royal Mer (44), Tissus d'Avesnières (53), GLM fashion (53), Fonlupt (53), TDV Industries (53), Macosa (72), NP Créations (72), Vuitton (85), Apple shoes (85)… mais aussi des associations d'Insertion par l'activité économique (IAE) : Petites mains et compagnie (53)… Au sein du collectif Mode Grand Ouest (MGO) basé à Cholet, qui regroupe une centaine d'entreprises de la filière Textile, mode et cuir, ce sont 1 000 000 masques jetables et 80 000 lavables qui sont fabriqués entre la mi-mars et fin avril. Le syndicat professionnel en a organisé ensuite la livraison.

Zoom sur l'activité de quelques entreprises ligériennes
  • La PME Toiles de Mayenne (53, St-Georges-Buttaven), spécialisée dans le tissage, la confection et la vente de tissus d'ameublement, détourne sa production habituelle vers la fabrication de masques de fin mars à la mi-mai.
  • De même, Actimage (44, Guéméné-Penfao,15 salariés), société familiale qui fabrique des vêtements professionnels, mute complètement sa production en se tournant vers la fabrication de masques jetables, depuis son référencement par le gouvernement parmi les 45 fabricants de masques alternatifs. À raison de 200 000 masques par jour dès le 6 avril, la PME fait partie des trois seuls fabricants français à projeter de tels volumes. La PME enclenche ensuite la fabrication de masques lavables pour atteindre la fabrication de 800 000 unités par jour, ce qui génère une flambée de son chiffre d'affaires et le recrutement de 15 intérimaires. Produit ligérien à 100 %, cette fabrication implique plusieurs entreprises du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique dans la chaîne de production (matière première et confection), avec l'appui du groupement MGO.
  • Essai moins concluant pour Les Mouettes vertes (53, Laval), fabricant de tabliers et de sacs réutilisables en coton bio : la PME relocalise début mai une partie de son activité basée en Asie à Laval. Cette implantation devait permettre à l'entreprise de répondre ponctuellement à la demande grandissante de masques, avant de se réorienter vers son cœur d'activité. Mais l'effondrement de la demande de masques contraint la société à se séparer de 15 des 21 salariés recrutés lors de son installation.
  • Une filière de production de surblouses de protection émerge également au Mans pour répondre à un besoin immédiat de l'hôpital du Mans de 43 000 tenues. L'AD Gesti Catmanor (72, la Chapelle-Saint-Aubin), un Établissement et service d'aide par le travail (Esat), va ainsi fournir 30 000 pièces, via Dragamig, une plateforme mancelle de mise en relation entre créatifs et industriels, et à partir d'une matière première fournie par CGMP (72, Tuffé).
  • Manulatex (49, Champtocé-sur-Loire, 95 salariés), fabricant d'Équipements de protection individuelle (EPI) pour l'Agroalimentaire et l'Agriculture, se met à produire 4 000 tabliers de protection par semaine pour le personnel soignant et installerune seconde ligne de production pour en augmenter la fabrication.
  • Autre élan formidable d'entreprises en Loire-Atlantique qui répondent fin mars à l'appel du CHU de Nantes, confronté à une pénurie critique d'équipements de protection pour ses personnels. Dans l'urgence, la CCI de Nantes Saint-Nazaire sollicite des industriels locaux qui, grâce à l'implication d'acteurs du territoire, organise la production de masques, blouses, tabliers qui font défaut. Pour produire les 300 000 tabliers de protection en polyéthylène réclamés sous un mois, toute une chaîne de production se mobilise : la société Placel-Chupin (44, Sautron) notamment pour l'approvisionnement de la matière première, le spécialiste de la découpe de matériaux composites Omega Systèmes (44, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu) pour une production immédiate après la validation du prototype par l'hôpital, le groupe de logistique Idéa pour les livraisons. En un mois, la mobilisation et la réactivité de tous ces acteurs permettent de porter la production de zéro à 1,5 million de tabliers par semaine. Idem pour la production de blouses lavables qui a impliqué la société Cairn (44, Treillières) et des lycées professionnels.

Mais, dès la période de déconfinement, le secteur s'écroule

En juin, le secteur de la mode paie au prix fort l'inondation du marché du masque par les produits importés : le groupement d'entreprises MGO dispose alors d'un stock de 200 000 masques. 350 salariés qui avaient été réorientés vers cette activité sont à l'arrêt.
Selon le groupement, qui avait mobilisé ces entreprises du Textile pour répondre à la demande nationale d'équipements de protection, des réductions d'effectifs ne sont pas écartées dans le secteur et le recours aux CDD et intérimaires devrait être freiné. Néanmoins, des recrutements seront nécessaires pour remplacer les départs naturels (600 postes en 2019 dans les Pays de la Loire).

 

Autres activités de transformation

La filière BTP en Pays de la Loire

En Pays de la Loire, le secteur BTP rassemble plus de 26 000 entreprises, dont 9 500 employeurs et 66 000 salariés, et plus de 11 000 jeunes en formation initiale, parmi lesquels 6 400 apprentis et 4 600 scolaires. Avec près de 100 000 actifs, le bâtiment représente 7 % des emplois de la région, selon la Fédération française du bâtiment (FFB).

Le Bâtiment

En mars 2020, la crise Covid-19 stoppe l'activité des entreprises du secteur. Selon le coprésident de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de la Sarthe, les artisans et ouvriers du Bâtiment ont été contraints d'arrêter les chantiers en cours en début de période de confinement : fermeture des chantiers publics, refus d'accès des particuliers ou des maîtres d'ouvrage sur les lieux de rénovation (sauf interventions d'urgence) ou de construction, fermeture des fournisseurs de matériaux et stocks épuisés… et surtout sécurité des ouvriers non assurée (absence de masques, outillage commun, proximité des ouvriers…). 90 % de l'activité du Bâtiment est à l'arrêt, d'après Norbert Pinto, président de la FFB en Loire-Atlantique (507 entreprises, 14 000 salariés sur 24 000). Après échanges avec la Préfecture de la région Pays de la Loire, la Capeb et la FFB des Pays de la Loire obtiennent que les entreprises du BTP puissent bénéficier du dispositif de chômage partiel. Seules quelques entreprises artisanales du secteur tournent au ralenti pour assurer des dépannages ou travailler en atelier.
Selon une enquête menée par la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) des Pays de la Loire du 10 au 13 avril auprès de 1 350 entreprises du secteur, 41 % des entreprises du BTP sont à l'arrêt et 45 % souffrent d'une activité ralentie. L'incapacité à protéger les salariés, l'impossibilité d'accéder aux chantiers (refus du client…) et les difficultés d'approvisionnement sont les principales raisons invoquées par les dirigeants.
La FFB de Vendée annonce fin avril la reprise de 9 entreprises sur 10, mais en mode dégradé, la plupart avec 50 % de leurs effectifs. Dans la Sarthe, le secteur tourne fin mai avec 70 % des effectifs (6 000 salariés dans le département), selon le coprésident de la Capeb 72. Les apprentis mineurs, n'ont pas repris le chemin des chantiers.
Selon une enquête de la Cellule économique régionale de la construction (CERC) du 29 mai 2020, 92 % des chantiers menés dans le secteur du Bâtiment en Pays de la Loire sont ouverts, ce qui placent les Pays de la Loire au premier rang des régions pour le nombre de chantiers en activité.

Les grands chantiers de Travaux publics

En raison de la crise sanitaire, la majorité des chantiers du réseau ferré national est suspendue à compter du 17 mars : les agents SNCF se mobilisent pour permettre la circulation des trains essentiels à la Nation, avec une priorité aux trains de fret et aux TGV médicalisés. À partir de la mi-avril, certains chantiers reprennent progressivement, en fonction de la disponibilité des équipes, mais aussi du matériel et des matières premières.
Concernant les grands chantiers de travaux publics (travaux routiers notamment), le confinement oblige les entreprises intervenantes à stopper leur activité, en raison de l'indisponibilité du personnel, de difficultés d'approvisionnement en matériaux et en produits sanitaires, et enfin d'une nouvelle organisation à mettre en place pour respecter les gestes barrière. La reprise est progressive à partir de la mi-mai. À titre d'exemple, le groupe Luc Durand (49, Pruillé, 400 salariés) réintègre 10 personnes par jour à compter du 20 avril, sur une durée d'un mois pour retrouver la presque totalité de ses effectifs. Un plan de reprise organise la sécurité, par type de chantier et de fonction dans l'entreprise, et prévoit une formation de chaque salarié avant toute réintégration. Bien que le retard accumulé pendant la crise offre une charge de travail importante, la direction s'inquiète pour les futurs chantiers : les collectivités, qui comptent pour une grande part des donneurs d'ordre, n'engagent pas de nouveaux projets et retardent à plus tard les prises de décisions car les élections municipales ne sont pas terminées.

Mobilisation des organisations professionnelles

À la suite d'un accord entre organisations professionnelles du BTP et le gouvernement du 21 mars, certains chantiers pourraient redémarrer, même s'ils seront très difficiles à mettre en œuvre du fait de la co-activité dans le Bâtiment.
Pour donner un cadre à cette reprise, l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) rédige, en lien avec les organisations professionnelles d'employeurs, une première version "guide de préconisations de sécurité sanitaire", validé par le gouvernement et les fédérations professionnelles du secteur. Après la publication de ce guide le 2 avril, les professionnels du BTP sont néanmoins confrontés à de multiples difficultés qui freinent la reprise (manque de masques, chantiers publics fermés, difficultés d'approvisionnement et de transport, respect des règles de distanciation, surcoûts liés notamment aux mesures sanitaires, à l'immobilisation des engins de chantier…). Une vraie reprise ne pourra avoir lieu, en effet, que lorsque chaque acteur pourra répondre présent : délivrance du permis, gestion des chantiers, fournisseurs…
À l'issue d'une visioconférence le 10 avril, entre le préfet de la Sarthe, Patrick Dallennes, et les acteurs du Bâtiment, Dominique Le Mèner, président du conseil départemental, affirme sa volonté de reprendre les chantiers. Pour la Fédération du bâtiment de la Sarthe, les conditions de reprise ne sont pas remplies, notamment du fait du manque d'équipements de protection pour les salariés. Elle ne pourra être que partielle et progressive. Par ailleurs, les mesures de protection vont engendrer une perte de productivité que la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb 72) a estimée à 30 %.

