Vous êtes ici : Accueil Dossier covid-19 Les entreprises s'adaptent

Coronavirus : les entreprises s'adaptent



 

Avec les mesures de confinement puis de déconfinement liées au coronavirus, les entreprises des Pays de la Loire ont adapté leur activité. Tour d'horizon non exhaustif réalisé à partir de la veille menée auprès de la presse quotidienne régionale depuis le 14 mars 2020.

mise à jour le 25 mai 2020

Secteur primaire

Selon Joël Limouzin, le président de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, le secteur agricole craint l'effet domino des arrêts de production et de livraison des fournisseurs (carburant, semences…), mais aussi des fermetures des réseaux de vente des produits agricoles (restauration collective, export…), et de la pénurie de main-d'œuvre encore plus criante qu'à l'ordinaire, alors que la haute saison d'exploitation et de cueillette devait démarrer. Joël Limouzin alerte : "il faut tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas de rupture dans la chaîne de la nutrition animale, ni dans celle de la mise en production des cultures de printemps". Il demande notamment au gouvernement de "créer des passerelles pour que les personnes dont les entreprises ont suspendu leur activité, puissent sortir de leur confinement et travailler chez les maraîchers".

Les Entreprises de travaux agricoles (ETA) se sont adaptées, en adoptant les consignes sanitaires strictes, pour être au rendez-vous des grands chantiers de printemps. Les 21 000 entreprises françaises de travaux agricoles, forestiers et ruraux représentent 120 000 actifs : ce sont pour la plupart des TPE dont l’effectif est inférieur à dix. En revanche, les sociétés d’exploitation forestière, tributaires du secteur du bâtiment, ont été en arrêt plusieurs semaines et ont eu recours au chômage partiel. Seule l’exploitation du bois de trituration pour la fabrication de papier s’est maintenue.

L'horticulture ornementale (53 000 entreprises et 170 000 emplois en France) est la filière agricole la plus durement touchée par le confinement actuel. Avec la fermeture des jardineries (à l'exception du rayon animalerie), des magasins de libre-service agricole et des fleuristes, mais aussi à cause de l'arrêt des chantiers des espaces verts, la filière horticole est très fragilisée et prive les exploitations et grossistes de débouchés. Ce coup d'arrêt intervient au démarrage du printemps, saison au cours de laquelle la filière réalise 80 % de ses ventes annuelles. Selon l'interprofession Val’hor, "la perte de chiffre d’affaires est estimée à 86 % par rapport à la même période l’an passé". Les 250 pépiniéristes et horticulteurs des Pays de la Loire, premier bassin horticole de France, subiraient une perte d’exploitation de 150 M€ (1 milliard d'euros à l'échelle de la France).
Cependant, à l’image de l’entreprise le Clos des Roses (49, Villebernier), certains horticulteurs se sont réorganisés pour permettre la vente en ligne, la livraison à domicile et le drive. Mais l’inquiétude s'inscrit au-delà de la fin du confinement avec la possible annulation d'évènements, dont les mariages, un débouché important pour certaines entreprises.
Bigot Fleurs (72, Allones) a mis ses 150 employés au chômage partiel, un effectif généralement porté à 600 personnes au printemps pour la cueillette. L'entreprise lance néanmoins ponctuellement 500 recrutements pour la période du 14 au 28 avril afin de cueillir le muguet.
Même si la distribution de 60 millions de brins de muguet produits par une quinzaine de producteurs nantais est menacée par le confinement, la fédération des Maraîchers Nantais recrute également des contrats courts pour la cueillette, la mise en bouquet et le conditionnement du muguet à compter de la mi-avril. Au 20 avril, seuls 2 000 saisonniers ont été recrutés contre 7 000 en année normale, car la récolte s’est faite sur une base de commandes très faible (70 % de la récolte du muguet laissés dans les parcelles). Avec la crise, les seuls débouchés se concentrent dans la grande distribution (qui diminué ses commandes d'un tiers) et vers quelques fleuristes qui organisent un drive. Toute la filière de distribution du muguet court le risque d'être durablement déstabilisée, avec la menace de faillites de fleuristes, grossistes et opérateurs.

Petite éclaircie pour les horticulteurs : Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé le 1er avril que la vente de plants potagers est désormais considérée comme un achat de première nécessité. Concrètement, la commercialisation des semences et plants pour les activités professionnelles et celle des plants potagers à visée alimentaire est autorisée sur trois types de lieux : les marchés ouverts, les dispositifs de type drive et dans les rayons de jardineries déjà ouvertes, pour cause d'activité animalière.

En revanche, la demande explose pour les producteurs de légumes : le groupe Cheminant à Carquefou (44), producteur de concombres et tomates n'a plus de stock et la coopérative Océane, qui réunit 70 maraîchers nantais, envoie jusqu'à 70 000 colis de concombres, tomates, poireaux ou mâches, contre 40 000 habituellement : des stocks augmentés de 75 % mais entièrement liquidés en fin de la journée. L’adaptation est plus compliquée pour les maraîchers : "il faut attendre que la plante pousse !".
En Anjou, la vie en confinement dans un territoire aux productions légumières importantes a été l’occasion de mettre en place des initiatives (dont "Mangeons loc’ALS" et "Adopte ton maraîcher") pour aider les producteurs et répondre aux attentes des consommateurs.
Avec la fin du confinement, les maraîchers nantais recherchent des milliers de saisonniers pour la période de juin à octobre, car les personnes en chômage partiel, venues temporairement gonfler les effectifs, ont repris leurs postes de travail et les saisonniers étrangers des pays de l'Est ou du Maghreb seront peut-être moins nombreux à venir prêter main forte.

Idem pour les salariés des vergers, notamment, dans le Choletais qui ne comptent pas leurs efforts pour approvisionner au mieux les grandes et moyennes surfaces, un approvisionnement rendu possible par des fruits encore en stock ou importés : "nous avons expédié entre 130 et 140 tonnes de pommes ou poires par jour", témoigne le dirigeant des Vergers de la Blottière, à Chemillé-en-Anjou (49). Aux Vergers de la Tesserie à Montrevault-sur-Èvre (49), 95 % des saisonniers et tous les permanents sont présents pour honorer les commandes.

Pour les vignerons, la vente directe et l'exportation sont touchées de plein fouet : les professionnels révèlent une activité limitée à 5 ou 40 % du niveau habituel. En cause : cafés et restaurants fermés, réunions de famille interdites, événements annulés, œnotourisme inexistant, difficulté à livrer hors du département… alors que la période printanière fait normalement partie des mois de forte activité commerciale. La filière viticole du Val de Loire (900 producteurs, 3 000 emplois) anticipe la perte d’un à deux mois de chiffre d’affaires sur l’exercice en cours : "ce qui n’a pas été bu ne sera pas bu", déplore le président d’InterLoire, l’interprofession des vins du Val de Loire. Dans le muscadet, le chômage partiel ne touche que partiellement la profession qui reste active dans les vignes. Pour limiter la chute des ventes, estimée entre - 70 à - 90 %, des exploitations mettent en place des systèmes de drive ou de livraison.
Dans l'Anjou et le Saumurois, les volumes de vins commercialisés par les 900 vignerons ont aussi chuté de 70 % en avril, selon la Fédération viticole Anjou-Saumur. Les situations sont néanmoins disparates d’une entreprise à une autre, en fonction des circuits de distribution, des couleurs de vins et des appellations (débouchés pour la Grande distribution moins impactée contrairement aux ventes vers les cafés-hôtels-restaurants, ventes au caveau et à l'exportation en chute libre).
Au niveau national, pour venir en soutien de la filière fragilisée, la plate-forme Les Grappes a lancé le mouvement "J'aime mon vigneron".
Fédérant 70 producteurs et transformateurs dans la région, les Cidres de Loire annoncent des pertes en mars et avril allant jusqu’à 80 % de chiffre d’affaires. Avec 40 % de leur production écoulée habituellement à travers l’Hôtellerie et la Restauration, les producteurs craignent une amplification de leurs pertes compte-tenu du prolongement de la fermeture de ces établissements.

Les entreprises du paysage des Pays de la Loire (1 810 entreprises pour 7 250 actifs) ont progressivement repris leur activité après un arrêt d'activité les deux premières semaines de confinement, sauf celles en lien avec les collectivités et les marchés publics.

Pour écouler les productions agricoles et contrer la fermeture de certains marchés, les circuits courts s’organisent pour offrir une alternative et faire vivre les producteurs locaux : vente directe, drives fermiers ou livraisons de paniers de légumes frais, plusieurs dispositifs se mettent en place pour répondre à une demande locale qui explose. Néanmoins, les situations divergent d'un producteur à l'autre selon Olivier Lebert, vice-président de la Chambre d’agriculture de la Sarthe : "ceux qui ont misé sur la vente directe, via des magasins de producteurs par exemple, connaissent un regain d’activité. Mais ceux qui dépendent des collectivités ou des marchés, sans solution de repli, risquent de connaître de grandes difficultés".

Face à la crise du Covid-19, les organismes agricoles (notamment l'Association nationale de l'emploi et de la formation en agriculture –Anefa- et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles -FNSEA), en lien avec Pôle emploi, se mobilisent autour de la plateforme collaborative desbraspourtonassiette.wizi.farm pour répondre à l’enjeu de pénurie de bras en agriculture (200 000 personnes attendues au plan national d'avril à juin). L’objectif est de mettre en relation gratuitement les employeurs qui ont besoin de main-d’œuvre pour des travaux agricoles (récolte, semis…) et les travailleurs disponibles proches des exploitations. Chaque fois qu’un employeur poste une offre, la plateforme lui propose des candidatures triées sur des critères de disponibilités, de proximité, de centres d’intérêt, voire de qualifications et de compétences. Au 31 mars, 177 000 personnes (dont 30 000 candidats de l'Ouest) ont fait acte de candidature pour prêter main-forte aux agriculteurs, temporairement privés de 70 000 travailleurs saisonniers étrangers. Néanmoins, les 3 500 exploitants inscrits sur la plateforme ne peuvent pas toujours donner de réponse ferme, au vu des incertitudes pesant sur la commercialisation des produits. 648 offres de missions ont déjà été déposées (chaque mission pouvant concerner plusieurs travailleurs).Depuis le 18 mars, 10 000 offres d’emploi ont été proposées et au 11 mai, 4 000 de ces offres étaient terminées tandis que 6 216 restaient en cours. Pour autant, pour 300 000 candidats inscrits sur la plateforme, seuls 4 000 ont été recrutés car les candidatures spontanées ont afflué directement auprès des exploitants agricoles sans passer par le portail dédié.
La profession devrait avoir besoin de 160 000 personnes en juillet et jusqu’à 190 000 en août et septembre pour les récoltes en arboriculture, le maraîchage, puis en viticulture. Elle sollicitera, prioritairement, les salariés encore à l’arrêt et habitués à des tâches pénibles, comme ceux de la restauration, mais aussi des groupements d’employeurs spécialisés et des associations de migrants, qui arrivent souvent de pays agricoles.
La Fédération desmaraîchers nantais propose des centaines d’emplois saisonniers pour la récolte des légumes frais et la cueillette du muguet, dans un rayon de 10 à 40 km autour de Nantes et en Vendée sur la période avril-octobre. Pour être mis en relation avec les entreprises de maraîchage, se connecter à maraichersnantais.fr.

Selon Michel Fruchet, président national du Comité Interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), une grande majorité des petits producteurs d’élevage de canards et de production de foie gras sont très impactés, du fait de la fermeture des restaurants et de nombreux marchés.

Alors que les 116 hippodromes du Grand Ouest ont dû fermer et les courses être suspendues, la filière hippique s’adapte pour continuer à entraîner et soigner les chevaux. Conséquence directe : 95 % des 1 950 salariés des points de ventes du PMU sont en chômage partiel, soit une perte de ressources de 28 M€ pour les professionnels de la filière équine (vétérinaires, maréchaux-ferrants, alimentation animale, constructeurs de vans et sulky, selliers...), due à l'arrêt de versement des allocations. Les cavaliers d’entraînement, les équipes de soin et les éleveurs, quant à eux, poursuivent leur activité. Selon une enquête de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) commandée par le Ministère de l’agriculture, les professionnels de la filière équine rapportent une baisse de 35 à 50 % de leur chiffre d'affaires et jusqu’à 80 % chez les entraîneurs de trot et les établissements équestres, alors que les diverses charges restent inchangées.

La filière peine à écouler sa marchandise, du fait de la baisse de la vente à l'export, de la fermeture des restaurants et lieux de restauration collective, de la baisse de la demande des grandes et moyennes surfaces (salariés des rayons poissonnerie réaffectés aux drives, détournement des consommateurs habituels).
À Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la halle à marée travaille en effectif réduit et limite ses apports de poissons. Le mareyeur Hennequin (20 salariés) est contraint de stopper ses activités.
À La Turballe et au Croisic (effectifs impliqués : 2 000 pêcheurs, mareyeurs, transporteurs…), les professionnels continuent de travailler sur les bateaux et à la criée, pour que l’alimentation arrive jusqu’aux consommateurs. "L’offre et la demande vont s’adapter et on va travailler en mode dégradé pendant les semaines qui viennent avec une baisse d’activité pour l’ensemble de la filière, mais les choses se calent", selon Max Palladin, directeur des ports et des criées du Croisic et de La Turballe. Début avril, les deux ports sont malgré tout relativement épargnés par la crise car les poissonniers représentent une large majorité des acheteurs.
Après une semaine de confinement, les criées de La Turballe et du Croisic sont toujours ouvertes et vendent un tonnage de poisson réduit de moitié : les bateaux qui assuraient de gros tonnages pour la restauration ne travaillent plus, alors que les bateaux côtiers continuent et rapportent néanmoins beaucoup moins de poisson. Cet équilibre risque de rompre depuis la décision de fermer les marchés, qui offraient la possibilité d'écouler les stocks. Un effondrement des prix est aussi à craindre, ce qui impliquerait la fin de sortie en mer des pêcheurs et la fermeture des criées. Or, les mesures de chômage technique dans la pêche ne sont pas les mêmes que pour les salariés à terre : les pêcheurs perdent gros.
Après deux mois de confinement, le bilan est nuancé : alors que la criée du Croisic a été peu impactée par la crise (grâce notamment à la réouverture des marchés), celle de La Turballe a enregistré, du 16 mars au 30 avril, 35 % de tonnages en moins, la grande partie des espèces étant destinée à la Restauration.
La crise du Covid-19 a accéléré le processus de création d'une association interprofessionnelle des acteurs de la filière pêche dans les Pays de La Loire, un projet qui s'élaborait depuis plusieurs mois. Une trentaine d'entités se sont ainsi associées pour valoriser les produits halieutiques régionaux et partager leur savoir-faire. L'objectif : permettre aux pêcheurs de continuer à débarquer leurs produits en mettant en adéquation la demande des acheteurs avec les possibilités d'apport des producteurs.
Aux Sables-d’Olonne, la criée a fermé.