Des plans de relance adoptés dans les territoires

Pour relancer l'activité du BTP, le Département de Loire-Atlantique annonce fin avril un plan de relance de 21 M€ sur deux ans, pour soutenir l'activité des entreprises du BTP. Il prendra la forme d'investissements supplémentaires pour l'entretien des routes départementales et des voiries communales, la transition énergétique, le logement social et la construction d'habitats neuf. Il s'assortira d'un versement d'avances équivalentes à 60 % du coût des travaux en début de chantier, afin d'apporter de la trésorerie aux entreprises titulaires des marchés du Département.
Le Département de Maine-et-Loire redémarre à la mi-avril la plupart des travaux qui étaient à l'arrêt depuis le 17 mars (chantiers de rénovation ou de reconstruction de collèges et travaux routiers). La collectivité consacrera 81 M€ dans les gros travaux en 2020, dont 53 m€ pour les collèges et les routes, soit une hausse de 15 % par rapport à 2019.
Le Conseil départemental de la Vendée relance les chantiers prioritaires dès le 27 avril. Un budget de 50 M€ est mobilisé pour l'année 2020.

L'effet durable de la crise sur l'emploi

Selon l'enquête réalisée au plan national entre le 25 mai et le 1er juin par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), l'impact de l'épidémie sera durable : à peine plus de la moitié des entreprises anticipe le retour à un niveau d'activité normal en juillet, puis en août. Un sous-régime qui aura des conséquences sur l'emploi : 38 % envisagent de moins ou de ne plus recourir à l'apprentissage, une proportion qui monte à 56 % pour l'Intérim. De plus, alors que moins de 10 % des entreprises prévoyaient une baisse de leurs recrutements en janvier 2020, elles sont à fin mai 20 % à penser diminuer leurs effectifs permanents.

Zoom sur quelques entreprises de menuiserie et autres aménagements

Chez le fabricant de portes et fenêtres aluminium K-Line (85, Les Herbiers, 1 200 salariés) la production s'arrête le 17 mars et reprend progressivement fin mars sur la base du volontariat, en concertation avec les syndicats professionnels. Seules la direction et les fonctions support télétravaillent. Début mai, les usines K-Line fonctionnent en 2X8, avant les 3X8 à partir de fin mai.
Le groupe Cetih (7 sites en Loire-Atlantique et en Maine-et-Loire, 1 300 salariés), fabricant de portes et fenêtres, se prépare à la réouverture progressive de ses sites début avril : 80 % des salariés sont volontaires pour reprendre. Cette reprise se fait de manière concertée avec l'ensemble de la filière (le Snaf, l'organisation professionnelle représentative des fabricants et installateurs de menuiseries aluminium et l'Union des fabricants de menuiseries-UFME) et s'accompagne de mesures de sécurité sanitaire renforcées.
La menuiserie Janneau (effectifs groupe : 450 salariés) remet en route le 8 avril ses deux sites de production de portes et fenêtres en PVC, au Loroux-Bottereau (44) et à Saint-Germain-sur-Moine (49), à l'arrêt depuis le 18 mars. Seuls, environ 80 des 450 salariés permanents avaient poursuivi leur activité dont une majorité en télétravail : réceptions de marchandises, saisie de commandes, approvisionnements et services informatiques. Toutefois, l'entreprise se heurte à des difficultés de recrutement du personnel intérimaire habituel, formé et opérationnel, ce dernier s'étant tourné vers les secteurs recruteurs pendant le confinement, l'Agroalimentaire ou le médical par exemple.
Après trois semaines de fermeture totale, le siège des menuiseries Bouvet (49, Longuenée-en-Anjou) reprend son activité début avril. Moins de la moitié des 700 collaborateurs assurent une activité très partielle.
La menuiserie Batistyl (49, Maulévrier, 320 salariés) reprend progressivement sa fabrication de portes et fenêtres alu et PVC au 20 avril. Au niveau commercial, l'entreprise propose à ses clients la mise en place d'un service en télétravail de l'ensemble de ses équipes commerciales et un service drive pour récupérer leurs commandes disponibles en stock.
Océwood (85, Aizenay, 50 salariés), marque du groupe Océplast, fabricant d'équipements plastiques destinés à l'aménagement extérieur de l'habitat, à l'arrêt depuis le 20 mars, reprend sa production le 14 avril.
L'entreprise Véranda Rideau relance le 20 avril la production, de façon progressive et sur la base du volontariat, sur ses sites de fabrication de vérandas, à La Roche-sur-Yon (85, 210 salariés), et d'abris de piscine et d'abris de terrasse, à Saint-Mathurin (85, 52 salariés). Les itinérants (commerciaux, métreurs, poseurs) reprennent également.
Le groupe vendéen Akena vérandas (85, Dompierre-sur-Yon, 400 salariés), spécialisé dans la fabrication et la pose de vérandas, reprend entre 50 et 60 % de ses activités de production, d'installation et de vente le 14 avril. En juillet, le groupe vendéen, qui doit répondre à une forte croissance (+ 30 %) de ses ventes en vérandas depuis le déconfinement, annonce la reprise du numéro 1 français du marché de l'abri de piscine Abrisud, ainsi que la construction d'une 7e usine en Vendée en 2021 qui devrait générer une 30e d'emplois.

Et sur des fabricants de matériels destinés à l'habitat

À l'inverse de la filière menuiserie, le fabricant de mobilier hospitalier Villard Médical (72, Neuville-sur-Sarthe, 50 salariés) fait face à une hausse spectaculaire des commandes de chariots d'isolement et fait appel à la sous-traitance locale pour y répondre. Cela permet notamment aux ateliers de peinture Sofame (53) de rouvrir.
De même, l'usine Winncare (85, Saint-Paul-Mont-Penit, 125 salariés) fabrique depuis le début de l'épidémie 190 lits médicalisés par jour (contre 130 en temps normal) dans le cadre du plan blanc. La PMI, qui souhaite renforcer ses effectifs, se heurte à la difficulté d'embaucher des intérimaires.
Après 15 jours de fermeture, le groupe Atlantic industrie (85, La Roche-sur-Yon, 1 000 salariés), spécialisé dans les solutions de confort thermique (chaudières, chauffe-eau, pompes à chaleur...), reprend progressivement sa production sur la base du volontariat. Le point crucial reste le redémarrage des chantiers du neuf, impactés par le manque d'équipements de protection sanitaire des équipes d'installation.
Le fabricant d'équipements sanitaires Wirquin (44, Carquefou, 30 salariés) maintient sa production à 30 %, pour répondre à la demande en cours, et la logistique à 80 % grâce au stock de produits finis.
Le groupe Grolleau (49, Montilliers), fabricant de coffrets et d'armoires électriques en aluminium pour EDF, a réduit son activité avec 20 % de ses effectifs, puis a redémarré avec 70 % des 200 salariés sur place début mai. Le dirigeant espère embaucher de nouveaux intérimaires pour accompagner la reprise, à défaut de nouveaux salariés en CDI.

État des lieux de la filière pendant la crise

Forte de plus de 31 400 salariés, dont 8 880 en Vendée et 8 320 en Loire-Atlantique répartis au sein de 7 100 établissements, la filière bois (négoce bois, ameublement…) des Pays de la Loire prend de plein fouet la crise du coronavirus. Seulement 12 % de ses entreprises conservent une activité normale début avril. Selon Atlanbois, l'association de promotion du bois en Pays de la Loire, environ 20 % retrouvent un fonctionnement normal à la mi-avril. Pour limiter l'impact de la crise sur la filière française, les professionnels plaident pour que les secteurs consommateurs de bois se fournissent en matière première française, alors que 20 % du bois provient habituellement du Nord de l'Europe.

Quelques exemples-types d'activités d'entreprises en Pays de la Loire : des situations qui diffèrent selon les débouchés

Le fabricant Meubles Gautier (85, Boupère, 900 salariés) ferme ses trois sites de production et met tous ses effectifs au chômage partiel. Il tourne à nouveau à plein régime à compter du 11 mai (déconfinement), avec de nouvelles commandes à lancer suscitées par à un réel engouement pour le made in France. Une politique d'entreprise axée sur la flexibilité pour coller aux changements de consommation, la diversification (gamme des produits et canaux de distribution), la créativité et l'investissement dans son outil de production va payer.
L'entreprise d'ameublement sur mesure Agem (72, Cherré, 270 salariés) reprend progressivement sa production le 22 avril après un arrêt de 4 semaines, du fait de la fermeture de ses revendeurs.
Dans le domaine de l'emballage, l'usine AR Packaging (49, Cholet, 200 salariés) continue de tourner, avec une chute des débouchés pour la Restauration rapide et une légère hausse pour l'industrie agroalimentaire.
Le leader de l'emballage cosmétique Albéa Cosmetics (72, 72250 Parigné-l'Évêque, 200 salariés) est touché de plein fouet : aux difficultés d'approvisionnement et de livraison s'est ajoutée la chute du nombre des commandes, due au confinement des réseaux de commercialisation et de l'effondrement du marché. En juin, la PMI tourne en mode dégradé (50 % de ses capacités), après une perte de 80 % en avril et de 60 % en mai.
À l'inverse, le fabricant de boîte d'œufs Huhtamaki (85, l'Île d'Elle, 210 salariés) peine à répondre à la forte demande en France (30 à 40 % de commandes en plus), alors qu'elle connaît un taux d'absentéisme d'environ 20 % et une limitation de la cadence des machines, pour mettre en place des mesures de sécurité. Selon la société, si les rayons des supermarchés manquent de produits ce n'est pas dû à un manque d'œufs mais à un manque d'emballages.
La Papeterie Arjowiggins Le Bourray (72, Saint-Mars-la-Brière), fabricant aussi de ouate destinée aux masques et produits d'hygiène notamment, connaît un regain de commandes et fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 : les 116 employés sont en 5x8. Pour autant, l'usine ne peut pas envisager d'embauches, car "cela voudrait dire devoir être en proximité avec les nouvelles personnes pour pouvoir les former", indique la dirigeante.

 

Services

La distribution alimentaire : des commerces pas tous logés à la même enseigne

Les supermarchés et hypermarchés font face à une explosion des achats dans leurs surfaces ouvertes au public et les services "Drive", en dépit de personnels manquants pour raison de santé ou de garde d'enfants. De plus, ils doivent mettre en place plusieurs dispositions pour assurer la sécurité sanitaire des employés et des clients. Cependant, deux semaines après le début du confinement et en fonction de leur taille et de leur implantation, les Grandes et moyennes surfaces (GMS) ne sont pas toutes logées à la même enseigne : les hypermarchés connaissent plutôt une baisse de leurs ventes contrairement aux moyennes surfaces de proximité, pour qui l'activité décolle.
Un décret ministériel paru le 24 mars interdit la tenue des marchés, couverts ou non. Le préfet peut, dans certains cas, accorder une autorisation d'ouverture répondant "à un besoin d'approvisionnement de la population", notamment dans les communes sans autres points de vente alimentaires. Certains petits producteurs ou commerçants adoptent le commerce en ligne. Depuis le 30 mars, les dérogations se multiplient néanmoins (69 autorisations en Loire-Atlantique sur 158 marchés habituels), avec une quinzaine de marchands au maximum et des conditions drastiques de sécurité.
Les commerces de proximité pâtissent de la ruée presque exclusive des consommateurs vers les grandes surfaces de distribution et de nouvelles habitudes de consommation qui privilégient les produits de longue conservation, au détriment des produits frais. Pour trouver un nouveau souffle, les commerçants de proximité rivalisent d'imagination et stimulent des pratiques peu courantes chez ces professionnels : vente par Internet avec paiement en ligne, réseaux sociaux, drive, paniers groupés, ventes directes, click and collect… Pour sauver les emplois et garder un bout d'activité, ils ont dû acquérir de nouvelles compétences (numériques, logistiques…).

Les acteurs territoriaux se mobilisent pour soutenir le commerce de proximité.

Le Conseil régional des Pays de la Loire finance et coordonne avec la Chambre d'agriculture le développement de boutiques en ligne pour les producteurs de produits frais dont les circuits de distribution sont fermés. Les initiatives locales sont référencées sur le site www.approximite.fr, alimenté en continu par la Chambre régionale d'agriculture.
La Communauté de communes Châteaubriant-Derval soutient les producteurs locaux et les commerçants de proximité en publiant une carte interactive sur son site web.
Pour soutenir les producteurs angevins, la marque territoriale Produit en Anjou, qui regroupe plus de 130 entreprises du Maine-et-Loire et 2 800 emplois, lance une gamme de colis alimentaires, avec le soutien du Marché d'intérêt national (MIN) d'Angers et de la Chambre d'agriculture. Elle élargit également ce réseau de vente aux produits horticoles.
ÔsezMauges tourisme et développement met en avant ses producteurs locaux, épiceries de proximité, restaurateurs et marchés pour soutenir l'économie et les entreprises locales en publiant une carte interactive sur son site web.
Le Centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural (Civam Bio 53) met en ligne une carte interactive pour promouvoir les produits et lieux de vente de ses 500 producteurs et artisans mayennais (boulangers, bières, fromagers…).
Sous le nom de Place à la solidarité, le Département de Vendée et le site Place Vendée proposent aux producteurs, artisans et commerçants vendéens de vendre gratuitement en ligne. Le site Place Vendée, ouvert début 2020, a vu son trafic multiplié par dix et ses ventes par cinq. Depuis le 2 avril, 65 nouvelles demandes d'adhésion se sont ajoutées aux 60 entreprises déjà adhérentes.
La CCI de Vendée et "La Petite distrib" mettent en ligne une cartographie qui recensent les commerces ouverts en Vendée pendant le confinement (environ 200 professionnels vendéens inscrits).

La distribution hors alimentaire : une filière du Commerce particulièrement impactée par les mesures de confinement

Fermées au public, certaines enseignes de bricolage ont mis en place un service de retrait sans contact.
Le groupe Herige (85, siège à l'Herbergement, 2 400 salariés dans le grand Ouest) rouvre le 23 mars 40 % des agences sous l'enseigne VM Matériaux et 40 % des centrales à béton, à destination des clients professionnels, après avoir fermé l'intégralité de ses sites le 17 mars. Le groupe doit jongler entre un nombre limité de salariés (840) et des mesures de chômage partiel.
Pour les petites enseignes d'électroménager, si les magasins sont désormais fermés au public, les dépannages et les achats d'appareils en ligne sont toujours possibles. Pour autant, elles pâtissent de la concurrence des grandes surfaces.
D'autres commerces indépendants (librairies, vêtements, vente de jeux de sociétés…), poussés par la concurrence des plateformes internet et de la grande distribution misent également sur la vente en ligne, la livraison à domicile ou le drive.
Dans les jardineries, seuls les rayons "alimentation animale" sont autorisés à ouvrir, à une saison où elles réalisent normalement leur plus haut chiffre d'affaires sur la vente des végétaux, semences, terreaux… Pour tenter de limiter la casse, la préfecture de Loire-Atlantique autorise les services Drive des jardineries déjà ouvertes pour cause d'activité animalière, à écouler ces produits végétaux.
Suite au décret du 24 avril 2020, les magasins de tissus et accessoires de mercerie, devenus commerces de première nécessité, sont autorisés à rouvrir pour aider les entreprises, collectivités et particuliers à réaliser des masques. Pendant la période de confinement, l'activité ne s'était pas arrêtée grâce aux drives et livraisons.
La vente à domicile a perdu 70 % du chiffre d'affaires, d'après la Fédération de la vente directe. Cela concerne en France 450 000 personnes exerçant sous le statut particulier de Vendeur à domicile indépendant (VDI). Selon ce statut, les vendeurs ont l'obligation de rencontrer leurs clients à domicile. Alors que des discussions étaient déjà en cours avec le gouvernement avant le confinement pour réformer cette pratique, la fédération espère faire évoluer les conditions d'utilisation du statut par tous les moyens possibles (démonstrations par visio-conférence notamment).
Quasi à l'arrêt depuis avril (chute de ventes des voitures neuves de -76 % en Sarthe notamment comparé à avril 2019), le marché automobile redémarre en trombe à la mi-mai, selon les chiffres du Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) des Pays de la Loire. Pour autant, contrairement au secteur des particuliers, le marché professionnel concernant les ventes de véhicules aux sociétés reste toujours figé. Dans l'intervalle, si le chômage partiel s'est répandu dans la profession, certains concessionnaires ont imaginé un parcours client "sans contact" pour amortir le choc : visioconférence avec les commerciaux, vidéo des véhicules, parc digitalisé…

Une filière artisanale très impactée qui se démène pour écouler ses productions

Les boulangeries ferment, rouvrent ou se réorganisent, avec une offre restreinte et des horaires différents, malgré le placement en chômage partiel d'une partie du personnel. Selon le président de la Fédération de la boulangerie-pâtisserie de la Sarthe, la perte de chiffre d'affaires va de 20 à 80 %, en raison de l'arrêt de production des pâtisseries, sandwichs, fournitures aux cantines et restaurants.
À Challans, une chaîne de solidarité se met en place pour que les chocolatiers puissent écouler leurs produits de Pâques, via les boulangeries et autres commerces de proximité. Au Mans, la plupart des points de vente de chocolats ferment leurs boutiques et renvoient leurs employés chez eux, alors que les chocolats de Pâques sont déjà produits depuis longtemps et que cette période représente d'un quart à un tiers du chiffre d'affaires annuel. D'autres chocolatiers rouvrent leurs boutiques avec des horaires restreints et/ou déploient dans l'urgence des solutions alternatives pour écouler leurs chocolats : livraison à domicile, expédition par La Poste, retrait à l'atelier…
Selon la chambre professionnelle des charcutiers de la Mayenne, les artisans charcutiers-traiteurs, qui ont perdu au minimum 30 % de leur chiffre d'affaires du fait de la raréfaction des clients, appliquent des mesures de chômage partiel.
Les Marchés d'intérêt nationaux (MIN) de Nantes et d'Angers ouvrent exceptionnellement leurs portes au grand public pour compenser le quasi-arrêt des livraisons (sauf auprès des maisons de retraite). Le 11 mai, le MIN de Nantes est de nouveau ouvert aux horaires habituels aux acheteurs professionnels. Les grossistes en fruits et légumes ont un bon niveau d'activité, puisqu'ils alimentent les Grandes et moyennes surfaces (GMS) assaillies de clients et livrent également à domicile.

Une filière en surchauffe lors du déconfinement, mais une pénurie de talents ralentit l'activité

Les garagistes (6 307 entreprises de réparation automobile en Pays de la Loire, dont 95 % emploient moins de dix salariés) font partie des commerces autorisés à ouvrir. Mais beaucoup n'assurent plus que les urgences, faute de pièces détachées disponibles et de demande. Avec le déconfinement, la plupart des garagistes voient les rendez-vous se multiplier sur plusieurs semaines, que ce soit pour des dépannages ou un entretien régulier. Avec cet afflux, ils espèrent voir leur chiffre d'affaires grimper à 60, voire 70 % pour l'activité de réparation en mai. Fin juin, les entreprises artisanales spécialisées dans l'automobile ou le machinisme reprennent un bon niveau d'activité, mais trouvent difficilement des salariés et des apprentis à former. Tous les métiers liés à l'entretien mécanique sont alors en tension : la demande concerne des secteurs aussi divers que la mécanique agricole, l'entretien des machines pour les espaces verts, la mécanique auto et ses spécialités carrosserie et peinture. Même si des mesures nationales favorisent le recours à l'apprentissage, la crise n'a pas facilité la prise de contact entre les jeunes et leurs employeurs. Les jeunes n'ont pas postulé dans les entreprises et, du côté des entreprises, l'apprentissage n'a pas été la priorité.
Les centres de contrôle technique sont aussi au ralenti pendant le confinement et mettent du personnel au chômage partiel. Ils assurent en priorité les contrôles des véhicules prioritaires, tels les poids-lourds dédiés au transport des marchandises de nécessité. Avec la fin du confinement, les centres agréés sont pris d'assaut.
Les entreprises de mécanique agricole ont dû s'adapter : chômage partiel pour les commerciaux, poursuite d'activité pour les mécaniciens des services entretien, magasins de pièces détachées fermés pour les clients, vente des seuls matériels agricoles en stock.
Suite à l'opération Coup de pouce vélo, orchestrée par le gouvernement pour booster le déplacement sur deux-roues en période de déconfinement, les plannings de réparation des réparateurs de cycles sont pleins pour des semaines. Décathlon, notamment, a dû embaucher en urgence cinq réparateurs sur ses deux sites angevins. Pour répondre à une forte demande de réparation de cycles, la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, annonce le 14 mai la création d'une académie des métiers du vélo qui formera 250 mécaniciens vélo dans les prochains mois.