Pour les ostréiculteurs, la crise est "gravissime", selon Jean-Yves le Goff président du comité régional de la conchyliculture et producteur de naissains à Bouin (85) : chute des ventes (marchés à l'arrêt, poissonneries fermées, ventes directes mobiles non autorisées), obligation de poursuivre néanmoins l'élevage de produits vivants, donc pas de chômage partiel possible…  Le comité régional de la conchyliculture, qui couvre un territoire qui va de l’estuaire de la Loire à la Baie de l’Aiguillon, représente 278 entreprises ostréicoles, 28 nurseries et 7 écloseries. L’activité concentre 720 emplois permanents, 345 saisonniers et de la main-d’œuvre occasionnelle. La filière, constituée de TPE à faible trésorerie, aurait perdu jusqu’à 80 % de son chiffre d’affaires, selon le président du comité. Dans ce contexte morose, de nombreux ostréiculteurs vendéens travaillent à trouver de nouveaux marchés pour continuer à commercialiser leurs huîtres et limiter la casse : association avec des vendeurs de fruits et légumes, services drive et vente par internet.

La cinquantaine de mytiliculteurs qui élèvent des moules à L’Aiguillon-sur-Mer (85), 2e site de production en France, est "à l’agonie" : non seulement, ils doivent faire face à une surmortalité des moules, mais l'arrêt de livraison auprès des restaurants et grandes surfaces les privent de débouchés. Seuls les patrons travaillent pour entretenir les naissains, tous les salariés sont en en chômage partiel.

Secteur secondaire

Le secteur industriel subit de lourdes pertes. Les Chantiers navals, l’Aéronautique, le secteur du BTP notamment sont à l’arrêt ou fortement ralentis, mais ont les reins assez solides pour faire face. Cependant, les PME dont la trésorerie était déjà très tendue auront des difficultés à se remettre et l’activité perdue pour beaucoup d'entre elles ne sera jamais récupérée.

Certaines entreprises réinventent leur métier, tels que le fabricant de e-liquides de vapotage Lips France (44, Saint-Julien-de-Concelles) et la société Veg’Extra (49, Montreuil-Bellay) spécialisée dans la fabrication d’extraits liquides pour le marché des cosmétiques, qui se lancent dans la production de gel hydroalcoolique, sans dégager de marges. Quant à l’usine Christeyns (44, Vertou), numéro 2 français des désinfectants, elle a fait passer sa production hebdomadaire de gel hydroalcoolique de 11 à 110 tonnes.
La distillerie Vrignaud (85, Sainte-Gemme-la-Plaine), a mis 2 000 litres d’alcool à la disposition des pharmacies, habituellement destinés à la conception de liqueurs et d'apéritifs, qui permettront la production de plus de 50 000 flacons de 50 millilitres de gel hydroalcoolique.
La Maison Cointreau, qui a cessé le 17 mars ses activités de distillation et de production de spiritueux, maintient sur son site d’Angers (44, 200 salariés) une équipe réduite pour la fabrication de gel hydroalcoolique. L’entreprise vise une production de 28 tonnes par semaine. Le CHU d’Angers en assurera la répartition dans les pharmacies et autres établissements de la région. L’initiative est menée conjointement avec Giffard, autre liquoriste angevin.
La coopérative Saprena (44, Bouaye, 360 salariés), qui emploie au minimum 80 % de salariés handicapés, assure habituellement des prestations de services en espaces verts, conditionnement, propreté et logistique aéronautique. L'usine Christeyns, qui fabrique du gel hydroalcoolique à Vertou, lui a confié le conditionnement du gel en flacons (440 000 garnis et étiquettés en avril). Une nouvelle commande de 750 000 flacons en format poche est arrivée, de quoi apporter un nouveau souffle à la Saprena en perte de vitesse (fin du marché parc Disney et forte chute de l'activité de sous-traitance Airbus) et éviter le chômage technique.

À Saint-Barthélémy-d'Anjou (49), l'entreprise de matériel médical et chirurgical Kolmi-Hopen a bénéficié d'un appel au prêt de main-d'œuvre lancé par la Chambre de commerce et d'industrie du Maine-et-Loire. Les 30 postes ont été pourvus, permettant une augmentation de la production. La PMI, qui fabrique par ailleurs des masques chirurgicaux et respiratoires, a été réquisitionnée par l’État et travaille désormais 24h/24 et 7j/7. Elle produit désormais chaque jour 270 000 masques FFP2 et 450 000 masques chirurgicaux.

Un collectif nantais, alliant des acteurs des mondes médicaux, académiques et entrepreneuriaux, planche sur un prototype de respirateur imprimé en 3D. Des entreprises ligériennes sont prêtes à mettre à disposition leur capacité de production.
À Nantes, un collectif de 250 ingénieurs, électroniciens, spécialistes des dispositifs médicaux, réanimateurs…, réunis sous la bannière “Makers For Life”, a conçu MakAir, une solution de respiration à pression contrôlée, dont le coût serait 15 fois inférieur aux respirateurs traditionnels. Cet équipement, constitué de composants standards, est susceptible d'être produit en grand nombre rapidement. Il a bénéficié de l’expertise scientifique de médecins et de l’appui du ministère de la Santé, ainsi que du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Le projet a aussi reçu le soutien de collectivités, dont la métropole de Nantes, la Région des Pays de la Loire et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le cadre de l’appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre la pandémie, l'Armée finance le projet à hauteur de 426 000 €, pour couvrir la production de prototypes, la conduite d’essais cliniques, ainsi que la documentation nécessaire à l’obtention d’un agrément par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’industrialisation pourrait démarrer à la fin du mois d’avril. Les industriels Renault et SEB sont prêts à en assurer la fabrication à grande échelle. Le CHU de Nantes le teste actuellement.

Fournisseur d’équipements pour l’industrie basé à Carquefou (44), Europe technologie a relancé son activité de production de modules nécessaires à la fabrication de masques chirurgicaux et FFP2 destinés aux soignants et aux malades, au ralenti depuis 15 ans. De même, une vingtaine d’entreprises du secteur de la mode, troquent confection et maroquinerie pour la fabrication de masques (500 salariés reconvertis). Parmi les entreprises impliquées dans cette reconversion : Royal Mer (44), Tissus d’Avesnières (53), GLM fashion (53), Fonlupt (53), TDV Industries (53), Macosa (72) NP créations (72), Vuitton (85) Apple shoes (85)… mais aussi des associations d'Insertion par l'activité économique  (IAE) : Petites mains et compagnie (53)… Au sein du collectif Mode Grand Ouest (MGO) basé à Cholet, qui regroupe une centaine d’entreprises de la filière textile, mode et cuir, ce sont 1 000 000 masques jetables et 80 000 lavables qui ont été fabriqués entre la mi-mars et fin avril. Le syndicat professionnel en a organisé ensuite la livraison. Cette activité devrait perdurer pour nombre d’entreprises qui ont participé à ce mouvement.

Actimage (44, Guéméné-Penfao,15 salariés), société familiale qui fabrique des vêtements professionnels, a complètement muté sa production en se tournant vers la fabrication de masques jetables, depuis son référencement par le gouvernement parmi les 45 fabricants de masques alternatifs. À raison de 200 000 masques par jour dès le 6 avril, la PME fait partie des trois seuls fabricants français à projeter de tels volumes. Idem pour le fabricant de literie et fauteuils de relaxation Maliterie (72, Neuville-sur-Sarthe, 100 salariés) qui a transféré ses compétences en couture à la confection de masques de protection.

Spécialisé dans la transformation de matière plastique et la fabrication d’équipement pour l’usinage ou de mobilier, l’atelier Vié, à Saint-Barthélemy d’Anjou (49), concentre son activité sur la production de vitres de protection pour des acteurs de la santé. Près de 150 ont été livrées dans des pharmacies, des cliniques ou encore des centres de soins.

La PME nantaise Ad’hoc media, spécialisée dans l’impression numérique sur panneaux signalétiques, activité liée à l'événementiel temporairement à l'arrêt, se consacre désormais exclusivement à la production d'écrans de protection autoportants à destination des commerçants et hôtesses de caisse. Idem pour la menuiserie Arcobois (44, La Planche) qui s'est reconvertie temporairement dans la production de ces écrans en plexiglas à destination des pharmacies. Deux mois après, les commandes affluent de grands groupes industriels (dont le constructeur automobile PSA), à tel point que la petite menuiserie a embauché des intérimaires pour faire face à la demande et que le recrutement de deux menuisiers est envisagé.

Après la mise à l’arrêt de ses activités de peinture industrielle, le groupe Lucas (85, Saint-Laurent-sur-Sèvre) a livré tout son stock de masques à la Polyclinique du Parc de Cholet. Le groupe de transport choletais Ageneau a également donné des masques au centre hospitalier de Cholet et accueille, par ailleurs, des chauffeurs ayant du mal à trouver des aires de repos ouvertes. Des entreprises de tous secteurs se mobilisent pour fournir des masques : du 16 au 21 mars, les initiatives recensées ont permis de réunir 1,8 million de masques, qui s'ajoutent aux 1,5 million commandé par le Conseil régional.

Capacités, la filiale de valorisation de l’Université de Nantes, et l'industriel Armor (44 La Chevrolière, 850 salariés) achèvent la conception de visières de protection pour lutter contre la propagation du Covid-19. Après avoir été validé par le CHU de Nantes, le rythme prévu de production d'ici la 2e semaine d'avril est de 1 000 par jour, puis de de 10 000 unités. Afin de donner les moyens nécessaires à la fabrication des visières, rendre accessibles ces travaux en open-source et recenser les besoins du projet, un appel au don est lancé par la Fondation de l’Université de Nantes en lien avec le CHU. Dans toute la région des Pays de la Loire, des entrepreneurs s’organisent pour trouver imprimantes 3D et matériaux, afin de se lancer dans la conception de ces visières : mise à disposition d'imprimantes 3D par Airbus de Nantes et Saint-Nazaire, fourniture de feuilles PVC par le groupe de matériel de bureau Adveo notamment.

La société ICI (49, Cholet, 85 salariés), spécialisée dans la communication et l’impression, s'est lancée dans la fabrication de visières de protection. Après avoir reçu une commande de 3 500 unités pour équiper tous les gendarmes de la région Pays de la Loire, la PME a produit 15 000 visières dès le 7 avril pour répondre aux commandes.
À l'initiative de l'entreprise vendéenne BM3DLS, sous l'égide du spécialiste de l'injection plastique Iriso (85, Bellevigny) et en collaboration avec Apysa, entreprise adaptée (85, la Roche-sur-Yon), un collectif d'entreprises vendéennes s'est constitué pour fabriquer des visières de protection en grande série (12 000 par jour, objectif de 35 000), après validation du CHD de la Roche-sur-Yon. Grâce à cette mobilisation collaborative, les emplois ont été maintenus dans chacune des structures.
De même, le fabricant d’équipements de protection individuelle (EPI) Protecthoms (53, Château-Gontier, 200 salariés) s'est associé avec RBL Plastiques (44, Chateaubriand, 40 salariés) pour produire 500 000 visières d’hygiène par semaine pour les entreprises.

Spécialiste sarthois de la conception de mobilier en carton pour l'événementiel, la petite entreprise Breen (72, Le Mans, 3 salariés) a conçu un prototype de protection à usage unique pour les barres de chariot, prêt à être industrialisé. Les couvre-poignées sont fabriqués à Nantes par OP Emballages, Breen s’appuyant par ailleurs sur cinq autres fabricants partenaires en France, qui lui donne la capacité de fournir 10 millions de couvre-poignées par semaine.

Plusieurs entreprises de Loire-Atlantique ont répondu fin mars à l'appel au secours du CHU de Nantes, confronté à une pénurie critique d’équipements de protection pour ses personnels. Dans l’urgence, la CCI de Nantes Saint-Nazaire sollicite alors des industriels locaux qui, grâce à l’implication de toute une chaîne d’acteurs sur le territoire, organisent la production de masques, blouses, tabliers qui font défaut. Pour produire les 300 000 tabliers de protection en polyéthylène réclamés sous un mois, toute une chaîne de production se mobilise : la société Placel-Chupin (44, Sautron) notamment pour l'approvisionnement de la matière première, le spécialiste de la découpe de matériaux composites Omega Systèmes (44, Saint-Philbert-de-Grandlieu) pour une production immédiate après la validation du prototype par l’hôpital, le groupe de logistique Idéa pour les livraisons. En un mois, la mobilisation et la réactivité de tous ces acteurs ont permis de porter la production de zéro à 1,5, million de tabliers par semaine. Idem pour la production de blouses lavables qui a impliqué la société Cairn (44, Treillières) et des lycées professionnels. 