Transport de marchandises et Logistique

Les plateformes logistiques ont une activité très soutenue et assurent des rotations fortes sur les produits alimentaires et d'hygiène. Les plateformes multi-produits se consacrent à la livraison des produits de première nécessité.
Le transporteur Ageneau (49, Cholet, 450 salariés) se concentre quasi exclusivement sur l'acheminement de denrées alimentaires, alors qu'en période normale, le groupe travaille pour 30 % dans le secteur agroalimentaire et de la grande distribution. En revanche, le transport pour l'Industrie a chuté car beaucoup d'entreprises locales ont cessé ou très fortement réduit leur production.
D'autres transporteurs connaissent un recul de leur activité. La société STRV (85, La Chaize-le-Vicomte), spécialisée dans le transport d'aliments pour bétail, mais aussi de produits industriels, accuse une chute de 30 % de son chiffre d'affaires suite à la fermeture d'usines.
Le groupe de transport Mousset (85, Essarts-en-Bocage, 2 200 salariés) poursuit ses activités de transport. Pour autant, la fermeture totale ou partielle de nombreuses entreprises entraîne une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 80 % pour le pôle industriel du groupe. Cette baisse drastique entraîne la mise au chômage partiel de 700 salariés. La filière du transport agroalimentaire se porte en revanche mieux avec un taux d'activité avoisinant les 90 %
Les 420 salariés de XPO sont quasiment tous au chômage partiel sur les plateformes d'Angers (multiclients), de Saint-Léger-de-Linières où s'approvisionnent les magasins Leroy Merlin, et de Beaulieu-sur-Layon qui opère pour le compte de Boulanger. L'entreprise n'assure que les activités d'e-commerce, qui restent très marginales pour ces deux clients.
PassionFroid (présent sur tout le Grand Ouest), spécialiste dans la livraison de produits frais et surgelés aux professionnels de la restauration collective et commerciale, voit 80 % de sa clientèle à l'arrêt complet. En conséquence 300 des salariés sont au chômage partiel. 90 personnes assurent les 20 % d'activité restante qui relèvent toutes de l'urgence (approvisionnement d'hôpitaux, maisons de retraite, gendarmeries, armées, prisons, mairies...). L'entreprise participe également aux initiatives "les Chefs solidaires" et "les Appros solidaires" qui organisent des points de livraison centralisés pour des quartiers ou segments de population.
Spécialisée dans la logistique, l'emballage et le transport de produits industriels, la société Idea (44, siège à Saint-Nazaire, 1 500 salariés) est sollicité par l'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire pour la collecte et la livraison des masques de protection coronavirus. Début avril, le partenariat a permis de livrer 2,2 millions d'équipements à 2 800 établissements de santé.
Les petites entreprises de livraison de produits alimentaires en direct des producteurs, quant à elles, connaissent une hausse exponentielle de leur activité : chiffre d'affaires multiplié par deux ou trois, afflux de commandes et recrutements en urgence (effectifs passés de 20 à 40 et livraisons quotidiennes de 150 à 400 pour l'entreprise Vite mon marché, 15 au lieu de 3 préparateurs de commande pour la société Graines d'ici qui poursuit ses recrutements en CDD). Shopopop (40 salariés), plateforme nantaise qui est reconnue service d'utilité publique par l'État pour la livraison des courses alimentaires à domicile entre particuliers, double son activité. Le confinement et la fermeture des marchés ont en effet massivement incité les consommateurs à se tourner vers la livraison à domicile.
Les Coursiers nantais, une société coopérative de livraison à domicile, résiste tant bien que mal à la crise, grâce aux livraisons de courses quotidiennes, notamment pour des personnes âgées, mais aussi à leur plate-forme, 1,2,3… Courses qui propose aux commerçants nantais de mettre en ligne gratuitement leurs produits ou leurs services.
Les entreprises de déménagement sont quasiment à l'arrêt depuis le début du confinement, car les ventes et locations immobilières se sont arrêtées. Quelques activités sont maintenues : déménagements d'urgence autorisés (mutation ou impératifs familiaux), transport de lits dans les hôpitaux, location de box et garde-meuble… À Angers, l'entreprise Gentlemen du déménagement propose également la location de camion avec chauffeur, une formule restreinte qui doit permettre de réduire les risques de contamination. Les déménageurs redémarrent de façon intensive en mai pour récupérer les retards de planning.
La Poste se recentre sur des "missions essentielles" en assurant moins de services et réduisant ses tournées. La distribution du courrier, des colis et des petites marchandises est maintenue, à un rythme dépendant des effectifs disponibles. Le temps de travail des facteurs est réduit à quatre jours à compter du 23 mars et à trois jours à partir du 30 mars. Le passage quotidien pour les services de proximité est maintenu, avec des agents dédiés : portage de repas aux seniors, de médicaments, de produits sanitaires nécessaires aux personnels soignants. D'ici la fin du mois d'avril, la Poste rouvre des bureaux et augmente la fréquence de distribution des journaux, courrier et colis.
Pour venir en aide aux commerçants et artisans qui ont dû fermer le rideau, le Groupe La Poste développe la market place mavillemonshopping.fr, en partenariat avec les acteurs économiques du territoire (CCI, Région, Département, Saint-Nazaire Agglomération, Nantes Métropole, associations de commerçants). Son principe : regrouper sur une plateforme web tous les produits, services et activités disponibles sur le territoire à destination des particuliers et des entreprises, pour offrir des débouchés aux TPE et PME de Loire-Atlantique frappées par la crise. Fin avril, la plateforme propose 7 300 produits vendus par 715 entreprises de Loire-Atlantique et enregistre 800 transactions. La CCI Nantes Saint-Nazaire, initiatrice du projet, souhaite faire de cet outil un levier pour accompagner le mouvement de transformation numérique des boutiques physiques, de plus en plus concurrencées par les commerces en ligne. En attendant, le Covid-19 est un facteur d'accélération de la digitalisation des commerces et entreprises locales.

Transport de voyageurs

La TAN, réseau de transports en commun de Nantes Métropole, fonctionne en "jour blanc" (fréquence minimum pratiquée habituellement le dimanche) avec une amplitude horaire réduite de 6 h à 20 h. Certains salariés ont été mis au chômage partiel.
Pour l'entreprise d'autocars de tourisme Gandon (53, la Baconnière, 40 salariés), l'activité est totalement à l'arrêt et les salariés sont au chômage partiel. Le voyagiste n'envisage une reprise du travail qu'après l'été 2020.
L'aéroport Nantes Atlantique n'annonce pas de reprise des vols commerciaux à la veille de la date de déconfinement le 11 mai, car les compagnies aériennes n'ont pas divulgué leur programme de vols. Sur le 1er trimestre 2020, Nantes Atlantique a limité la casse avec une baisse de 10 % de son trafic et de 11 % des mouvements d'avions. L'aéroport de Nantes relance son trafic passagers à partir du 8 juin avec une ligne ouverte par Air France. Transavia, EasyJet, Volotea (160 emplois à Nantes) emboîtent le pas les 15 et 17 juin pour les vols domestiques et européens. Au cœur de l'été 2020, l'aéroport atteint à peine les 50 % de son activité estivale habituelle, deux mois après la reprise des vols commerciaux. Les conséquences sociales surviennent rapidement en juillet : la compagnie aérienne Air France prévoit de supprimer plus de 200 postes à Nantes (99 postes sur 146 pour Air France et une cinquantaine de postes sur 198 pour Hop). La crise sanitaire a accentué les difficultés de la compagnie qui connaissait déjà des pertes annuelles sur les lignes de courte distance.
Alors que la plateforme de Nantes Atlantique représente 2 500 emplois, dont 2 000 répartis dans 80 entreprises sous-traitantes, de fortes turbulences agitent les acteurs de la filière aéroportuaire. Vinci Airport, le concessionnaire de Nantes-Atlantique (200 salariés), a toujours recours au chômage partiel en juillet. Intervenant à Nantes avec une centaine de salariés (le double en période estivale), le sous-traitant Aviapartner, spécialisé dans les missions d'assistance au sol (filière qui pèse plus de 25 000 emplois en France), voit sa pérennité suspendue à l'obtention d'un Prêt garanti par l'État (PGE). Le groupe sollicite les services de la Direccte pour bénéficier des dispositifs d'activité partielle jusqu'en mars 2021. À fin juin, la centaine de salariés est toujours en chômage partiel. L'activité est également très ralentie dans les points de vente de restauration et boissons de l'aéroport : seuls deux des huit points de vente gérés par l'entreprise Select Service Partner (SSP) dans l'aéroport rouvrent (retour au travail de 50 sur 100 salariés en juillet 2020). La situation est la même chez Hubsafe (177 salariés), qui assure la sécurité de l'aéroport et des avions sur le tarmac : alors que la période d'avril à octobre est normalement intense avec embauche de 75 CDD et de 80 personnes en contrat de professionnalisation, aucun CDD n'est renouvelé à fin juin ou ceux qui avaient déjà signé leur contrat sont en chômage partiel.
Avec le confinement, l'activité s'arrête brusquement pour les agences de locations de voitures, surtout pour celles qui ne travaillent que dans les gares et aéroports, car leur activité s'inscrit en complément de transports en commun longue distance. Même constat pour les taxis qui subissent le contre-coup de la forte chute des voyages en train et de la généralisation du télétravail.

Un secteur sinistré bien au-delà de la phase de déconfinement

En phase 1 et phase 2 du confinement, la plupart des traiteurs et restaurateurs sont au chômage partiel et renforcent dans certains cas leur activité de portage à domicile et de plats à emporter, en utilisant des procédures de livraison sans contact.
À titre d'exemple, le groupe angevin Restoria (49 et 85, 850 salariés), spécialisé dans la restauration collective, voit son activité chuter de 70 % depuis le début du confinement, avec la fermeture des établissements scolaires. En revanche, sa filiale Poivre et Sel (49, Cholet, 18 salariés et 18 intervenants d'Adapei 49) connaît une augmentation de 20 % de son activité de préparation et portage de repas à domicile des personnes âgées. 70 % de ses effectifs ont été néanmoins placés en chômage partiel.
Après deux mois de fermeture, les cafés et restaurants sont autorisés à rouvrir le 2 juin 2020 en respectant certaines règles de distanciation. Idem pour la restauration collective en entreprise, les résidences logement…
Quant aux hôtels, ils n'ont pas l'obligation de fermer, mais ils y sont contraints, faute de clients. L'État prend en charge le chômage des salariés concernés. Les établissements restés ouverts appartiennent le plus souvent à des chaînes hôtelières, qui répondent à des normes établies et peuvent plus facilement mettre en place les protocoles. Ils reçoivent surtout des clients obligés de se déplacer dans le cadre de la situation d'urgence ou, pour certains hôtels, du personnel soignant à titre gracieux.
Gîtes, chambres d'hôtes, hôtels, centres d'hébergement… rouvrent progressivement en s'adaptant aux normes sanitaires. À la veille de l'été, ils espèrent profiter d'un tourisme plus local, mais qui ne compensera pas totalement les annulations de séminaires professionnels, de colonies de vacances, de la venue de touristes étrangers…

La profession alarme sur les conséquences dramatiques du confinement

Catherine Querard, présidente du Groupement national des indépendants-hôtel, café, restaurants (GNI-HCR) évoque une estimation de 30 % de défaillances d'entreprises de ce secteur en Bretagne Pays de la Loire. Selon le même syndicat professionnel, 11,4 % des établissements ligériens ne seront pas capables de rouvrir lors du déconfinement et 55 % ne savent pas ce qu'ils vont devenir, leur survie étant liée à la date de réouverture autorisée. Alors que le secteur représente 19 % des 18 000 recrutements annuels saisonniers, l'impact de la crise va directement concerner ces emplois.
L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) de Loire-Atlantique prévoit la disparition de 30 % d'établissements, sur les 3 737 restaurants, 574 hôtels, 1 598 débits de boissons dont 36 discothèques que compte le département.
L'UMIH de Vendée comptabilise la fermeture de 98 % des hôtels et de la totalité des restaurants dans le département (l'activité en livraison ou à emporter étant marginale).
L'Union nationale du tourisme social (Unat) déclare la fermeture des 70 établissements ligériens.
Franck Chadeau, président de la fédération de l'hôtellerie de plein air de Vendée, estime une baisse de chiffre d'affaires annuel de 20 à 30 % pour les campings vendéens et compte 15 % de saisonniers en moins en 2020.
Pour les Gîtes de France situés en Pays de la Loire, la tendance des réservations se situe à - 90 % par rapport à 2019.

Selon une enquête de l'Observatoire régional du Tourisme réalisée entre le 1er et le 8 avril, 73 % des entreprises touristiques ligériennes interrogées ont été contraintes de prendre des mesures de chômage partiel. La perte de chiffre d'affaires est estimée à plus de 50 % pour 8 professionnels interrogés sur 10 et à plus de 75 % pour un tiers. Alors que 80 % des réservations ont été annulées ou reportées, 64 % des professionnels déclarent reporter le recrutement de saisonniers et 36 % l'annuler.
Vendée Tourisme, le pôle tourisme de Vendée Expansion, a enregistré notamment 15 000 annulations de séjour la première semaine de confinement fin mars. La plupart des hôtels et restaurants ferment. Dans l'hôtellerie de plein air, les vacances de Pâques, qui marquent traditionnellement le début de la saison, sont déjà perdues. Les professionnels se préparent désormais à la réouverture des campings, en prévision d'un afflux plus important de la clientèle qui devrait rester en France cet été. La situation est la même pour les parcs de loisirs.
De son côté, Saint-Nazaire agglomération tourisme (Snat), qui regroupe l'ensemble des offres touristiques de l'agglomération de Saint-Nazaire, se prépare à une saison estivale assez dense, avec l'amplification d'un tourisme dit "domestique". Cela ne compensera cependant pas totalement les pertes des mois de mars, avril et mai.
L'impact de la situation sanitaire l'est aussi pour les offices du tourisme (OT) qui mettent une partie de leurs salariés au chômage partiel. L'OT de Pornic, par exemple, rapporte une absence de recettes liée à l'annulation des spectacles, ainsi qu'une perte de 100 000 € de taxe de séjour pour la période mars-avril 2020.

Les politiques sociales et économiques de soutien

Pour soutenir le secteur qui crée habituellement 65 000 emplois en haute saison en Pays de la Loire, le Conseil régional Pays de la Loire investit 600 000 € dans une campagne de communication pour promouvoir la destination. De plus, il crée le 17 juillet, en partenariat avec la Banque des territoires et la Caisse d'épargne, une société foncière régionale dédiée au tourisme. Cette dernière propose aux entreprises en difficulté, propriétaires des murs de leur établissement, de les racheter à un "prix raisonnable". La foncière réalise des travaux de rénovation énergétique du bâtiment tandis que le professionnel paye, de son côté, un loyer mensuel, avec la possibilité de redevenir propriétaire à terme. Par ailleurs, la foncière intervient financièrement dans des projets immobiliers touristiques qui devaient se concrétiser, mais qui se sont trouvés stoppés par la crise sanitaire.
À compter du 5 août, les entreprises du secteur tourisme au sens large (hôtels, campings, restaurants, voyagistes, discothèques, musées, centres culturels, de loisirs ou de sport, entreprises de l'événementiel) ont pu solliciter un Prêt garanti par l'État (PGE) "saison" qui se calcule sur les trois meilleurs mois de l'année 2019, remboursable sur cinq ans maximum.
Les collectivités territoriales départementales partent aussi à l'offensive pour attirer des touristes locaux et soutenir les entreprises du secteur, durement frappées par la crise sanitaire.
Anjou Tourisme crée un portail pour accompagner les professionnels et anticiper la reprise : information sur les différentes mesures de soutien, questions-réponses, webinaires (notamment sur la communication en ligne)… Il lance également une campagne de communication pour encourager la venue de touristes en Anjou. Le secteur Tourisme avait généré 1,1 milliard d'euros de retombées économiques dans le département en 2019.
Vendée Expansion prépare également la reprise et vise l'arrière-saison avec une clientèle française et de proximité, ainsi que la perspective du Vendée Globe en novembre 2020. Pour tenter de sauver la saison 2020, un plan de relance du tourisme vendéen est dévoilé le 18 mai par le Département de Vendée et Vendée Tourisme. Le département de la Vendée investit 200 K€ dans une campagne promotionnelle à destination des clientèles de proximité.
Le Département de la Sarthe lance une opération de soutien en faveur du tourisme de proximité par une campagne de communication et des bons d'achat à utiliser lors de la réouverture des différents sites du territoire.

Spectacles, événementiel et loisirs grand public

Les professionnels de ce secteur (4 063 intermittents, artistes et techniciens en Pays de la Loire) ont été durement impactés avec l'annulation ou le report des évènements (24 heures du Mans…), spectacles (report de l'ouverture du Puy du Fou), parcs et zoos (report de l'ouverture de Terra Botanica, du zoo de La Flèche…) et festivals (Hellfest de Clisson, Les Affranchis de La Flèche, Les Escales de Saint-Nazaire…). Les prestataires (agents de sécurité, hôtesses d'accueil, personnels des bars…), en CDD d'usage ou indépendants, sont alors au chômage.
En avril 2020, la Société d'aménagement de la métropole Ouest-Atlantique (Samoa) réalise une enquête pour évaluer les premiers impacts de la crise sur les filières créatives et culturelles : 47 % des entreprises de la métropole nantaise de ce secteur se disent fortement impactées avec une perte de leur chiffre d'affaires supérieure à 30 % durant le confinement.
Courant mai, certaines structures de loisirs sont autorisées à réouvrir, en accord avec les autorités préfectorales, tels que les zoos de Port-Saint-Père (44), de la Boissière-du-Doré (49), de Doué-la-Fontaine (49), de La Flèche (72) et de la Rudelière (85), avec la mise en place d'un protocole sanitaire. Le parc à thèmes vendéen du Puy du Fou annonce sa réouverture le 11 juin, ce qui va permettre à 2 500 personnes de reprendre le travail (4 500 emplois indirects concernés également).
La crise sanitaire a aussi porté un coup terrible à l'économie des discothèques (900 M€ de chiffre d'affaires annuel en France), qui n'ont pas été autorisées à réouvrir leurs établissements le 2 juin (phase 2 du déconfinement). Les salariés ont bénéficié du chômage partiel et le gouvernement a déclenché un plan de relance avec un fonds délivrant des aides jusqu'à 15 000 € par mois et par établissement sur juin, juillet et août 2020, ainsi qu'une aide de 1 500 € par mois en direction des entrepreneurs. Pour autant, selon le président national des discothèques, au minimum 20 % des établissements devraient disparaître en Loire-Atlantique notamment.

Événementiel professionnel

Quelques salons professionnels de grande envergure, tels que la Foire de Nantes, le salon de la relation client, le salon du tourisme et le salon international de l'éolien en mer Seanergy déplorent aussi l'annulation de leurs événements.
Le 22e salon Laval Virtual, qui devait se tenir en avril à Laval, fut virtuel. Même si quelques conférences et rendez-vous d'affaires virtuels ont été maintenus, cette annulation a touché 300 exposants et plus de 300 emplois directs chez les prestataires concernés : montage du salon, équipe de nettoyage, traiteurs, équipe de sécurité… sans compter les hôtels et les restaurants de Laval, directement impactés. Le salon virtuel a néanmoins attiré 6 500 personnes, connectées depuis 110 pays (contre 18 000 visiteurs en 2019).
L'agence saumuroise (49) d'événementiel Loire Événement Organisation (LEO) a dû annuler 7 de ses salons, ainsi que plusieurs événements grand public programmés en 2020 et a mis l'essentiel de ses 32 collaborateurs en chômage partiel.
La Cité des congrès à Nantes (80 salariés) a mis deux tiers de ses collaborateurs au chômage technique, le tiers restant au télétravail. Une centaine d'évènements ont dû être reportés de la mi-mars à l'été (dont un arrêt total des évènements internationaux qui représentent 25 % de l'activité privée), ce qui a produit une baisse de chiffre d'affaires de 60 à 70 % sur l'activité liée à des financements privés en 2020. Pour relancer la dynamique, la Cité des congrès a travaillé sur des solutions hybrides associant présentiel et virtuel, de façon à conserver la crédibilité physique de l'événement avec la possibilité de retransmissions à distance.
Pour les entreprises, dont l'activité est de louer et aménager des structures pour les événements éphémères, la saison a été catastrophique, alors que leur chiffre d'affaire est principalement réalisé entre avril et septembre.

Les politiques sociales et économiques de soutien

Autant que la période d'inactivité pendant le confinement, les incertitudes sur "l'après" inquiètent les salariés du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel qui travaillent sous le régime de l'intermittence. Des syndicats de salariés revendiquent alors une prolongation d'une année des droits à l'intermittence, ce qu'ils obtiennent : selon une annonce du ministère de la Culture le 6 mai, les artistes et techniciens du spectacle sous le régime de l'intermittence du spectacle, qui n'ont pas fait un nombre d'heures suffisant (soit moins de 507 heures sur douze mois), vont voir leur statut prolongé jusqu'à fin août 2021.
Certaines collectivités territoriales s'engagent pour soutenir financièrement l'économie culturelle, tels que la Région Pays de la Loire (Fonds d'urgence événements), les Départements et certaines municipalités. Le Département de Vendée réouvre à partir du 2 juin ou 1er juillet ses "sept merveilles" (Château de Tiffauges, Historial de Vendée, abbayes de Maillezais et de Nieul-sur-L'Autise…) et maintient les emplois saisonniers estivaux.