Selon le coprésident de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de la Sarthe, les artisans et ouvriers du Bâtiment sont contraints d'arrêter les chantiers en cours : fermeture des chantiers publics, refus d'accès des particuliers ou des maîtres d'ouvrage sur les lieux de rénovation (sauf interventions d'urgence) ou de construction, fermeture des fournisseurs de matériaux et stocks épuisés… et surtout sécurité des ouvriers non assurée (pas de masques, outillage commun…). 95 % de l’activité du Bâtiment est à l’arrêt, d'après Norbert Pinto, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) en Loire-Atlantique  (507 entreprises, 14 000 salariés sur 24 000). Après échanges avec la Préfecture de la région Pays de la Loire, la Capeb et la FFB des Pays de la Loire ont obtenu que les entreprises du BTP puissent bénéficier du dispositif de chômage partiel. Seules quelques entreprises artisanales du secteur tournent au ralenti pour assurer des dépannages ou travailler en atelier.

À la suite d’un accord entre organisations professionnelles du BTP et le gouvernement du 21 mars, certains chantiers pourraient redémarrer, même s'ils seront très difficiles à mettre en œuvre du fait de la co-activité dans le bâtiment. Pour donner un cadre à cette reprise, l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) a rédigé, en lien avec les organisations professionnelles d’employeurs, un "guide de préconisations de sécurité sanitaire", validé par le gouvernement et les fédérations professionnelles du secteur. Après la publication de ce guide, les professionnels du BTP sont néanmoins confrontés à de multiples difficultés qui freinent la reprise (manque de masques, chantiers publics fermés difficultés d'approvisionnement et de transport…). Une vraie reprise ne pourra avoir lieu, en effet, que lorsque chaque acteur pourra répondre présent : délivrance du permis, gestion des chantiers, fournisseurs…
À l’issue d’une visioconférence, le 10 avril, entre le préfet de la Sarthe, Patrick Dallennes, et les acteurs du bâtiment, Dominique Le Mèner, président du conseil départemental, a affirmé sa volonté de reprendre les chantiers. Pour la Fédération du bâtiment de la Sarthe, les conditions de reprise ne sont pas remplies, notamment du fait du manque d’équipements de protection pour les salariés. Elle ne pourra être que partielle et progressive. Par ailleurs, les mesures de protection vont engendrer une perte de productivité que la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb 72) a estimée à 30 %.
Selon une enquête menée par la Confédérations des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) des Pays de la Loire du 10 au 13 avril auprès de 1 350 entreprises du secteur, 41 % des entreprises du BTP sont à l'arrêt et 45 % souffrent d’une activité ralentie. L’incapacité à protéger les salariés, l’impossibilité d’accéder aux chantiers (refus du client…) et les difficultés d’approvisionnement sont les principales raisons invoquées par les dirigeants.
Pour relancer l'activité, le Département de Loire-Atlantique annonce fin avril un plan de relance de 21 M€ sur deux ans, pour soutenir l’activité des entreprises du BTP. Il prendra la forme d'investissements supplémentaires pour l'entretien des routes départementales et des voiries communales, la transition énergétique, le logement social et la construction d’habitats neuf. Il s’assortira d’un versement d’avances équivalentes à 60 % du coût des travaux en début de chantier, afin d’apporter de la trésorerie aux entreprises titulaires des marchés du Département.
Pour accompagner la relance du BTP, le département de Maine-et-Loire a redémarré à la mi-avril la plupart des travaux qui étaient à l’arrêt depuis le 17 mars (chantiers de rénovation ou de reconstruction de collèges et travaux routiers). La collectivité consacrera 81 M€ dans les gros travaux en 2020, dont 53 m€ pour les collèges et les routes, soit une hausse de 15 % par rapport à 2019.
La Fédération française du bâtiment de Vendée (FFB 85) annonce fin avril la reprise de 9 entreprises sur 10, mais en mode dégradé, la plupart avec 50 % de leurs effectifs.

En raison de la crise sanitaire, la majorité des chantiers du réseau ferré national a été suspendue à compter du 17 mars : les agents SNCF se sont mobilisés pour permettre la circulation des trains essentiels à la Nation, avec une priorité aux trains de fret et aux TGV médicalisés. À partir de la mi-avril, certains chantiers ont progressivement repris, en fonction de la disponibilité des équipes, mais aussi du matériel et des matières premières.

Concernant les grands chantiers de travaux publics (travaux routiers notamment), le confinement a obligé les entreprises intervenantes à stopper leur activité, en raison de l'indisponibilité du personnel, de difficultés d’approvisionnement en matériaux et en produits sanitaires, et enfin d'une nouvelle organisation à mettre en place pour respecter les gestes barrière. La reprise est progressive à partir de la mi-mai. À titre d'exemple, le groupe Luc Durand (49, Pruillé, 400 salariés) a réintégré 10 personnes par jour à compter du 20 avril, sur une durée d'un mois pour retrouver la presque totalité de ses effectifs. Un plan de reprise organise la sécurité, par type de chantiers et de fonction dans l'entreprise, et prévoit une formation de chaque salarié avant toute réintégration. Bien que le retard accumulé pendant la crise offre une charge de travail importante, la direction s'inquiète pour les futurs chantiers : les collectivités, qui comptent pour une grande part des donneurs d’ordre, n’engagent pas de nouveaux projets et retardent à plus tard les prises de décisions car les élections municipales ne sont pas terminées.

Activité de délivrance de produits de première nécessité, l'industrie agroalimentaire module sa production : une sous-activité se concentre sur les entités travaillant avec le secteur de la restauration, alors que la demande reste forte avec les clients de la grande distribution. Tous doivent reventiler leurs équipes et s’adapter en urgence pour livrer les grandes surfaces.

Les entreprises qui tournent à plein régime

Fleury Michon (2 450 salariés présents sur 2 500), en Vendée, rapporte une augmentation de 20 à 30 % des livraisons de produits en charcuterie et de plats cuisinés et produit 6 jours au lieu de 5 sur 7. En revanche, les activités catering aérien et livraison de plateaux-repas sont en forte diminution. Depuis mi-mars, l'entreprise a recruté 115 personnes en intérim afin de répondre au boom de la demande de jambons préemballés et de surimi, et compenser les absences du personnel. Parallèlement aux embauches temporaires, le groupe a dû redéployer des salariés de son usine de Mouilleron-en-Pareds, spécialisée dans les plats cuisinés peu vendus en période de confinement, vers celles de Pouzauges et Chantonnay.
Le groupe coopératif agro-industriel Cavac (450 salariés présents, 5 000 agriculteurs sociétaires), qui a vu son activité s'envoler (+ 10 à 50 % pour ses adhérents Biofournil, Bioporc, Atlantic alimentaire…), élargit également ses horaires de production. La demande sur coopcorico.fr, son site e-commerce alimentaire local, a décuplé grâce à son service de livraison à domicile. Après deux mois de crise, le groupe Cavac estime qu'il a bien résisté à la crise car il répond à des besoins de première nécessité via la Grande et moyenne distribution (GMS) et les réseaux spécialisés. Il rencontre néanmoins des problèmes de débouchés dans les filières viandes orientées vers la Restauration.

Socopa viandes (72, Cherré, 1 500 salariés), dans l'activité d'abattage et de transformation de bœufs en produits élaborés frais ou surgelés, tourne à plein régime et s’apprête à embaucher 200 à 300 personnes pour la saison d’été, de mars à fin août. Dans les bureaux, les employés travaillent en 2x8.

La minoterie Soufflet (44, Pornic, 23 salariés) travaille toujours en 3x8 : réception maintenue des camions chargés de blé (85 000 tonnes de blé par an) et poursuite de la production de farine destinée aux industriels de l’agroalimentaire (65 000 tonnes de farine produites par an).
La minoterie Trottin (72, Yvré L’Évêque) a doublé sa production (200 kg à 300 kg habituellement). Comme pour d’autres producteurs locaux, l’entreprise voit arriver de nouveaux clients (grande distribution et épiceries).

Europe snacks (85, Saint-Denis-la-Chevasse et 49, La Séguinière, 2 000 salariés), leader français sur le marché des produits salés apéritifs pour marque de distributeur, voit ses commandes exploser de 30 % avec le confinement. Même si une vingtaine de volontaires ont délaissé provisoirement leurs postes habituels pour renforcer la production, la société recrute une soixantaine de postes (conducteurs de machines et de lignes, agents de maintenance, pétrisseurs), dont une dizaine en CDI, et le reste en CDD ou en intérim.

La conserverie Gendreau (85, Saint-Gilles-Croix de Vie, 250 salariés) annonce un plan de 200 recrutements d'opérateurs de production, dans le cadre de son habituelle saison de sardines de juin à fin octobre.

L’usine de pain de mie et de brioches Harrys (85, Talmont-Saint-Hilaire, 320 salariés, groupe Barilla) a augmenté sa production de 25 % (2 800 à 3 500 tonnes) pour faire face à la demande des particuliers.

Les entreprises qui souffrent

LDC (siège dans la Sarthe, pôles volaille et traiteur sur plusieurs sites, 18 500 salariés) constate un retrait de son activité, en dépit d’un surcroît de ventes constaté dans les Grandes et moyennes surfaces (près de 50 % du chiffre d’affaires du groupe), lors des premières semaines de confinement. Les ventes dans les GMS ont connu en effet une hausse de 15 % en avril, quand celles de la restauration collective et commerciale ont chuté de 30 % sur la même période, ce qui s'est traduit par une activité en retrait à l’échelle du groupe. En Sarthe, environ 400 salariés sont passés en télétravail et 200 ont été concernés par du chômage partiel.

Sa filiale Maître coq (85, Saint-Fulgent, 800 salariés) annonce également une croissance limitée de 2 %, du fait de l'arrêt des débouchés vers la restauration collective et la préparation de volailles pour les rayons rôtisserie de la grande distribution. Il évoque également une baisse de sa rentabilité en raison de la concentration de sa production vers les produits de base à faible valeur ajoutée.

La Mie Câline (85, Saint-Jean--de-Monts, 300 salariés), fabricant et franchiseur du réseau La Mie Câline (production de produits boulangers, pâtissiers et traiteur), tourne au ralenti. Sur ses 235 magasins franchisés, 85 ont décidé de fermer leur porte, en raison de leur chute de leur chiffre d'affaires de 60 %, mais aussi des règles de protection des employés non assurées. Conséquences : un stock correspondant à 30 jours de distribution, au lieu de 12 habituellement, une production à suivre dégradée pour assurer le déstockage (- 90 % de la production début avril).

Le fromager Beillevaire (44, Machecoul, 133 salariés) se réorganise : alors que les marchés ne sont plus autorisés et que l'exportation de ses produits a chuté, le groupe propose le "mail and collect" (mise à disposition de commandes dans les boutiques de Machecoul, Nantes, Angers, Les Sables-d’Olonne et les 14 boutiques parisiennes) et l'envoi de colis par une filiale de La Poste (Chronofresh).

L'industrie laitière est confrontée à une double problématique : forte hausse de la production favorisée par une saison douce et chute des ventes (débouchés en berne dans la restauration, la confection de fromages et l'export). L'interprofession laitière (Cniel) a annoncé au 31 mars une enveloppe de 10 M€ pour les éleveurs qui réduiraient leur production. Le groupe Lactalis (1 300 producteurs bretons, ligériens et normands) demande à ses adhérents de modérer leur production laitière car il ne sera pas en mesure d'absorber l'ensemble du lait des producteurs dans les semaines à venir. Le site de Charchigné (53, 380 salariés) tire néanmoins son épingle du jeu car il a dû augmenter sa production d’emmental râpé pour répondre à la demande des grandes et moyennes surfaces. À l’échelle du groupe, il existe 250 postes à pourvoir pour répondre à des besoins immédiats et préparer l’après-confinement. La laiterie St-Père (44, 340 salariés), propriété du groupe agroalimentaire Les Mousquetaires, a continué sa collecte auprès des éleveurs et sa production, en renforçant les mesures d'hygiène et en adaptant la gamme de produits laitiers aux besoins alimentaires essentiels. La coopérative laitière d'Entrammes (53), qui a subi un fléchissement de 60 % de ses ventes de lait et fromages bio fin mars du fait de la saturation des marchés, travaille à trouver des débouchés en urgence en enrichissant sa gamme de produits laitiers et en mobilisant le réseau de commerces locaux.

Le producteur d’huile La Tourangelle (49, Allonnes, 60 salariés) a connu une baisse d’activité de 40 % et a dû s'adapter en renforçant son référencement dans les drives et ses ventes à distance, dont à l'export.

Le groupe coopératif Terrena (21 500 agriculteurs adhérents et 14 000 salariés en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire notamment), subit la baisse des ventes en consommation hors domicile, la fermeture de certains marchés et la perturbation sur les marchés export, non compensée par le fort pic d’activité dans la grande distribution la première semaine de confinement.

Certaines minoteries locales, qui fournissent les boulangers et les industriels en lien avec la restauration collective, connaissent une chute d'activité après un pic de la demande en début de période de confinement, alors que la demande explose dans les grandes surfaces qui importent ces produits.
D'après une enquête de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) réalisée du 24 au 27 mars, 7 entreprises sur 10 déclarent rencontrer des difficultés en matière de logistique et transport. 40 % d'entre elles se heurtent à des problèmes d’approvisionnement et 25 % de disponibilité de main-d'œuvre (taux d’absentéisme moyen des salariés évalué à 10 %). La moitié des entreprises sondées estiment un recul de leur chiffre d'affaires supérieur à 25 % et un quart supérieur à 50 %.