Les établissements hospitaliers

Les hôpitaux ligériens se préparent à l'afflux de nouveaux malades, notamment atteints par des pathologies liées au Covid-19, et appellent à un renforcement de leurs effectifs. Les Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), notamment, recherchent des réservistes en cas d'absentéisme dans leurs équipes. La recherche de bras se concentre sur des tâches satellites : entretien du linge, restauration, distribution des repas, entretien des logements, désinfection des espaces, aide aux soins. C'est pourquoi l'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire lance deux appels à la mobilisation : le 19 mars à destination des étudiants de santé et le 26 mars vers tous étudiants et professionnels, pour renforcer les effectifs des établissements de santé de la région.
Certains centres hospitaliers, tels ceux d'Angers, de Laval, de Nantes et de la Roche-sur-Yon, disposent de services dédiés au traitement du Covid-19, après avoir réorganisé la mise à disposition des lits, notamment ceux de réanimation, pour prendre en charge le maximum de patients. Des centres de consultation dédiés au traitement du Covid-19 et coordonnés par l'ARS ouvrent (12 en Loire-Atlantique, 28 en Maine-et-Loire, 8 en Mayenne, 14 en Vendée notamment).
Au Centre de santé mentale angevin (Cesame), les professionnels s'attendent à devoir faire face à un afflux de demandes de soutiens psychologiques dans les prochaines semaines, voire dans les prochaines années et s'inquiètent des moyens qui seront alloués à l'hôpital pour y répondre.
Dans les établissements privés de santé, qui ont dû déprogrammer de nombreuses opérations, des soignants doivent prendre leurs congés, d'autres sont au chômage partiel ou prennent un congé sans solde pour renforcer les hôpitaux publics.
À l'aube de l'été 2020, le CHU de Nantes redoute une seconde vague et met en place des mesures pour adapter ses capacités. Outre la formation de professionnels aux métiers de la réanimation, des recrutements sont faits pour la période estivale via la plateforme en ligne baptisée "Josette" (JObs Santé l'ETE) : infirmiers, aides-soignants et agents de services hospitaliers rejoignent le CHU pour remplacer le personnel titulaire en vacances. Les centres de soins de la région ont publié 900 offres d'emploi sur le site de l'ARS et 1 700 étudiants en cursus de santé s'y sont inscrits.

Les personnels médicaux et para-médicaux indépendants et maisons de santé

Les médecins et infirmièr.e.s libéraux adaptent leur organisation et privilégient la téléconsultation. Les cabinets de médecins généralistes et spécialistes évoquent néanmoins une forte baisse des consultations, jusqu'à 40 % au cœur de la crise. Beaucoup de cabinets médicaux et paramédicaux doivent fermer et mettre leurs salariés au chômage partiel.
Pour les personnels paramédicaux, leur activité est suspendue jusqu'au 11 mai, à l'exception des cas d'urgences pour lesquels une organisation spécifique est mise en place à l'échelle de chaque département par les masseurs-kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes et pédicures-podologues. En Loire-Atlantique, 6 000 cas d'urgences dentaires ont ainsi été traitées de cette façon. Par effet domino, les prothésistes dentaires sont lourdement impactés.
L'ARS Pays de la Loire précise le 20 avril que la téléconsultation n'est pas réservée aux seuls médecins. Elle s'applique également pour les professions suivantes : infirmier, sage-femme, orthophoniste et masseur-kinésithérapeute. Pour favoriser cette pratique, le Conseil départemental de la Mayenne soutient financièrement son déploiement à hauteur de 10 000 €, en partenariat avec l'ARS, avec la mise à disposition gracieuse de la plateforme de télémédecine Covalia, au bénéfice des professionnels de santé.
Les vétérinaires, faute de matériel de protection, n'assurent que les urgences. La profession, qui n'a pas accès aux masques en pharmacie, doit néanmoins "poursuivre ses missions de police sanitaire et de soins d'urgences aux animaux", à la demande de l'État.

Les laboratoires d'analyses médicales

Le laboratoire de microbiologie Laborizon (72, Le Mans), en partenariat avec le Centre hospitalier du Mans (CHM) et l'Agence régionale de santé (ARS), élabore un dispositif de dépistage, qui permet d'ouvrir 12 centres de dépistage en Sarthe, une opération unique dans les Pays de la Loire.
Pour Bioliance, réseau de 28 laboratoires d'analyses sanguines et bactériologiques en Loire-Atlantique et Vendée, l'activité chute de 50 % en raison de la fermeture de cabinets de médecins spécialistes. La réalisation de tests de dépistage du Covid-19 ne compense pas la perte de 1 800 dossiers au quotidien sur les autres analyses.

Les services de secours

Chez les pompiers du Maine-et-Loire, les effets du confinement se traduisent par une chute de 40 % de leur activité, du fait de l'arrêt des nuits festives notamment. En revanche, ils relèvent un pic d'interventions pour les accidents domestiques.

Tour d'horizon de la situation de quelques entreprises en Pays de la Loire

Chute d'activité énorme pour ce secteur en début de pandémie, mais de nouvelles demandes affluent : gardes d'enfants, remplacement d'intervenant à domicile, nouveaux services de portage…
L'ADMR La Moine (49, Sèvremoine) a suspendu les heures d'entretien du logement et la garde d'enfants, mais continue à intervenir au domicile des plus fragiles, personnes âgées ou en situation de handicap. L'ADMR Vallon chemillois (49, Chemillé-en-Anjou, 25 salariés), a placé 9 employées au chômage partiel, du fait d'une diminution de 50 % de son activité. Pour l'ADMR de Château-Gontier (53), l'activité est ainsi passée d'environ 700 à 200 heures de travail par semaine. En Vendée, l'activité de l'ADMR a diminué d'environ 50 %. La direction départementale maintient néanmoins sa campagne de recrutements d'aides à domicile et d'aides-soignants.
L'association de services à domicile (aide à domicile, ménage, téléassistance…) Amapa (72, Le Mans et la Flèche, 145 salariées), qui déclare un absentéisme de 25 %, a vu son activité baisser de 20 % en mars et de 38 % en avril.
L'association Aide à domicile et emplois familiaux (Adef) de Rezé (44, 170 salariés), dont aucune employée n'a exercé son droit de retrait, se concentre sur l'aide aux plus vulnérables, personnes âgées, handicapées ou malades et sur les interventions prioritaires.
Le groupe manceau de services à la personne OuiCare (72, 14 000 salariés chez O2) annonce que 80 à 90 % de ses 6 000 collaborateurs sont sur le pont. Pour venir en appui, la direction régionale de Pôle emploi recherche des auxiliaires de vie pour aider les personnes dans certaines tâches vitales car plusieurs sociétés doivent faire face à l'afflux des demandes d'accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap. Une quarantaine de postes sont à pourvoir en Loire-Atlantique notamment et la situation perdure à la fin de l'été 2020 sur l'ensemble des Pays de la Loire.
L'Association de conseil et d'aide au devenir de l'enfant et de l'adulte (Acadea), qui gère cinq établissements en Sarthe (La Flèche, Sablé-sur-Sarthe et Mamers), assure l'accompagnement de jeunes et d'adultes présentant un handicap psychique. Alors qu'un quart de son personnel est en arrêt, l'association a besoin de personnels supplémentaires pour intervenir dans les secteurs de l'éducation, de l'animation ou du handicap. Des CDD ou des conventions de bénévolat sont proposés et signés.
La société angevine Générale des services (65 agences en France, 2 000 salariés), spécialisée dans les services à la personne, établit un partenariat national avec les magasins Monop' et l'opérateur bancaire Nickel pour un service de courses et de livraison à domicile dans une quinzaine de villes.

Les salons de coiffure sont autorisés à reprendre leur activité le 11 mai. Dans le cadre du protocole national de déconfinement, des fiches conseils sanitaires, élaborées par les partenaires sociaux de la branche et validées par le gouvernement régissent les mesures de prévention à adopter pour protéger la santé des clients et des professionnels de la coiffure.

Une filière fortement sollicitée pendant le confinement

Les sociétés de sécurité privée sont particulièrement sollicitées, alors que de nombreuses entreprises et chantiers suspendent leurs activités. En cause beaucoup de demandes pour des surveillances renforcées, augmentation des plages horaires de surveillance, gestion de l'affluence dans les supermarchés… Elles doivent néanmoins composer avec leurs effectifs actuels, car les agents doivent être assermentés par le ministère de l'Intérieur, mais aussi avec un parc de véhicules limités.
CII Télécom (72, Le Mans), qui développe des automates d'alertes locales aux populations, est très sollicitée : ses différents clients (préfectures, mairies, services incendie-Sdis, Samu, entreprises…) ont ainsi émis en une semaine 900 000 appels téléphoniques et envoyé 400 000 SMS à destination des populations locales, afin de relayer les informations relatives à la crise du Covid-19.
Les élèves policiers se mettent à la disposition des commissariats les plus proches de leur domicile pour renforcer les équipes. Âgés de 21 à 28 ans et accompagnés de policiers titulaires, ils remplissent des missions différentes selon le degré d'avancement dans leur formation. Les policiers des services judiciaires, dont l'activité a diminué, étoffent également les patrouilles.
Le bureau de l'Armée de l'air du Cirfa Le Mans (72) rouvre ses portes le 11 mai pour traiter les demandes d'information et les dossiers de candidature. Du niveau 3e jusqu'au Bac +5, l'Armée de l'air recrute et forme en 2020 plus de 3 500 jeunes de 16 à 30 ans, dans plus de 50 métiers différents.

Avec le Covid-19, la nouvelle image du nettoyage dans les entreprises

Avec la crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19, jamais le nettoyage des entreprises et des lieux publics n'a eu autant d'importance. Le secteur de la Propreté, auparavant vu comme un service de confort, change d'image : il est désormais considéré comme un maillon indispensable de la garantie d'une hygiène irréprochable des locaux. Pascal Gahery, directeur d'Espace 72 (72, Le Mans), entreprise-école de nettoyage, mesure le côté positif d'une crise qui valorise ses 70 salariés, dont une quarantaine en insertion. "La perception de nos clients a changé. Grâce à leurs attentes plus précises, nous sommes considérés comme des professionnels capables d'apporter des réponses adaptées. Ils comprennent que le ménage, ce n'est pas si simple et que cela exige des compétences", explique-t-il.