Les agences d'intérim recrutent pour assurer les remplacements au pied levé dans ce secteur. De nouveaux profils se présentent : des étudiants qui devancent les prochaines vacances scolaires, mais aussi des salariés en CDI issus d'entreprises d’autres secteurs, mis au chômage partiel, notamment des employés du Bâtiment.

Le marché automobile a chuté de plus de 72 % au plan national en mars pour deux raisons : la difficulté d’approvisionnement en pièces qui viennent souvent de l’étranger et la complexité à faire respecter les distances de sécurité sur les chaînes de montage. Les constructeurs et sous-traitants ont alors fermé de nombreuses usines et les recours au chômage partiel ont été massifs : 

  • fermeture des sites de Renault (72 Le Mans, 2 200 salariés) sauf personnel de gardiennage et de maintenance ; reprise progressive le 20 avril ; au 4 mai : 900 salariés sur site, plus de 1 000 au chômage technique et 300 en télétravail ; à la mi-mai, l'usine fonctionne en 2X8 et à hauteur de 50-60 % de la production d’avant Covid.
  • arrêt de production du constructeur de poids lourds Scania (49, Angers, plus de 500 sur les 760 agents de production au chômage partiel), télétravail pour les administratifs, redémarrage progressif le 27 avril,
  • fermeture de Michelin Cholet (49, 1 450 salariés) et de la Roche-sur-Yon (85, 619 salariés). À Cholet, les salariés reprennent progressivement le travail à partir du 14 avril. En avril, l'usine va produire 45 000 enveloppes (pneumatiques en attente de cuisson), contre 400 000 en temps normal et devrait repartir à mi-cadence en mai.À La Roche-sur-Yon, l'usine réouvre le 4 mai pour assurer des activités de post-production (contrôle des derniers pneus produits, vidage des circuits…), accueillir les salariés en reclassement et faire aboutir leurs projets de reconversion. Le site ne relancera pas de nouvelles productions, du fait de la fermeture du site à la fin 2020.
  • fermeture des ateliers chez l'équipementier Valeo à La Suze-sur-Sarthe (72, 430 salariés, 100 intérimaires), mais maintien de la production sur le site de Sablé (72, 350 salariés, 150 intérimaires),
  • quasi-fermeture du constructeur carrossier de véhicules utilitaires Gruau (53, Saint-Berthevin, 500 salariés) : maintien des fonctions support en télétravail et de la production liée aux véhicules de transport de matériel médical, accélération du déploiement de sa plateforme numérique de formation interne, qui propose aux salariés volontaires des modules de formation, en formats courts ou longs, de management, santé sécurité ergonomie au travail, langue anglaise, bureautique, culture digitale…
  • fermeture de Manitou à Ancenis (44, 2 100 salariés), hors activités de pièces de rechange, de support clients et certaines fonctions centrales,
  • fermeture des ateliers chez le motoriste Man Energy Solutions (44, Saint-Nazaire, 650 salariés) et mise en place du télétravail,
  • fermeture du sous-traitant automobile Lydall à Saint-Nazaire (44, 100 salariés),
  • fermeture du sous-traitant automobile NTN Transmissions Europe à Allonnes (72, 700 salariés),
  • fermeture du fabricant de vérins hydrauliques SAH Leduc à Ligné (44, 250 salariés),
  • fermeture du fabricant de matériel agricole Claas au Mans (72, 690 salariés) jusqu'au 20 avril (télétravail pour une majorité du personnel) ; à la reprise, l’ensemble des mesures de protection nécessite une baisse de la cadence habituelle de production, soit 35 tracteurs produits par jour, contre une cinquantaine en temps normal. Une perte potentielle de 1 000 engins est évaluée sur la période d'arrêt de production.
  • production au ralenti du fabricant de machines agricoles Kuhn-Huard (44, Châteaubriant, 460 salariés) : activité réduite à la finalisation de quelques commandes urgentes, aux services après-vente et de pièces de rechange, ainsi qu’à la maintenance de l’outil industriel. Reprise progressive, puis normale fin avril.
  • réouverture du fabricant de systèmes de fixation pour l'industrie aéronautique et automobile Arconic (72, Saint-Cosme-en-Vairais, 600 salariés) le 6 avril, malgré un taux d’absentéisme de 30 %.
  • réouverture du spécialiste des véhicules militaires Arquus (44, Saint-Nazaire, 230 salariés), après trois semaines d'arrêt.

Airbus (2 700 salariés permanents à Bouguenais et 3 200 à Montoir-de-Bretagne), après avoir suspendu de façon temporaire ses activités de production et d'assemblage, reprend partiellement son activité, avec 5 à 10 % de l’effectif présent le 23 mars (principalement des managers et quelques "cols bleus" volontaires), voire 20 % le 25 mars, si toutes les mesures de protection en test sont validées. L'avionneur n'envisage pas de chômage partiel, mais l'utilisation du temps capitalisé pour les agents de production en arrêt et du télétravail pour les "cols blancs". Dans le même temps, plusieurs compagnies aériennes ont demandé à différer les livraisons d'avions de ligne et d'hélicoptères, même si la plupart continuent à payer leurs acomptes. Pour s'adapter à cette conjoncture, Airbus a annoncé une réduction d'environ un tiers des volumes mensuels de production pour ses avions commerciaux.
Son sous-traitant, Stelia aerospace à Saint-Nazaire (960 personnes) annonce une reprise partielle de ses activités après un arrêt de quatre jours.
À Sainte-Luce-sur-Loire (44), Vibraye (72) et Sablé-sur-Sarthe (72), l'équipementier Mécachrome (400 salariés en Pays de la Loire) ferme ses usines jusqu'au 22 mars pour désinfection, tandis que les équipes support télétravaillent. La PMI, qui travaille pour Airbus, Boeing, Safran, Rolls Royce… est touchée de plein fouet et fait travailler au mieux 30 à 40 % de ses effectifs, les autres étant au chômage partiel.
Au 6 avril, Airbus redéploie les salariés sur l'activité liée aux A320 et l’A350 : à Gron Saint-Nazaire, ils sont déjà 600 en production (sur 1 800), 1 500 en télétravail (sur 1 700). Les co-traitants embrayent derrière : Daher, Simra, Spirit
Au 17 avril, après délibération lors d'un comité social et économique (CSE) central extraordinaire, l'avionneur rend effective la réduction d'un tiers des cadences sur les avions commerciaux et instaure un chômage partiel par roulement du 20 avril au 17 mai (soit 2 500 salariés concernés à Saint-Nazaire et 800 à Bouguenais).
Lors d'un Comité social et économique (CSE) le 14 mai, Airbus a entériné l’extension et la généralisation de l’activité partielle : le temps de travail sera amputé en moyenne de 25 %, avec de fortes variations selon les services, en lien avec les baisses de cadence annoncées en avril.
Les résultats d'Airbus au 1er trimestre 2020 affichent une perte de 15,2 % du chiffre d'affaires sur un an. Avec 122 avions commerciaux livrés sur la période, ce sont 40 de moins qu'au 1er trimestre 2019 : la pandémie a bloqué la livraison de 60 appareils.
Par un effet de cascade, les sous-traitants de l'Aéronautique sont secoués par les turbulences des avionneurs (chez Boeing et Airbus notamment). Ils ont dû réduire leur cadence de production de plus de 40 % et placer leurs salariés en chômage partiel, sans pour le moment avoir de perspective et de plan de charge. Selon un sondage réalisé par le réseau d'entreprises Neopolia, 90 % des PME adhérentes ont constaté une baisse d'activité d'au moins 20 %, 35 % sont à moins de 50 % et certaines ont même déclaré une baisse d'activité de l'ordre de 80 %.Dans la Sarthe notamment, trois entreprises sont impactées : Alcoa, spécialisée dans les systèmes de fixation, qui s'attend à devoir adapter le niveau d’activité sur une durée de 2 ou 3 ans, Mécachrome qui évoque une baisse d’activité dans le domaine aéromoteur de l’ordre de 40 à 50 % et le fabricant de connectiques Souriau, qui reste néanmoins confiant grâce à ces autres marchés de la défense et de l’espace. En Loire-Atlantique, la PME Bene Solutions (44, Besné, 110 salariés), qui intervient pour 50 % de son chiffre pour l'Aéronautique, se trouve fin mai à 30 % de son niveau d'activité habituel, mais espère redémarrer grâce aux secteurs de la défense, du spatial et l’énergie.
Selon l'agence de développement économique régionale Solutions&co, la filière compte 80 établissements dans les Pays de la Loire et emploie 13 700 salariés. L’agence recense de surcroît 146 autres établissements travaillant en partie pour ce marché avec 9 700 salariés.

Les Chantiers de l'Atlantique (44, Saint-Nazaire, 3 300 salariés), après avoir arrêté ses ateliers de fabrication (tôlerie, fabrication des sous-stations électriques et des cabines) et placé 1 000 salariés en Aménagement et réduction du temps de travail -ARTT- la semaine du 16 au 20 mars, a entériné l’arrêt du travail, à compter 20 mars au soir, pour tous les salariés œuvrant à bord des navires (personnels des Chantiers et des entreprises sous-traitantes) et fait une demande de chômage partiel auprès de la Direccte. Seuls les employés des bureaux d’études et quelques fonctions support continuent leur activité via le télétravail.

L’interruption temporaire vaut aussi pour les ateliers de fabrication du chantier, Anemos et l’usine de cabines de Brais. Du 23 au 25 mars, les salariés des secteurs à l'arrêt ou en baisse d'activité ont été placés en Accord de réduction de temps de présence (ARTP) employeur (un accord qui prévoit certains jours imposés par l'employeur, propre à l'activité en continu du chantier). Les employés des bureaux d’études et quelques fonctions support continuent leur activité via le télétravail (500 salariés) ou sur place (200 salariés). Le constructeur naval a choisi de ne pas avoir recours au chômage partiel pour les "cols blancs", mais aux jours de RTT et aux congés. Il gèle également les recrutements et les renouvellements de CDD jusqu’à nouvel ordre.

Le 14 avril, la direction des Chantiers de l'Atlantique envisage une reprise globale de l'activité sur le site de Saint-Nazaire à compter du 11 mai (sous-traitants inclus avec 25 % de leurs effectifs). Cette reprise a été précédée d'un redémarrage partiel des activités de production (ateliers et bord) à partir du 27 avril, avec un maximum de 50 % de l’effectif de production présent sur site et des plages de travail alternées à bord (soit 2 000 travailleurs, coréalisateurs inclus). Il se fait sur la base du au volontariat, sous réserve de la disponibilité des protections adaptées et de l'approvisionnement en matériel. Le 12 mai, 90 % de l’effectif de production était au travail. Le chantier naval n’enregistre aucune annulation de commande de bateaux de croisière.

Naval group (44, Indret, 1 500 salariés) a arrêté sa production et n'assure que la maintenance des sous-marins et les essais à bord. 700 salariés sont au chômage partiel. Le groupe du naval de défense a repris progressivement son activité courant avril. Début mai, 70 % des effectifs ont repris le travail sur le site ou en télétravail, avec une cadence réduite. 

Bénéteau, constructeur de bateaux de plaisance et de mobile homes, ferme ses 16 usines vendéennes (4 000 employés), tout comme Fountaine Pajot, Dufour Yachts ou Catana. Reprise progressive des ateliers vendéens de Béneteau, du constructeur de voiliers aluminium Alubat et du spécialiste de la protection nautique NV équipement le 27 avril. 

Concernant le groupe Ocea (85, Les Sables d'Olonne et Fontenay-le Comte – 44, Saint-Nazaire, 350 salariés), spécialisé dans la construction navale en aluminium, le chantier naval des Sables-d’Olonne a fermé. Le constructeur de bateaux haut de gamme Privilège marine (85, Les Sables d'Olonne, 150 salariés) a maintenu une activité tout au long de la crise en mode dégradé. Pour honorer son carnet de commandes, l'entreprise recrute. 

Le constructeur d’éoliennes offshore General electric (44, Saint-Nazaire) a maintenu son activité. Alors que le fabricant de nacelles géantes doit livrer 80 machines avant fin 2021 (dont une vingtaine en 2020) pour la ferme éolienne prévue au large du Croisic, il devrait embaucher 150 à 200 personnes dans les prochains mois. Selon le président de la branche Énergies marines renouvelables (EMR) du groupement d’entreprises Néopolia, "contrairement à l’automobile ou l’aéronautique, les entreprises du renouvelable et des EMR vont être assez peu impactées car elles sont certaines d’avoir du travail. Avant la crise, les EMR étaient un levier de croissance des entreprises. Après, elles seront un levier de survie".

Le fabricant de produits électroniques Lacroix (1 200 salariés) annonce procéder à la fermeture totale de son usine de Saint-Herblain (44) et majoritaire à Saint-Pierre Montlimart (49), ceci afin de s'adapter à la baisse de son carnet de commande et à la fermeture de sites clients.

Éolane (49, Combrée, 350 salariés), fabricant de produits électroniques, a relancé plusieurs lignes de production de pièces destinées aux secteurs de la santé, de l’énergie, du transport et de la sécurité. Le site, qui produit notamment des ventilateurs médicaux, a fait un appel aux volontaires pour étoffer son équipe de 10 salariés dédiée à cette ligne de production.Elle participe depuis fin mars à la production des 10 000 respirateurs commandés par l’État. Avec l'appui de nombreux industriels (outillage, composants électroniques, réseau internet…), Éolane est parvenu à sortir 400 respirateurs par jour, samedis et jours fériés compris.

L'entreprise Cogelec (85, Mortagne-sur-Sèvre, 208 salariés), spécialisée dans le contrôle d’accès dans l’habitat collectif, maintient la continuité de services à ses clients, tout en plaçant une partie des salariés en télétravail, congés ou chômage partiel.

BeLink Solutions (72, La Ferté-Bernard, 240 salariés), fabricant de composants électroniques pour le secteur de l'automobile, a arrêté son activité, du fait d'un marché automobile en berne.

Emka Electronique (49, Noyant-le-Gravoyère, 70 % des 50 salariés en activité) s'adapte pour répondre à une demande multipliée par 30 des cartes électroniques entrant dans la composition de respirateurs d’air médicaux : 200 unités par mois sortent habituellement de leurs ateliers, 6 000 sont réclamées de suite. L'entreprise fabrique aussi des nettoyeurs et désinfecteurs : pour une cadence mensuelle habituelle de 50 pièces par trimestre, la commande actuelle atteint 800 pièces.

La PME Octopus Robots (49, Cholet) relance sa production de robots de désinfection à destination de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution, alors que le projet avait été abandonné en 2012, faute de débouchés. Le fabricant, qui doit répondre à une forte demande au plan mondial, va vendre des licences à des sociétés étrangères pour un déploiement rapide des systèmes.

Le spécialiste de la robotique mobile MG Tech (85, les Achards, 160 salariés), en partenariat avec Shark Robotics (17, Aytré), propose aux industriels un robot mobile de décontamination capable de décontaminer 20 000 m² de surface en 3 heures.

Le concepteur et fabricant de purificateurs d'air NatéoSanté (44, Saint-Hilaire-de-Chaléons, 15 salariés) a multiplié par cinq sa cadence de production pour répondre à la demande mondiale et fait travailler des sous-traitants locaux. 
Ametra Integration (ex Anjou Électronique) (49, Longué-Jumelles), entreprise de conception, production et intégration d’ensembles électriques et électroniques, commence à manquer de matières premières et de commandes clients et devrait tourner autour de 50 % de ses capacités de productions en avril-mai.

Le fabricant de connectiques pour l’aéronautique Souriau (72, Champagné et La Ferté-Bernard, 950 salariés) a réouvert le 6 avril avec 15 % de l’effectif, puis à 35 % à la mi-avril.

Selon une enquête lancée par l'Union des Industries et métiers de la métallurgie (UIMM) du Maine-et-Loire le 25 mars, 67 % des 96 entreprises sondées du secteur Métallurgie déclaraient avoir fermé dès le 17 ou le 18 mars, 64 % seraient ouvertes depuis le 6 avril, Parmi les entreprises fermées ou en baisse d'activité, 50 % ont opté pour des mesures de chômage partiel et 60 % pour des congés payés. 65 % des entreprises ouvertes estiment leur activité actuelle à moins de la moitié de la période habituelle. Au 14 avril, le secteur a amorcé une reprise avec plus de 80 % des entreprises ouvertes en Maine-et-Loire. En Loire-Atlantique, l'UIMM dresse le constat d'une fermeture de l'ordre de 80 % des entreprises industrielles.

L'entreprise Halgand de Saint-Brévin-les-Pins, spécialisée dans l'usinage et la chaudronnerie de pièces pour l'aéronautique (260 personnes en France) a également fermé ses portes. Après une ouverture le 30 mars, la PME est contrainte de fermer deux jours par semaine, faute d'activité.
La société d'équipements de soudage et de réparation de carrosserie Gys, basée à Laval (600 salariés) a réduit à 30 le nombre des salariés encore en activité (expéditions et support) puis a réouvert progressivement fin avril car elle avait anticipé ses commandes d'équipements de protection.
1er et 2e fabricants européens de contrepoids en fonte, la Fonderie et mécanique générale castelbriantaise-FMGC (44, Châteaubriant, 400 salariés) a choisi de fermer deux semaines, tandis que Bouhyer (44, Ancenis, 250 salariés) poursuit sa production.
Pour le groupe vendéen Cougnaud (85, Mouilleron-le-Captif, 1 500 salariés sur 6 établissements), leader français de la construction modulaire industrialisée, près de 1 200 salariés sont concernés par des mesures de chômage partiel, dont environ 800 en Vendée. Il en n'a pas moins livré, en 24 heures, cinq modules de consultation au centre hospitalier Loire Vendée Océan, à Challans.
À l'inverse, Le groupe angevin ARBM (49, Chemillé, 140 salariés dans 5 entreprises en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique), spécialisé dans la mécanique de précision et l'usinage, a reçu commande de 7 500 pièces pour la fabrication des respirateurs artificiels d’Air Liquide Medical System, ce qui représente l’équivalent de la demande semestrielle de son client en période normale. Son usine Ouest Décolletage poursuit donc son activité.
Chez France Fil international (49, Saint-Clément-des-Levées, 90 salariés), spécialisé en solutions de stockage en acier, la moitié des salariés est en chômage partiel ou en garde d’enfants. L’activité se poursuit à hauteur de 60 % mais les commandes diminuent.
L’entreprise A. Fabre (49, Saumur), spécialisée dans la fabrication de pompes, la mécanique de précision et la tôlerie industrielle, poursuit son activité (télétravail et rotation présentielle pour le personnel administratif, postes de travail espacés pour les soudeurs), soutenue par le travail de coordination de la Communauté d’agglomération Saumur Val de Loire et la mise en réseau des entreprises du secteur.
La Tôlerie industrielle de la Mayenne (53, Ernée) réalise une commande inédite de matériel médical pour les hôpitaux : 3 000 supports pour des chariots d’isolement et 7 000 bacs à intégrer, ce qui représente six semaines de travail intensif.
Laser 49, à Ecouflant, a conservé son activité de découpe laser sans interruption depuis le début de la crise sanitaire. Sa disponibilité a même permis à la PME angevine de décrocher un nouveau marché auprès d'un fabricant nantais de distributeurs de solution hydroalcoolique.
Amada (72, Château-du-Loir, 160 salariés), le fabricant de presses plieuses et de cisailles pour le travail de la tôle, a réduit de moitié la production de l’usine pendant la période de confinement et mis en place le chômage partiel. Les livraisons destinées pour 75 % à l'export ont été repoussées.
Le sidérurgiste ArcelorMittal (44, Nantes, 400 salariés) tourne à plein régime, après un arrêt d'une seule semaine : l'usine est orientée vers la production de barquettes alimentaires en aluminium, produit en forte demande, à l’occasion de la période de confinement.

Dans la plasturgie, l'usine Nicoll de Cholet (600 salariés en chômage partiel sur des effectifs de 900 salariés) est également fermée depuis le 17 mars (télétravail pour les services support). Le service Logistique a repris partiellement au 1er avril pour expédier les commandes urgentes (34 salariés volontaires sur site). Au 11 mai, les salariés ont repris progressivement le travail en alternance entre chômage partiel et présence à l’usine, à l'exception du personnel administratif et commercial qui poursuit le télétravail.
Après une semaine d’arrêt, l’entreprise Alltub (72, Saumur, 215 salariés) spécialisée dans les tubes flexibles en aluminium (dont les deux tiers de sa production sont destinés aux secteurs pharmaceutiques et alimentaires) a redémarré son activité à 80 %. Son carnet de commandes est plein pour les deux prochains mois.
L’entreprise Hannecard (72, La Flèche, 146 salariés), experte en garnissage de rouleaux industriels, maintient 80 % de son activité, notamment grâce à la forte activité de ses clients de la conserverie, de l’industrie du papier, du médicament, du tissu et de l’alimentaire.
Spécialisée dans la fabrication de pièces plastiques pour le secteur Automobile, l'entreprise Vision Plast (72, La Flèche, 46 salariés), n'a pas été contrainte d’arrêter brutalement sa production et réouvre le 11 mai. Grâce à l’exportation, qui représente en général 70 % de son chiffre d’affaires, elle a pu lisser dans le temps sa baisse d’activité. Le dirigeant est confiant pour l'avenir car les constructeurs du secteur Automobile n’ont pas bloqué les programmes de véhicules.
Le plasturgiste Synoxis (44, Le Cellier, 40 salariés) lance fin mars une gamme de séparateurs de tables amovibles en plexiglas transparent pour Ehpad, pour que les résidents puissent respecter les règles de distanciation. Début mai, les demande de devis affluent et quelques commandes se concrétisent.
Le mouliste et plasturgiste Jean Bal thermoformage (49, Longué-Jumelles, 30 salariés), spécialisé dans la production d'emballages plastiques, s'est lancé dans la fabrication de 50 000 visières pour les collèges du Maine-et-Loire. Cette commande a permis de renflouer l'entreprise, dont le chiffre d’affaires avait chuté de 70 % en avril.
Team plastique (44, Châteaubriant, 150 salariés), spécialisé dans le thermoformage et l'usinage de pièces en matière plastique pour les secteurs aéronautique, automobile et nautisme notamment, tourne au ralenti et a mis 50 % de ses salariés en chômage partiel, par manque de commandes. Vingt contrats d'intérim n'ont pas été reconduits.

Une filière de production de surblouses de protection émerge au Mans pour répondre à un besoin immédiat de l’hôpital du Mans de 43 000 tenues. L’AD Gesti Catmanor (72, la Chapelle-Saint-Aubin), un Établissement et service d’aide par le travail (Esat), va ainsi fournir 30 000 pièces, via Dragamig, une plateforme mancelle de mise en relation entre créatifs et industriels, et à partir d'une une matière première fournie par CGMP (72, Tuffé).
Manulatex (49, Champtocé-sur-Loire, 95 salariés), fabricant d’Équipements de protection individuelle (EPI) pour l’agroalimentaire et l’agriculture, produit 4 000 tabliers de protection par semaine pour le personnel soignant et va installer une seconde ligne de production pour en augmenter la fabrication.
Les Mouettes vertes (75 et 53, Laval), fabricant de tabliers ou encore de sacs réutilisables en coton bio, va relocaliser le 4 mai une partie de son activité basée en Asie, à Laval. Cette implantation devrait permettre à l’entreprise de répondre ponctuellement à la demande grandissante de masques, avant de se réorienter vers son cœur d’activité. Quinze opérateurs avec une expérience de la couture sont recherchés en CDI ainsi qu'un responsable d’atelier.
La marque de textile Terre de Marins (49, La Séguinière, 120 salariés) a continué à tourner durant le confinement à effectifs réduits ou en télétravail, hors activités de distribution, pour préparer les collections futures.
La PME Toiles de Mayenne (53, St-Georges-Buttaven, 97 salariés), spécialisée dans la création, le tissage, la confection et la vente de tissus d'ameublement, a repris sa pleine activité mi-mai, après s'être lancée dans la fabrication de masques dans l'intervalle. 

Forte de plus de 31 400 salariés, dont 8 880 en Vendée et 8 320 en Loire-Atlantique répartis au sein de 7 100 établissements, la filière bois (négoce bois, ameublement…) des Pays de la Loire prend de plein fouet la crise du coronavirus. Seulement 12 % de ses entreprises conservaient une activité normale début avril. Selon Atlanbois, l’association de promotion du bois en Pays de la Loire, environ 20 % avaient retrouvé un fonctionnement normal à la mi-avril. Pour que la filière ne souffre pas trop, les acteurs insistent toutefois sur le principal enjeu : se fournir en matière première française, alors qu'actuellement 20 % du bois provient du nord de l'Europe.

Le fabricant de meubles Gautier (85, Boupère, 900 salariés), notamment, a fermé ses trois sites de production et mis tous ses effectifs au chômage partiel. Il tourne à nouveau à 100 % à compter du 11 mai, avec de nouvelles commandes à lancer, grâce à un réel engouement pour le made in France, mais aussi du fait d'une politique d'entreprise axée sur la flexibilité pour coller aux changements de consommation, la diversification (gamme des produits et canaux de distribution), la créativité et l'investissement dans son outil de production.
L'entreprise d’ameublement sur mesure Agem (72, Cherré, 270 salariés) a progressivement repris sa production le 22 avril après un arrêt de 4 semaines, du fait de la fermeture de ses revendeurs.

Dans le domaine de l'emballage, l'usine AR Packaging (49, Cholet, 200 salariés), spécialisée dans la fabrication d'emballages en carton, continue de tourner, avec une chute des débouchés pour la restauration rapide et une légère hausse pour l'industrie agroalimentaire.  

Le fabricant de boîte d'œufs Huhtamaki (85, l’Île d’Elle, 210 salariés) peine à répondre à la forte demande en France (30 à 40 % de commandes en plus), alors qu'elle connaît un taux d’absentéisme d’environ 20 % et une limitation de la cadence des machines, pour mettre en place des mesures de sécurité. Selon la société, si les rayons des supermarchés manquent de produits ce n’est pas dû à un manque d’œufs mais à un manque d'emballages.

La Papeterie Arjowiggins Le Bourray (72, Saint-Mars-la-Brière), fabricant aussi de ouate destinée aux masques et produits d’hygiène notamment, connaît un regain de commandes et fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 : les 116 employés sont en 5x8. Pour autant, l'usine ne peut pas envisager d'embauches, car "cela voudrait dire devoir être en proximité avec les nouvelles personnes pour pouvoir les former", indique la dirigeante.  

La raffinerie de pétrole Total de Donges (44, 650 salariés) produit à 70 % de ses capacités habituelles, pour respecter les mesures de prévention contre le Covid-19 et s'adapter à l’effondrement de la demande en produits pétroliers. Les deux tiers des services gestion-administration sont en télétravail, soit 200 personnes. Les 300 salariés de production restent en 3x8.

À la Sotapharm (72, La Ferté-Bernard, 80 salariés), entreprise qui fabrique des ampoules pharmaceutiques classés d’importance vitale, la production se poursuit.  

Dans le groupe Havéa (85, Boufféré, 700 salariés), concepteur et producteur de produits d'hygiène et de dermatologie, les salariés télétravaillent, sauf à la production où 130 employés sur 260 ont poursuivi leur activité par roulement.