L'activité de la filière, tributaire des fermetures et reprises de ses clients, s'adapte à de nouveaux besoins

Espace 72, comme nombre d'entreprises, traverse une phase difficile quand le télétravail vide les bureaux et supprime de fait la nécessité de les nettoyer chaque jour. En quelques semaines, l'activité chute de 70 %, passant de 7 450 heures de nettoyage pour un mois à 2 200 heures. Mais avec le déconfinement, l'entreprise est de nouveau très sollicitée afin que les bureaux et les espaces communs soient nettoyés et désinfectés. Nombre de clients, souhaitent des interventions une fois par jour et non plus une fois par semaine.
ADC Propreté (44, Nantes) ne conserve que la moitié de son activité d'entretien dans les cabinets médicaux, cliniques, immeubles d'habitation ou établissements publics de première nécessité des collectivités. Cela se traduit par la mise en chômage partiel de la moitié de l'effectif (maintien de 60 salariés en contrat d'insertion sur 120 et 70 permanents sur 140).
Pour la société de nettoyage CNH (44, La Chevrolière, 130 salariés), 60 % de ses clients ont fermé leurs portes mais l'entretien des sites n'est pas interrompu dans les groupes de maraîchage du territoire, comme Océane (44, La Chevrolière), ou dans le secteur de l'Industrie, comme chez Armor (44, La Chevrolière), qui fonctionne à plein régime.
L'entreprise de ménage, repassage et jardinage Maisons et Services (53, Changé, 70 salariés) voit son activité baisser de 90 % les deux premières semaines de confinement et met son personnel au chômage partiel.
Professionnel du nettoyage industriel, la société yonnaise GSF Auriga (85, la Roche-sur-Yon, 321 salariés) connaît depuis le début de la crise une baisse globale de son activité de l'ordre de 8 %, du fait de la fermeture provisoire de nombreuses entreprises clientes. Ce marché est marqué par une évolution de la demande liée au Covid, qui se traduit par une forte hausse de la désinfection des points de contact et des entreprises touchées par le virus.
Spécialiste nantais de nettoyage et décontamination des locaux de chantiers et bâtiments neufs achevés, Clean concept (40 salariés) a du "boulot à la pelle" lors de la reprise progressive des chantiers de BTP. Or, le processus de nettoyage prend deux fois plus de temps qu'avant la pandémie, ce qui conduit l'entreprise à rechercher d'urgence dix collaborateurs supplémentaires.
À La Séguinière (49), l'entreprise Arjo France spécialisée dans la vente et la location de matériels médicaux est aussi l'un des quatre centres français de désinfection des matelas hospitaliers. De 16 salariés, la partie production et contrôle doit passer à 25.

Banque et finance : des professionnels très sollicités par les entreprises en mal de trésorerie

Experts-comptables et banquiers connaissent une forte demande des dirigeants d'entreprises, que ce soit sur la gestion de leur trésorerie ou du chômage partiel, mais aussi pour l'obtention du Prêt garanti par l'Etat (PGE), mis en place par le gouvernement pour apporter la trésorerie nécessaire aux entreprises en grande difficulté. Les agences restent ouvertes avec un système de rotation entre les équipes. Elles doivent assurer, dans le cadre du télétravail, la sécurité des opérations bancaires.
Au Crédit agricole Atlantique Vendée, 89 sur 172 agences restent ouvertes au public sur des créneaux dédiés et 33 % des salariés télétravaillent. Au 20 avril, la banque régionale a accepté 98 % des demandes de Prêt garanti par l'Etat (PGE), soit 1 316 PEG accordés pour un montant total de 232 M€. La Banque CICOuest annonce avoir validé plus d'1 Md€ de crédits PGE en seulement 4 semaines au bénéfice de 5 500 clients (77 % vers les moyennes et grandes entreprises et 23 % vers les TPE, indépendants, artisans, commerçants, agriculteurs…), avec un taux de refus de 2 à 3 %. Quant à la Financière des paiementsélectronique (Fintech) Nickel (220 salariés à Nantes), à l'origine du compte sans banque qui s'ouvre chez un buraliste sans conditions de revenus ou de dépôts, elle redémarre de plus belle après le confinement et annonce 400 recrutements d'ici 2023 pour accompagner son développement en France et en Europe.
Les experts-comptables ligériens lancent leur plateforme SOS Covid-19 destinée aux entreprises touchées par la crise du coronavirus. Ce service d'urgence permet à une entreprise d'entrer gratuitement en contact avec un expert-comptable de son département. Celle-ci peut alors bénéficier de réponses de premier niveau à ses interrogations comptables, financières, fiscales, sociales ou juridiques à la lumière des décisions du Gouvernement. Au 20 avril, un bilan permet d'établir que 40 % des questions concernent le fonds de solidarité et 30 % le chômage partiel.

L'immobilier : un secteur en quasi-arrêt qui a dû dématérialiser ses démarches

Concernant l'activité des agences immobilières (et activités liées : courtiers, diagnostiqueurs, notaires…), la vente d'immeubles est à l'arrêt et les locations génèrent 10 % de l'activité habituelle selon la Fnaim 44, fédération qui représente 300 agences immobilières en Loire-Atlantique. Les transactions sont en effet bloquées par le confinement : actes en attente, suspension des états des lieux et visites (sauf par vidéo), difficultés à réunir les documents obligatoires, tels les certificats d'urbanisme, les relevés d'hypothèque, les diagnostics thermiques du logement… Du chômage partiel est mis en place et seuls ceux qui s'occupent de la gestion locative conservent une partie de leur activité en télétravail. Pour autant, la crise aura permis de pousser la dématérialisation dans ces métiers : visites virtuelles, actes électroniques, visioconférences…

Le secteur de l'intérim et du recrutement en berne

En première ligne face à la chute d'activité, le travail temporaire et les missions d'entreprises s'écroulent (- 60 à 80 % du marché de travail temporaire en Pays de la Loire). Les agences sont contraintes de mettre leurs propres salariés en chômage partiel. Quant aux intérimaires, seuls les personnes recrutées pour plusieurs mois peuvent espérer bénéficier d'une activité partielle.

Zoom sur quelques bassins d'emploi :

  • à Châteaubriant (44), chute de 50 % à 75 %, à cause notamment de la fermeture des entreprises du BTP et de l'Industrie, mais maintien des missions dans l'Agroalimentaire ;
  • à Saint-Nazaire (44), 10 000 intérimaires menacés face au quasi-arrêt de l'activité industrielle, exception faite du secteur Aéronautique ;
  • à Nantes (44), selon le cabinet de recrutement nantais Adeïs, beaucoup d'entreprises gèlent ou reportent leurs recrutements, voire mettent fin à des périodes d'essai des contrats en CDD ou d'intérim. Pour autant, les fonctions commerciales et les cadres dirigeants sont toujours recherchés, notamment dans l'Agroalimentaire, le secteur médico-social, la Logistique et le domaine agricole ;
  • à Ancenis-Saint-Géréon (44), où l'Intérim représente un tiers des offres d'emploi, fort impact du fait de l'arrêt d'activité dans le BTP et la Métallurgie, redirection de certains intérimaires dans l'Agroalimentaire ;
  • dans l'Anjou (49), reprise progressive de l'activité des agences d'intérim début mai, après une chute de 75 % pendant le confinement : nouvelles offres dans la Logistique et l'Industrie, dont l'Agroalimentaire. Néanmoins, selon un responsable de Randstad à Angers, "les PME qui se remettent en ordre de marche vont d'abord réintégrer leurs propres salariés, les intérimaires viendront dans un second temps" ;
  • dans le Choletais (49), après trois mois d'arrêt, rebond de l'activité intérimaire à compter de mai, notamment dans les secteurs BTP et l'Agroalimentaire sur des profils d'agent de fabrication, ouvrier en agroalimentaire, préparateurs de commande avec Caces (postes majoritairement pourvus par des demandeurs d'emploi au détriment des étudiants pendant la période estivale, car "les entreprises qui ont des retards de commandes veulent s'engager sur du long terme avec des demandeurs d'emploi") ;
  • À Château-Gontier et Laval (53), demande soutenue pour les secteurs Agriculture, Agroalimentaire et la grande distribution, forte chute pour l'Industrie et le BTP.

Selon une étude de ministère de l'Agriculture, en lien avec l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), la plateforme Pôle Emploi Mobilisation Emploi et l'agence de recrutement Qapa, les six secteurs qui recrutent le plus pendant le confinement sont l'Agriculture, la Logistique, la Grande Distribution, l'Agroalimentaire, la Santé et enfin l'Hygiène. L'Agriculture se situe loin devant avec 200 000 recrutements, principalement de travailleurs polyvalents, contre 35 000 pour la logistique et 10 000 pour l'hygiène.

Le paysage de l'Intérim en mutation

Alors que la relance de l'activité Intérim redémarre à la fin de la période estivale, les professionnels constatent une demande dirigée vers les profils spécifiques et qualifiés, majoritairement dans le secteur du Bâtiment, de l'Agroalimentaire, de la grande distribution, du transport de marchandises et du Numérique (ingénieurs). En revanche, la Restauration et les métiers du Tertiaire (métiers administratifs) ne pourvoient plus autant de contrats en intérim qu'avant la crise. La charge de travail est alors répartie sur les forces déjà en présence dans les entreprises. Autre tendance : les contrats se raccourcissent, le plus souvent à la semaine car les entreprises anticipent un nouveau confinement.
Pour éviter de retomber dans une situation critique, certaines agences d'intérim tentent de diversifier les secteurs d'activité pour lesquels elles recrutent.
D'après le directeur régional de Synergie et président de Prism'Emploi Pays de la Loire, la crise sanitaire modifiera en profondeur un marché du travail temporaire resté dynamique jusqu'en mars 2020 : "on était sur un marché de candidats, où les talents pouvaient choisir leurs missions. On est en train de basculer vers un marché où c'est l'entreprise qui a le choix du candidat". En conséquence, "les travailleurs qui retrouveront des missions seront les plus qualifiés, au détriment des personnes les plus éloignées de l'emploi".