Hemarina (29, Morlaix et 85, Noirmoutier), entreprise de biotechnologie, a mis au point une molécule spécifique issue du ver arénicole marin, susceptible d'éviter les intubations et les embouteillages de patients en réanimation. Elle a obtenu l'accord de l'Agence nationale française du médicament et des produits de santé (ANSM) pour lancer des essais cliniques dans deux hôpitaux de Paris.

Les laboratoires Brothier, fabricants de solutions de cicatrisations à base d’algues (72, Fontevraud, 65 salariés) fonctionnent avec un effectif réduit de moitié, mais les capacités de production se maintiennent pour faire face à la demande. Les laboratoires disposent réglementairement de matières premières pour les six prochaines semaines mais restent dans l’expectative concernant le travail des sous-traitants.

Le groupe nantais de bioanalyse Eurofins lance un kit permettant de détecter sur les surfaces le virus Sars-Cov-2, à l’origine du coronavirus, à destination des secteurs de la Santé ou encore de la Logistique. Il axe également sa production en vue de tester plus de 20 millions de patients par mois d'ici fin mai 2020.

Le laboratoire pharmaceutique GSK (53, Mayenne, 270 salariés) est resté mobilisé pour éviter une pénurie d’antibiotiques, essentiels pour traiter le Covid-19. Seules certaines fonctions ont pu basculer en télétravail.

L'institut Mérieux, qui devait implanter son sixième laboratoire de microbiologie à La Flèche (72) en janvier 2021 repousse l'ouverture à avril 2021, ainsi que les 150 recrutements annoncés sur 5 ans. En avril, 20 % des salariés de Mérieux NutriSciences sont en activité partielle (sur 850 équivalents temps plein), étant donné l'arrêt du secteur de la restauration. 

Biens pour l'habitat

Chez le fabricant de portes et fenêtres aluminium K-Line (85, Les Herbiers, 1 200 salariés) la production s'est arrêtée le 17 mars et a progressivement repris fin mars sur la base du volontariat, en concertation avec les syndicats professionnels. Début mai, les usines K-Line fonctionnent en 2x8, avant les 3x8 à partir de fin mai.

À l'inverse, le fabricant de mobilier hospitalier Villard Médical (72, Neuville-sur-Sarthe, 50 salariés) fait face à une hausse spectaculaire des commandes de chariots d’isolement et fait appel à la sous-traitance locale pour y répondre. Cela a permis notamment aux ateliers de peinture Sofame (53) de réouvrir.
De même, l’usine Winncare (85, Saint-Paul-Mont-Penit, 125 salariés) fabrique depuis le début de l’épidémie 190 lits médicalisés par jour dans le cadre du plan blanc (contre 130 habituellement). La PMI, qui souhaite renforcer ses effectifs se heurte à la difficulté d'embaucher des intérimaires dans le contexte actuel.

Le groupe Cetih (7 sites en Loire-Atlantique et en Maine-et-Loire, 1 300 salariés), fabricant de portes et fenêtres, se prépare à la réouverture progressive de ses sites : 80 % des salariés sont volontaires pour reprendre. Cette reprise se fait de manière concertée avec l’ensemble de la filière (le Snaf, l’organisation professionnelle représentative des fabricants et installateurs de menuiseries aluminium et l’Union des fabricants de menuiseries - UFME) et s'accompagne de mesures de sécurité sanitaire renforcées.

La menuiserie Janneau (effectifs groupe : 450 salariés) a remis en route le 8 avril ses deux sites de production, au Loroux-Bottereau (44) et à Saint-Germain-sur-Moine (49), à l'arrêt depuis le 18 mars. Seuls, environ 80 des 450 salariés permanents avaient poursuivi leur activité dont une majorité en télétravail : réceptions de marchandises, saisie de commandes, approvisionnements et services informatiques. L'entreprise se heurte à des difficultés de recrutement du personnel intérimaire habituel, formé et opérationnel, qui s'est tourné vers les secteurs qui fonctionnaient encore, agroalimentaire ou médical par exemple.

Océwood (85, Aizenay, 50 salariés), marque du groupe Océplast, fabricant d'équipements plastiques destinés à l'aménagement extérieur de l'habitat, à l’arrêt depuis le 20 mars, a repris sa production le 14 avril.
Après trois semaines de fermeture totale, le siège des menuiseries Bouvet (49, Longuenée-en-Anjou) a repris au cours de la semaine du 7 avril. Moins de la moitié des 700 collaborateurs assurent une activité très partielle.  
L’entreprise Véranda Rideau relance, le 20 avril, la production, de façon progressive et sur la base du volontariat, sur ses sites de fabrication de vérandas, à La Roche-sur-Yon (85, 210 salariés), et d’abris de piscine et d’abris de terrasse, à Saint-Mathurin (85, 52 salariés). Les itinérants (commerciaux, métreurs, poseurs) reprennent également. Le groupe vendéen Akena vérandas (85, Dompierre-sur-Yon, 400 salariés), spécialisé dans la fabrication et la pose de vérandas, a repris entre 50 et 60 % de ses activités de production, d'installation et de vente le 14 avril.

À l'inverse de la filière menuiserie, le fabricant de mobilier hospitalierVillard Médical (72, Neuville-sur-Sarthe, 50 salariés) fait face à une hausse spectaculaire des commandes de chariots d’isolement et fait appel à la sous-traitance locale pour y répondre. Cela a permis notamment aux ateliers de peinture Sofame (53) de réouvrir.  
De même, l’usine Winncare (85, Saint-Paul-Mont-Penit, 125 salariés) fabrique depuis le début de l’épidémie 190 lits médicalisés par (contre 130 d’habitude) jour dans le cadre du plan blanc. La PMI, qui souhaite renforcer ses effectifs se heurte à la difficulté d'embaucher des intérimaires dans le contexte actuel.  

Après 15 jours de fermeture, le groupe Atlantic industrie (85, La Roche-sur-Yon, 1 000 salariés), spécialisé dans les solutions de confort thermique (chaudières, chauffe-eau, pompes à chaleur...), reprend progressivement sa production sur la base du volontariat. Le point crucial reste le redémarrage des chantiers du neuf, impactés par le manque de sécurité sanitaire des équipes d'installation
Le fabricant d'équipements sanitaires Wirquin (44, Carquefou, 30 salariés) a maintenu sa production à 30 %, pour répondre à la demande en cours, et la logistique à 80 % grâce au stock de produits finis. Au sein de l'usine, 70 personnes travaillent en 2X8.

Le groupe Grolleau (49, Montilliers), fabricant de coffrets et d'armoires électriques en aluminium pour EDF, a réduit son activité avec 20 % de ses effectifs, puis a redémarré avec 70 % des 200 salariés sur place début mai. Le dirigeant espère embaucher de nouveaux intérimaires pour accompagner la reprise, à défaut de nouveaux salariés en CDI en stand-by.

Autres biens de consommation

A l’arrêt depuis le 20 mars, l’imprimerie Brodard et Taupin (72, La Flèche, 115 salariés) relance sa production de livres à partir du 14 avril. L’entreprise fonctionnera à environ 70 % de sa capacité avec 70 % à 80 % de ses effectifs salariés.

Spécialisée dans les équipements d’hygiène, le groupe JVD (44, Rezé, 120 salariés) a multiplié par 12 sa production de distributeurs de gel hydroalcoolique (60 000 par mois au lieu de 5 000). Unique fabricant français, l'entreprise a dû embaucher vingt intérimaires et travaille désormais en 2X8. Elle remporte un fort succès sur sa gamme de distributeurs connectés (détection d'une main sans toucher et alerte à distance pour le remplissage), dont la TAN à Nantes a déjà équipé certains tramways.

Bobet (72, Champagné, 320 salariés), spécialiste des fournitures spécifiques pour les industries de la viande, ajoute à sa gamme des distributeurs de gel hydroalcoolique sans contact. Alors que cet équipement avait déjà enregistré 1 000 commandes 6 jours après son apparition au catalogue de la marque, l'entreprise table sur une implantation durable de ces appareils à l'entrée des industries, magasins et autres établissements accueillant du public.

La Savonnerie de l'Atlantique (44, Rezé, 45 salariés) a doublé sa production de savons depuis fin mars. Pour 35 tonnes produites par jour, 50 sont vendues quotidiennement grâce au stock existant.

Secteur tertiaire

Les boulangeries ferment, réouvrent ou se réorganisent, avec une offre restreinte et des horaires différents, malgré le placement en chômage partiel d'une partie du personnel. Selon le président de la Fédération de la boulangerie-pâtisserie de la Sarthe, la perte de chiffre d’affaires va de 20 à 80 %, en raison de l'arrêt de production des pâtisseries, sandwichs, fournitures aux cantines et restaurants.

À Challans, une chaîne de solidarité se met en place pour que les chocolatiers puissent écouler leurs produits de Pâques, via les boulangeries et autres commerces de proximité. Au Mans, la plupart des points de vente de chocolats ont fermé boutique et renvoyé les employés chez eux, alors que les chocolats de Pâques sont déjà produits depuis longtemps et que cette période représente d’un quart à un tiers du chiffre d’affaires annuel des chocolatiers. D'autres chocolatiers réouvrent leurs boutiques avec des horaires restreints et/ou déploient dans l’urgence des solutions alternatives pour écouler leurs chocolats : livraison à domicile, expédition par La Poste, retrait à l’atelier…
Selon la chambre professionnelle des charcutiers de la Mayenne, les artisans charcutiers-traiteurs, qui ont perdu au minimum 30 % de leur chiffre d'affaires du fait de la raréfaction des clients, appliquent des mesures de chômage partiel.

Les Marchés d'intérêt national (MIN) de Nantes et d'Angers, ouvrent exceptionnellement leurs portes au grand public pour compenser le quasi-arrêt des livraisons (sauf aux maisons de retraite). Le 11 mai, le MIN de Nantes est de nouveau ouvert aux horaires habituels aux acheteurs professionnels.

Les grossistes en fruits et légumes ont un bon niveau d'activité, puisqu'ils alimentent les grandes et moyennes surfaces assaillies de clients et livrent également à domicile.

Les supermarchés et hypermarchés font face à une explosion des achats dans leurs surfaces ouvertes au public et auprès des services "Drive", en dépit de personnels manquants pour raison de santé ou de garde d'enfants. De plus, ils doivent mettre en place plusieurs dispositions pour assurer la sécurité sanitaire des employés et des clients. Cependant, deux semaines après le début du confinement et en fonction de leur taille et de leur implantation, les grandes et moyennes surfaces ne sont pas toutes logées à la même enseigne : les hypermarchés connaîtraient plutôt une baisse contrairement aux magasins de proximité, pour qui l’activité décollerait.

Un décret ministériel paru le 24 mars interdit la tenue des marchés, couverts ou non. Le préfet peut, dans certains cas, accorder une autorisation d’ouverture répondant "à un besoin d’approvisionnement de la population", notamment dans les communes sans autres points de vente alimentaires. Certains petits producteurs ou commerçants adoptent le commerce en ligne. Depuis le 30 mars, les dérogations se multiplient néanmoins (69 autorisations en Loire-Atlantique sur 158 marchés habituels), avec une quinzaine de marchands au maximum et des conditions drastiques de sécurité. Point dans les cinq départements ligériens sur le site de France 3 Pays de la Loire.

Les commerces de proximité pâtissent de la ruée presque exclusive des consommateurs vers les grandes surfaces de distribution et de nouvelles habitudes de consommation qui privilégient les produits de longue conservation, au détriment des produits frais. Pour trouver un nouveau souffle, les commerçants de proximité rivalisent d’imagination et stimulent des pratiques peu courantes chez ces professionnels : vente sur Internet avec paiement en ligne, réseaux sociaux, drive, paniers groupés, ventes directes, click and collect… Pour sauver les emplois et garder un bout d’activité, ils ont dû acquérir de nouvelles compétences (numériques, logistiques…).

Pour soutenir les producteurs angevins, la marque territoriale Produit en Anjou, qui regroupe plus de 130 entreprises du Maine-et-Loire et 2 800 emplois, lance une gamme de colis alimentaires, avec le soutien du Marché d’Intérêt National (MIN) d’Angers et de la Chambre d’agriculture.
ÔsezMauges tourisme et développement met en avant ses producteurs locaux, épiceries de proximité, restaurateurs et marchés pour soutenir l’économie et les entreprises locale en publiant une carte interactive sur son site web.
Sous le nom de Place à la solidarité, le Département de Vendée et le site Place Vendée proposent aux producteurs, artisans et commerçants vendéens de vendre gratuitement en ligne. Le site Place Vendée, ouvert début 2020, a vu son trafic multiplié par dix et ses ventes par cinq. Depuis le 2 avril, 65 nouvelles demandes d'adhésion se sont ajoutées aux 60 entreprises déjà adhérentes.
La communauté de communes Châteaubriant-Dervalsoutient les producteurs locaux et les commerçants de proximité en publiant une carte interactive sur son site web.
Le Centre d’initiative pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam Bio 53) a mis en ligne une carte interactive pour promouvoir les produits et lieux de vente de ses 500 producteurs et artisans (transformateurs boulangers, bières, fromagers) mayennais.  
Le Conseil régional des Pays de la Loire finance et coordonne avec la Chambre d’agriculture le développement de boutiques en ligne pour les producteurs de produits frais dont les circuits de distribution sont actuellement fermés. Les initiatives locales seront référencées sur le site www.approximite.fr, alimenté en continu par la Chambre régionale d’agriculture.
La CCI de Vendée et La Petite distrib mettent en ligne une cartographie qui recensent les commerces ouverts en Vendée pendant le confinement (environ 200 professionnels vendéens déjà inscrits).

Fermées au public, certaines enseignes de bricolage ont mis en place un service de retrait sans contact.
Le groupe Herige (85, siège à l'Herbergement, 2 400 salariés dans le grand Ouest) a réouvert le 23 mars 40 % des agences sous l’enseigne VM Matériaux et 40 % des centrales à béton, à destination des clients professionnels, après avoir fermé l’intégralité de ses sites le 17 mars. Le groupe doit jongler entre un nombre limité de salariés (840) et des mesures de chômage partiel.
Pour les petites enseignes d’électroménager, si les magasins sont désormais fermés au public, les dépannages et les achats d’appareils en ligne sont toujours possibles. Pour autant, elles pâtissent de la concurrence des grandes surfaces.
D’autres commerces indépendants (librairies, vêtements, vente de jeux de sociétés…), poussés par la concurrence des plateformes internet et de la grande distribution misent également sur la vente en ligne et la livraison à domicile ou le drive.

Dans les jardineries, seuls les rayons alimentation animale sont autorisés à ouvrir, à une saison où elles réalisent normalement leur plus haut chiffre d'affaires sur la vente des végétaux, semences, terreaux… Pour tenter de limiter la casse, la préfecture de Loire-Atlantique a autorisé les services Drive des jardineries déjà ouvertes, pour cause d'activité animalière, afin d'écouler ces produits végétaux.

Suite au décret du 24 avril 2020, les magasins de tissus et accessoires de mercerie, devenus commerce de première nécessité, sont autorisés à réouvrir pour aider les entreprises, collectivités et particuliers à réaliser des masques. Pendant la période de confinement, l'activité ne s'était pas arrêtée grâce aux drives et livraisons.

La vente à domicile a perdu 70 % du chiffre d’affaires, d'après la Fédération de la vente directe. Cela concerne en France 450 000 personnes exerçant sous le statut particulier de Vendeur à domicile indépendant (VDI). Selon ce statut, les vendeurs ont obligation de rencontrer leurs clients à domicile. Alors que des discussions étaient déjà en cours avec le gouvernement avant le confinement pour réformer cet aspect, la fédération espère faire évoluer les conditions d’utilisation du statut par tous les moyens possibles (démonstrations par visio-conférence notamment).

Un plan de continuité a été adopté au port de Nantes-Saint-Nazaire. Aucune restriction n'est imposée quant aux trafics portuaires essentiels (denrées alimentaires, alimentation animale). Sur le terminal méthanier, l'activité est maintenue pour assurer la sécurité des collaborateurs et l'approvisionnement en gaz.

Les plateformes logistiques ont une activité très soutenue et assurent des rotations fortes sur les produits alimentaires et d’hygiène. Les plateformes multi-produits se consacrent à la livraison des produits de première nécessité.

Le transporteur Ageneau (49, Cholet, 450 salariés) se concentre quasi exclusivement sur l’acheminement de denrées alimentaires, alors qu'en période normale, le groupe travaille pour 30 % dans le secteur agroalimentaire et de la grande distribution. En revanche, le transport pour l’industrie a chuté car beaucoup d’entreprises locales ont cessé ou très fortement réduit leur production.
D'autres transporteurs connaissent un recul de leur activité. La société STRV (85, La Chaize-le-Vicomte), spécialisée dans le transport d’aliments pour bétail, mais aussi de produits industriels, accuse une chute de 30 % de son chiffre d'affaires suite à la fermeture d'usines.
Le groupe de transport Mousset (85, Essarts-en-Bocage, 2 200 salariés) poursuit ses activités de transport mais la fermeture totale ou partielle de nombreuses entreprises entraîne une perte de chiffre d’affaires de l’ordre de 80 % pour le pôle industriel du groupe. Cette baisse drastique a entraîné la mise au chômage partiel pour 700 salariés. La filière du transport agroalimentaire se porte en revanche mieux avec un taux d’activité avoisinant les 90 %.
Les 420 salariés de XPO sont quasiment tous au chômage partiel sur les plateformes d’Angers (multiclients), de Saint-Léger-de-Linières où s’approvisionnent les magasins Leroy Merlin, et de Beaulieu-sur-Layon qui opère pour le compte de Boulanger. L’entreprise n’assure que les activités de e-commerce, qui restent très marginales pour ces deux clients.
PassionFroid (présent sur tout le Grand Ouest), spécialiste dans la livraison de produits frais et surgelés aux professionnels de la restauration collective et commerciale, voit 80 % de sa clientèle à l'arrêt complet. En conséquence 300 des salariés sont au chômage partiel. 90 personnes assurent les 20 % d’activité restante qui relèvent toutes de l'urgence (approvisionnement d’hôpitaux, maisons de retraite, gendarmeries, armées, prisons, mairies...). L’entreprise participe également aux initiatives "les Chefs solidaires" et "les Appros solidaires" qui organisent des points de livraison centralisés pour des quartiers ou segments de population.

Spécialisée dans la logistique, l'emballage et le transport de produits industriels, la société Idea (44, siège à Saint-Nazaire, 1 500 salariés) a été sollicité par l'Agence régionale de santé (ARS) pour la collecte et la livraison des masques. Début avril, le partenariat avait permis de livrer 2,2 millions d'équipements à 2 800 établissements de santé.

Les petites entreprises de livraison de produits alimentaires en direct des producteurs, quant à elles, connaissent une hausse exponentielle de leur activité : chiffre d'affaires multiplié par deux ou trois, afflux de commandes et recrutements en urgence (effectifs passés de 20 à 40 et livraisons quotidiennes de 150 à 400 pour l'entreprise Vite mon marché, 15 au lieu de 3 préparateurs de commande pour la société Graines d’ici qui poursuit ses recrutements en CDD). Shopopop (40 salariés), plateforme nantaise qui a été reconnue service d’utilité publique par l’État pour la livraison des courses alimentaires à domicile entre particuliers, a doublé son activité. Le confinement et la fermeture des marchés ont en effet massivement incité les consommateurs à se tourner vers la livraison à domicile.

Les Coursiers nantais, une société coopérative de livraison à domicile, résiste tant bien que mal à la crise, grâce aux livraisons de courses quotidiennes, notamment pour des personnes âgées, mais aussi à leur plate-forme, 1,2,3… Courses qui propose aux commerçants nantais de mettre en ligne gratuitement leurs produits ou leurs services.

Les entreprises de déménagement sont quasiment à l’arrêt depuis le début du confinement. Quelques activités sont maintenues : déménagements d’urgence autorisés (mutation ou impératifs familiaux), transport de lits dans les hôpitaux, location de box et garde-meuble… À Angers, l'entreprise Gentlemen du déménagement propose également la location de camion avec chauffeur, une formule restreinte qui doit permettre de réduire les risques de contamination.

La TAN, réseau de transports en commun de Nantes Métropole, fonctionne en "jour blanc" (fréquence minimum pratiquée habituellement le dimanche) avec une amplitude horaire réduite de 6 h à 20 h. Certains salariés ont été mis au chômage partiel.
Pour l'entreprise d’autocars de tourisme Gandon (53, la Baconnière, 40 salariés), l'activité est totalement à l’arrêt et les salariés sont au chômage partiel. Le voyagiste n'envisage une reprise du travail qu’après l’été 2020.

L'aéroport Nantes Atlantique n'annonce pas de reprise des vols commerciaux à la veille de la date de déconfinement le 11 mai, car les compagnies aériennes n’ont pas divulgué leur programme de vols. Sur le 1er trimestre 2020, Nantes Atlantique a limité la casse avec une baisse de 10 % de son trafic et de 11 % des mouvements d'avions. L’aéroport de Nantes relance son trafic passagers à partir du 8 juin avec une ligne opérée par Air France.

La Poste se recentre sur des "missions essentielles" en assurant moins de services et réduisant ses tournées. La distribution du courrier, des colis et des petites marchandises est maintenue, à un rythme dépendant des effectifs disponibles. Le temps de travail des facteurs est réduit à quatre jours à compter du 23 mars et à trois jours à partir du 30 mars. Le passage quotidien pour les services de proximité est maintenu, avec des agents dédiés : portage de repas aux seniors, de médicaments, de produits sanitaires nécessaires aux personnels soignants. D’ici la fin du mois d’avril, la Poste va réouvrir des bureaux et augmenter la fréquence de distribution des journaux, courrier et colis.
Pour venir en aide aux commerçants et artisans qui ont dû fermer le rideau, le Groupe La Poste a développé la market place mavillemonshopping.fr, en partenariat avec les acteurs économiques du territoire (CCI, Région, Département, Saint-Nazaire Agglomération, Nantes Métropole, associations de commerçants). Son principe : regrouper sur une plateforme web tous les produits, services et activités disponibles sur le territoire à destination des particuliers et des entreprises, pour offrir des débouchés aux TPE et aux PME de Loire-Atlantique frappées par la crise. Fin avril, la plateforme proposait 7 300 produits vendus par 715 entreprises de Loire-Atlantique et avait enregistré 800 transactions. La CCI Nantes Saint-Nazaire, initiatrice du projet, souhaite faire de cet outil un levier pour accompagner le mouvement de transformation numérique des boutiques physiques, de plus en plus concurrencées par les marchands en ligne. En attendant, le Covid aura été un facteur d’accélération de la digitalisation des commerces et entreprises locales.

Avec le confinement, l'activité s’est brusquement arrêtée pour les agences de locations de voitures, surtout pour celles qui ne travaillent que dans les gares et aéroports, car leur métier s’inscrit en complément de transports en commun longue distance.

Le groupe de transport, collecte et gestion des déchets angevin Brangeon (49, 1 300 salariés) assure la collecte des déchets des collectivités et particuliers, mais a fermé 5 de ses 17 sites de recyclages, répartis dans le grand Ouest. Les fonctions support ont été placées en télétravail, chômage technique ou en arrêt pour garde d’enfant.

ADC Propreté (44, Nantes) n'a conservé que la moitié de son activité d'entretien dans les cabinets médicaux, cliniques, immeubles d’habitation ou établissements publics de première nécessité des collectivités. Cela s'est traduit par la mise en chômage partiel de la moitié de l’effectif (maintien de 60 salariés en contrat d’insertion sur 120 et 70 permanents sur 140).
Pour la société de nettoyage CNH (44, La Chevrolière, 130 salariés), 60 % de ses clients ont fermé leurs portes mais l'entretien des sites n'a pas été interrompu dans les groupes de maraîchage du territoire, comme Océane (44, La Chevrolière), ou dans le secteur de l'industrie, comme chez Armor (44, La Chevrolière), qui fonctionne à plein régime.
L’entreprise de ménage, repassage et jardinage Maisons et Services (53, Changé, 70 salariés) a vu son activité baisser de 90 % les deux premières semaines de confinement et mis son personnel au chômage partiel.
À La Séguinière (49), l’entreprise Arjo France spécialisée dans la vente et la location de matériels médicaux est aussi l'un des quatre centres français de désinfection des matelas hospitaliers. De 16 salariés, la partie production et contrôle a dû passée à 25.
Spécialiste nantais de nettoyage et décontamination des locaux de chantiers et bâtiments neufs achevés, Clean concept (40 salariés) a du "boulot à la pelle" lors de la reprise progressive des chantiers de BTP. Or, le processus de nettoyage prend deux fois plus de temps qu’avant la pandémie. L'entreprise recherche d'urgence dix collaborateurs supplémentaires.
Spécialisée dans le nettoyage industriel, la société yonnaise GSF Auriga (85, la Roche-sur-Yon, 321 salariés) connaît depuis le début de la crise une baisse globale de son activité de l’ordre de 8 %, du fait de la fermeture provisoire de nombreuses entreprises clientes. Ce marché est marqué par une évolution de la demande, liée au Covid : forte hausse de la désinfection des points de contact et des entreprises touchées par le virus.
Avec la crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19, jamais le nettoyage des entreprises et des lieux publics n'a eu autant d'importance. Le secteur de la Propreté, auparavant vu comme un service de confort, change d'image : il est désormais considéré comme un maillon indispensable de la garantie d'une hygiène irréprochable des locaux.

Les garagistes (6 307 entreprises de réparation automobile en Pays de la Loire, dont 95 % emploient moins de dix salariés) font partie des professions autorisées à ouvrir. Mais beaucoup n’assurent plus que les urgences, faute de pièces détachées disponibles et de demande. Avec le déconfinement, la plupart des garagistes voient les rendez-vous se multiplier sur plusieurs semaines, que ce soit pour des dépannages ou un entretien régulier. Avec cet afflux, les garagistes espèrent voir leur chiffre d’affaires pour l’activité de réparation grimper à 60, voire 70 % pour le mois de mai.

Les centres de contrôle technique sont aussi au ralenti et mettent du personnel au chômage partiel. Ils assurent en priorité les contrôles des véhicules prioritaires, tels les poids-lourds dédiés au transport des marchandises de nécessité. Avec la fin du confinement, les centres agréés sont pris d'assaut.

Les entreprises de mécanique agricole ont dû s’adapter : chômage partiel pour les commerciaux, poursuite d'activité pour les mécaniciens des services entretien, magasins de pièces détachées fermés pour les clients, vente des seuls matériels agricoles en stock.

Les sociétés de sécurité privée sont particulièrement sollicitées, alors que de nombreuses entreprises et chantiers suspendent leurs activités : beaucoup de demandes pour des surveillances renforcées, augmentation des plages horaires de surveillance, gestion de l'affluence dans les supermarchés… Elles doivent néanmoins composer avec leurs effectifs actuels, car les agents doivent être assermentés par le ministère de l’Intérieur, mais aussi avec un parc de véhicules limités.

CII Télécom (72, Le Mans), qui développe des automates d’alertes locales aux populations, est très sollicitée : ses différents clients (préfectures, mairies, services incendie -Sdis-, Samu, entreprises…) ont ainsi émis en une semaine 900 000 appels téléphoniques et envoyé 400 000 SMS à destination des populations locales, afin de relayer les informations relatives à la crise du Covid-19.