Un secteur en plein essor freiné dans son élan

Selon une enquête réalisée par ADN Ouest auprès de ses adhérents entre le 15 et le 22 avril, plus de 70 % des entreprises du numérique de Pays de la Loire ont subi une baisse d'activité depuis le début du confinement. Pour 50 % d'entre elles, l'impact sur le chiffre d'affaires se situera entre 10 % et 30 %. Côté recrutement, 50 % des entreprises diffèrent leurs projets, mais 37 % confirment leur engagement. La quasi-totalité des structures ont mis en place le télétravail et 80 % des effectifs l'ont pratiqué.

Enseignement à distance, télédiagnostic médical, services de vente en ligne, outils collaboratifs de télétravail… : une période riche en innovations numériques

L'éditeur nantais Kosmos (100 salariés), l'un des leaders français des Environnements numériques de travail (ENT), doit faire face à un "tsunami" de connexions lié à l'explosion de l'enseignement à distance : plus de 400 millions de requêtes, 2,5 millions de mails, des pics de visites cinq fois supérieurs à un jour normal, des temps de session triplé… Le dirigeant témoigne "être passé au pied levé d'un appui à l'enseignement présentiel à une dimension de formation à distance massive". Le dirigeant espère profiter de cette conjoncture pour accélérer le développement de son entreprise dans le secteur privé et la formation professionnelle, ainsi que sur les marchés internationaux. Par ailleurs, engagé dans les Programmes d'investissement d'avenir (PIA), Kosmos est nommé lauréat de l'appel à projets du PIA Orientation, grâce à un service numérique destiné à rendre plus lisible l'offre de formation des universités et à faciliter l'orientation des lycéens.
Dans le domaine médical, la startup nantaise Divoluci édite une plateforme d'orientation et de gestion des urgences entre des professionnels de santé et des patients atteints ou suspects de Covid-19. Concrètement, le médecin, le pharmacien ou l'infirmière libérale peuvent répondre sur la plateforme à un scénario de questions qui permet d'estimer précisément la pathologie et son degré d'urgence, puis d'orienter le patient vers le bon service de l'établissement hospitalier. Au total, la plateforme est en capacité de gérer jusqu'à 4 000 nouveaux cas par jour. Autre initiative : développée conjointement avec l'Inserm et la SNCF, la plateforme téléphonique d'aide au dépistage du Covid-19 AlloCovid (0 806 800 540) lancée le 27 avril fait appel à l'expertise d'Allo-Media, une start-up parisienne, dont le service R&D est basé au Mans. Quant au groupe Syd (44, Saint-Herblain), il met à disposition gratuitement des hôpitaux de Vendée un logiciel de télédiagnostic.
Pour créer des débouchés de vente aux commerçants en panne de clients "directs", plusieurs initiatives fleurissent pour favoriser la vente en ligne. Spécialisée en services informatiques et téléphonie, la PME Mixtrio (72, Saint-Pavace) propose la création gratuite de sites de vente en ligne pour les restaurateurs qui souhaitent maintenir une activité de vente à emporter. Dans le même esprit, et en collaboration avec Angers French Tech et la CCI du Maine-et-Loire, la start-up Wishibam édite le 12 avril la plateforme d'e-commerce angersshopping.com à l'échelle de la ville d'Angers, qui met en ligne des produits d'une centaine de commerçants de proximité locaux. Au 20 avril, 200 commerçants étaient déjà inscrits. Même initiative solidaire d'une agence de communication saumuroise, qui lance la plateforme internet conso-locale.com destinée à répertorier une centaine de producteurs locaux avec leurs produits, coordonnées, emplacement géographique et leurs possibilités de livraison.
Alors que le télétravail devient une alternative incontournable au travail en entreprise, de nombreux outils collaboratifs tirent profit du contexte de crise sanitaire. Pour apporter des solutions au télétravail imposé, l'agence web nantaise Dailycom lance Visio4you, un service simple de visioconférence capable d'une ouverture 8 heures à la suite, avec un maximum de 1 000 personnes en ligne. Coment, une autre jeune pousse nantaise, avait mis au point en août 2019 une application qui permettait de centraliser, relire, valider et commenter facilement tous les documents par une équipe. Avec le télétravail en forte progression, la demande explose : 12 millions de personnes dans le monde l'utilisent via la messagerie d'équipe Slack.
Des acteurs du numérique ligériens sont retenus par le secrétaire d'État chargé du numérique et le ministère de la Santé pour leur offre de web services à destination des professionnels (plateformes de télétravail) et particuliers (services collaboratifs) pour faciliter leur quotidien.
Pour favoriser les déplacements à vélo dans le cadre du déconfinement, la startup vendéenne O°code va contribuer au plan de 20 M€ lancé par le ministère de la Transition écologique : elle développe une plateforme web à destination des réparateurs agréés et des usagers, dont l'objectif est d'enregistrer des remises en état dans un registre sécurisé contre octroi d'un forfait de 50 € pour les cyclistes).

L'Éducation nationale : l'enseignement à distance généralisé

À l'Université du Mans, les enseignants-chercheurs et l'ensemble de l'équipe pédagogique assurent la continuité pédagogique pour les 12 000 étudiants du campus. Les cours à distance sont généralisés, grâce à un outil de classe virtuelle. Idem pour l'Université d'Angers (UA), qui poursuit ses cours via des visioconférences et la mise en ligne des cours. L'UA organise également les 2 000 examens de fin d'année à distance pour 95 % des étudiants.
Olivier Laboux, président de l'Université de Nantes, annonce le 7 avril que le campus ne réouvrira pas ses portes d'ici fin juin. Les examens de fin d'année seront organisés à distance avec un contrôle des connaissances. Les stages peuvent être reportés à la rentrée de septembre.
Les Ateliers Canopé de la région Bretagne et Pays de la Loire proposent des formations en ligne gratuites à destination des enseignants, animées par des médiateurs, pour faciliter la continuité pédagogique via des classes virtuelles.

Les auto-écoles : une filière à l'arrêt

Les auto-écoles, qui ont dû arrêter les cours de conduite, poursuivent seulement les séances de code routier par le web. Tous les examens de permis de conduire, prévus en mars et avril, sont décalés au 8 juin. La problématique du manque de places et d'inspecteurs, déjà présente avant la crise sanitaire, plane sur toute l'organisation. Les cours de conduite sont autorisés à reprendre le 11 mai. Selon une étude du ministère de l'Intérieur, près de 30 % des 12 000 auto-écoles risquent de mettre la clef sous la porte avant le 31 décembre 2020. Seules celles installées depuis longtemps devraient passer le cap.

Des formations professionnelles innovantes pour faire face à la pandémie

À l'exemple de Twin médical (49, Les Ponts-de-Cé), société spécialisée dans les solutions pédagogiques et les simulations pour la formation dans le monde de la Santé : elle met au point une solution qui permet, pour les médecins et les infirmiers, de se mettre en situation de diagnostiquer un cas clinique : celui de patients virtuels suspectés d'infection par ce virus. L'objectif est de réduire l'impact des erreurs de raisonnement ou de traitement lors des diagnostics.

Les tribunaux : des suspensions d'audiences, mais poursuite de l'activité des magistrats en télétravail et dématérialisation des procédures

Le barreau de Nantes met en place un système de consultations d'orientation juridique gratuite, afin de permettre la continuité de l'accès au droit, plus particulièrement destiné "aux chefs d'entreprise, salariés, libéraux, commerçants, artisans et bien évidemment aux particuliers" déclare Bruno Carriou, bâtonnier du barreau de Nantes. La suspension des audiences publiques bloque la notification des décisions à la cour administrative d'appel de Nantes. Pour autant, 31 des 33 magistrats et la quarantaine d'agents de greffe de la cour télétravaillent : l'étude des dossiers se poursuit dans des conditions presque normales.
En Mayenne, Nicolas Dirickx, le bâtonnier de Laval, alerte néanmoins sur les difficultés financières probables à court terme des avocats : les facturations sont bloquées en raison de l'absence d'audiences au tribunal et de la suspension de la délivrance des attestations de fin de mission.
À Saumur, le tribunal poursuit son activité en mode dégradé : suspension des audiences pour les dossiers civils et mise en place de circuits écrits ou reportés, maintien des permanences pénales et audiences liées aux affaires pénales avec les seules personnes directement concernées.
Officiellement, après une fermeture de deux mois, l'activité judiciaire reprend le 11 mai, avec une ouverture au public et un redémarrage des audiences en mode dégradé à compter du 18 mai.
Aux tribunaux d'Angers et de Cholet, la priorité est donnée aux affaires civiles traitées par les juges des enfants, des affaires familiales et des tutelles. Au pénal, l'utilisation de la visioconférence va se poursuivre. Les audiences du pôle social restent suspendues jusqu'à septembre. Dans un certain nombre de procédures, des dépôts de dossier sans audience continueront et la dématérialisation devrait devenir de plus en plus courante.
Le tribunal du Mans reprend les audiences avec les seules personnes convoquées à compter du 25 mai, pour les affaires pénales et civiles. Une nouvelle session d'assises se tient du 26 juin au 10 juillet.
Au tribunal de Nantes, le président assure seul toutes les audiences par téléphone ou en visioconférence, pour limiter les déplacements des 34 juges. À partir du 4 juin, les audiences de jugement redeviennent collégiales, avec trois juges. Mais le tribunal numérique restera la règle, même pour les procédures collectives qui traitent des faillites, au moins jusqu'à la fin juillet.

Notaires, huissiers et autres professionnels du Droit : des activités quasiment suspendues ou au ralenti

Dès le 16 mars, à cause d'un marché immobilier à l'arrêt, les offices notariaux fonctionnent en activité très partielle. La possibilité donnée par décret d'établir un acte notarié sur support électronique se heurte à la nécessaire maîtrise de l'outil numérique. Les notaires bouclent les dossiers en cours, sans en accepter de nouveaux, alors que trois mois sont nécessaires pour conclure un dossier de vente.
En bout de chaîne de la justice, l'activité des huissiers est réduite d'environ 90 %. Seules les urgences sont traitées, c'est-à-dire les actes soumis à un délai de procédure qu'il faut absolument respecter, ainsi que les constats pour les entreprises, qui doivent justifier de la mise en place des mesures sanitaires à l'égard du personnel ou des clients pour continuer de travailler. Une grande partie des huissiers et collaborateurs sont au chômage technique.
Les deux commissaires-priseurs de l'hôtel des ventes Talma, à Nantes, réalisent les ventes aux enchères à huis clos avec retransmission via le web, ce qui permet à plus d'acheteurs potentiels d'y assister et de multiplier les ventes.

 

Cariforef des Pays de la Loire, septembre 2020

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