Les élèves policiers se sont mis à la disposition des commissariats les plus proches de leur domicile pour renforcer les équipes. Âgés de 21 à 28 ans et accompagnés de policiers titulaires, ils remplissent des missions différentes selon le degré d’avancement dans la formation. Les policiers des services judiciaires, dont l’activité a diminué, ont également étoffé les patrouilles. 

Le bureau de l’Armée de l’air du Cirfa Le Mans (72) réouvre ses portes le 11 mai pour traiter les demandes d’information et les dossiers de candidature. Du niveau 3e jusqu’au Bac +5, l’Armée de l’air recrute et forme en 2020 plus de 3 500 jeunes de 16 à 30 ans, dans plus de 50 métiers différents.

Établissements hospitaliers

Les hôpitaux ligériens se préparent à l'afflux de nouveaux malades, notamment atteints par des pathologies liées au Covid-19, et appellent à un renforcement de leurs effectifs. Les Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), notamment, recherchent des réservistes en cas d’absentéisme dans leurs équipes. La recherche de bras se concentre sur des tâches satellites : entretien du linge, restauration, distribution des repas, entretien des logements, désinfection des espaces, aide aux soins. C'est pourquoi l'Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire a lancé deux appels à la mobilisation : le 19 mars à destination des étudiants de santé et le 26 mars vers tous les étudiants et professionnels pour renforcer les effectifs des établissements de santé de la région.
Certains centres hospitaliers, tels ceux d'Angers, de Laval, de Nantes et de la Roche-sur-Yon, disposent de services dédiés au traitement du Covid-19, après avoir réorganisé la mise à disposition des lits, notamment ceux de réanimation, pour prendre en charge le maximum de patients. Des centres de consultation dédiés au traitement du Covid-19 et coordonnés par l'ARS, ont ouvert (12 en Loire-Atlantique, 28 en Maine-et-Loire, 8 en Mayenne, 14 en Vendée notamment).
Au Centre de santé mentale angevin (Cesame), les professionnels s’attendent à devoir faire face à un afflux de demandes de soutiens psychologiques dans les prochaines semaines, voire dans les prochaines années et s’inquiètent des moyens qui seront alloués à l’hôpital pour y répondre.
Dans les établissements privés de santé, qui ont dû déprogrammer de nombreuses opérations, des soignants doivent prendre leurs congés ou d'autres sont au chômage partiel.

Personnels médicaux et paramédicaux indépendants et maisons de santé

Les médecins et infirmièr.e.s libéraux adaptent leur organisation et privilégient la téléconsultation. Les cabinets de médecins généralistes et spécialistes évoquent néanmoins une forte baisse des consultations, jusqu'à 40 % au cœur de la crise. Beaucoup de cabinets médicaux et paramédicaux ont dû fermer et mettre leurs salariés au chômage partiel. 

Pour les personnels paramédicaux, leur activité a été suspendue jusqu'au 11 mai, à l'exception des cas d'urgences pour lesquels une organisation spécifique a été mise en place à l’échelle de chaque département par les masseurs-kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes et pédicures-podologues. En Loire-Atlantique, 6 000 cas d’urgences dentaires ont ainsi été traitées de cette façon. Par effet domino, les prothésistes dentaires ont été lourdement impactés.

L'ARS Pays de la Loire précise le 20 avril que la téléconsultation n'est pas réservée aux seuls médecins. Elle s'applique également pour les professions suivantes : infirmier, sage-femme, orthophoniste et masseur-kinésithérapeute.
Pour favoriser la téléconsultation, le Conseil départemental de la Mayenne soutient financièrement son déploiement à hauteur de 10 000 €, en partenariat avec l'ARS, avec la mise à disposition de la plateforme de télémédecine Covalia, mise gratuitement à disposition des professionnels de santé.

Les vétérinaires, faute de matériel de protection, n'assurent que les urgences. La profession, qui n'a pas accès aux masques en pharmacie, doit néanmoins "poursuivre ses missions de police sanitaire et de soins d’urgences aux animaux", à la demande de l'État.

Autres services sanitaires

Chez les pompiers du Maine-et-Loire, les effets du confinement se traduisent par une chute de 40 % de leur activité, du fait de l'arrêt des nuits festives notamment. En revanche, ils relèvent un pic d'interventions pour les accidents domestiques.

Laboratoires d'analyse médicales

Le laboratoire de microbiologie Laborizon (72, Le Mans), en partenariat avec le Centre hospitalier du Mans (CHM) et l’Agence régionale de santé (ARS), a élaboré un dispositif de dépistage, qui a permis d'ouvrir 12 centres de dépistage en Sarthe, une opération unique dans les Pays de la Loire.
Pour Bioliance, réseau de 28 laboratoires en Loire-Atlantique et Vendée réalisant des analyses sanguines et bactériologiques, l'activité a chuté de 50 % en raison de la fermeture de cabinets de médecins spécialistes. La réalisation de tests de dépistage du Covid-19 ne compense pas la perte de 1 800 dossiers au quotidien sur les autres analyses.

L’Association de conseil et d’aide au devenir de l’enfant et de l’adulte (Acadea), qui gère cinq établissements en Sarthe (La Flèche, Sablé-sur-Sarthe et Mamers), assure l’accompagnement de jeunes et d’adultes présentant un handicap psychique. Alors qu'un quart de son personnel est en arrêt, l'association a besoin de personnels supplémentaires intervenant dans les secteurs de l’éducation, de l’animation ou du handicap. Avec les premières propositions, des contrats en CDD ou des conventions de bénévolat ont déjà été passées.

Chute d'activité énorme pour ce secteur, mais de nouvelles demandes affluent : gardes d'enfants, remplacement d'intervenant à domicile…  Le groupe manceau de services à la personne OuiCare (72, 14 000 salariés chez O2) annonce que 80 à 90 % de ses 6 000 collaborateurs sont sur le pont. Pour venir en appui, la direction régionale de Pôle emploi recherche des auxiliaires de vie pour aider les personnes dans certaines tâches vitales car plusieurs sociétés doivent faire face à l'afflux des demandes d'accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap. Toutes les candidatures sont à envoyer directement sur le site de O2 (emploi.o2recrute.fr). Une quarantaine de postes sont à pourvoir en Loire-Atlantique. 
L'association Aide à domicile et emplois familiaux (Adef) de Rezé (44, 170 salariés), dont aucune employée n'a exercé son droit de retrait, se concentre sur l’aide aux plus vulnérables, personnes âgées, handicapées ou malades et sur les interventions prioritaires.
L’ADMR La Moine (49, Sèvremoine) a suspendu les heures d’entretien du logement et la garde d’enfants, mais continue à intervenir au domicile des plus fragiles, personnes âgées ou en situation de handicap.
L'ADMR Vallon chemillois (49, Chemillé-en-Anjou, 25 salariés), a placé 9 employées au chômage partiel, du fait d'une diminution de 50 % de son activité.
Pour l'ADMR de Château-Gontier (53), l'activité est ainsi passée d’environ 700 à 200 heures de travail par semaine.
En Vendée, l'activité de l'ADMR a diminué d'environ 50 %. La direction départementale maintient néanmoins sa campagne de recrutements d'aides à domicile et d'aides-soignants.
L’association de services à domicile (aide à domicile, ménage, téléassistance…) Amapa (72, Le Mans et la Flèche, 145 salariées), qui déclare un absentéisme de 25 %, a vu son activité baisser de 20 % en mars et de 38 % en avril.
La société angevine Générale des services (65 agences en France, 2 000 salariés), spécialisée dans les services à la personne, a établi un partenariat national avec les magasins Monop’ et l’opérateur bancaire Nickel pour un service de courses et de livraison à domicile dans une quinzaine de villes.

Les salons de coiffure sont autorisés à reprendre leur activité le 11 mai. Des fiches conseils sanitaires, élaborées par les partenaires sociaux de la branche et validées par des médecins, attendent le feu vert du ministère de la Santé.

En première ligne face à la chute d’activité, le travail temporaire et les missions d’entreprises s’écroulent (- 60 à 80 % du marché de travail temporaire en Pays de la Loire) et les agences mettent leurs propres salariés en chômage partiel :

  • à Châteaubriant, chute de 50 % à 75 %, à cause notamment de la fermeture des entreprises du BTP et de l'Industrie, mais maintien des missions dans l'Agroalimentaire,
  • à Saint-Nazaire, 10 000 intérimaires menacés face au quasi-arrêt de l’activité industrielle, exception faite du secteur Aéronautique,
  • à Ancenis-Saint-Géréon, où l'Intérim représente un tiers des offres d’emploi, fort impact du fait de l'arrêt d'activité dans le BTP et la Métallurgie, redirection de certains intérimaires dans l'Agroalimentaire.
  • À Château-Gontier et Laval, demande soutenue pour les secteurs Agriculture, Agroalimentaire et la grande distribution, forte chute pour l'Industrie et le BTP.
  • dans l'Anjou, l'activité des agences d’intérim repart doucement début mai, après une chute de 75 % pendant le confinement : nouvelles offres dans la Logistique et l’Industrie, dont l'Agroalimentaire. Néanmoins, selon un responsable de Randstad à Angers, "les PME qui se remettent en ordre de marche vont d’abord réintégrer leurs propres salariés, les intérimaires viendront dans un second temps".

Concernant les intérimaires, seuls les recrutés pour plusieurs mois peuvent espérer bénéficier d’une activité partielle.
D'après le directeur régional de Synergie et président de Prism’Emploi Pays de la Loire, la crise sanitaire modifiera en profondeur un marché du travail temporaire resté dynamique jusqu’en mars 2020 : "on était sur un marché de candidats, où les talents pouvaient choisir leurs missions. On est en train de basculer vers un marché où c’est l’entreprise qui a le choix du candidat". En conséquence, "les travailleurs qui retrouveront des missions seront les plus qualifiés, au détriment des personnes les plus éloignées de l’emploi".

Selon le cabinet de recrutement nantais Adeïs, beaucoup d'entreprises gèlent ou reportent leurs recrutements, voire mettent fin à des périodes d’essai, des contrats en CDD ou d'intérim. Pour autant, les fonctions commerciales et les cadres dirigeants sont toujours recherchés, notamment dans l’Agroalimentaire, le secteur médico-social, la Logistique et le domaine agricole.

Selon une étude de ministère de l’Agriculture, en lien avec l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), la plateforme Pôle Emploi Mobilisation Emploi et l’agence de recrutement Qapa, les six secteurs qui recrutent le plus pendant le confinement sont l’Agriculture, la Logistique, la Grande Distribution, l’Agroalimentaire, la Santé et enfin l’Hygiène. L’Agriculture se situe loin devant avec 200 000 recrutements, principalement de travailleurs polyvalents, contre 35 000 pour la logistique et 10 000 pour l’hygiène.

La plupart des traiteurs et restaurateurs sont au chômage partiel et renforcent dans certains cas leur activité de portage à domicile et de plats à emporter, en utilisant des procédures de livraison sans contact.

Les hôtels n’ont pas l’obligation de fermer, mais ils y sont contraints, faute de clients. Les établissements restés ouverts appartiennent le plus souvent à des chaînes hôtelières, qui répondent à des normes établies et peuvent plus facilement mettre en place les protocoles. Ils reçoivent surtout des clients obligés de se déplacer dans le cadre de la situation d’urgence. L’État prend en charge le chômage des salariés concernés.
Les hôtels restés ouverts appartiennent le plus souvent à des chaînes hôtelières, qui répondent à des normes établies et peuvent plus facilement mettre en place les protocoles. Ils reçoivent surtout des clients obligés de se déplacer dans le cadre de la situation d’urgence ou, pour certains hôtels, du personnel soignant à titre gracieux.

Échos des organisations professionelles

Catherine Querard, présidente du Groupement national des indépendants-hôtel, café, restaurants (GNI-HCR) évoque une estimation de 30 % de défaillances d'entreprises de ce secteur en Bretagne Pays de la Loire.

L'Union nationale du tourisme social (Unat) déclare la fermeture des 70 établissements ligériens.
Pour les Gîtes de France situés en Pays de la Loire, la tendance des réservations se situe à moins 90 % par rapport à 2019. .
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) de Loire-Atlantique prévoit la disparition de 30 % d’établissements, sur les 3 737 restaurants, 574 hôtels, 1 598 débits de boissons dont 36 discothèques que compte le département.
L’UMIH de Vendée comptabilise 98 % d’hôtels fermés dans le département et la fermeture de tous les restaurants (l’activité en livraison ou à emporter est marginale).
Selon le Groupement national des indépendants (GNI) Grand Ouest de l'Hôtellerie-Restauration, 11,4 % des établissements ligériens ne seront pas capables de réouvrir lors du déconfinement et 55 % ne savent pas ce qu’ils vont devenir, leur survie étant liée à la date de réouverture autorisée. Alors que le secteur représente 19 % des 18 000 recrutements annuels saisonniers, l'impact de la crise va directement concerner ces emplois.

Vendée Tourisme, le pôle tourisme de Vendée Expansion, a enregistré 15 000 annulations de séjour la première semaine de confinement. La plupart des hôtels et restaurants sont fermés. Dans l’hôtellerie de plein air, les vacances de Pâques, qui marquent traditionnellement le début de la saison, sont déjà perdues. Les professionnels se préparent désormais à la réouverture des campings en prévision d’un afflux plus important de la clientèle qui devra rester en France cet été. La situation est la même pour les parcs de loisirs.
L'impact de la situation sanitaire l'est aussi pour les offices du tourisme (OT) qui mettent une partie de leurs salariés au chômage partiel. L'OT de Pornic rapporte également une absence de recettes liée à l'annulation des spectacles, ainsi qu'une perte de 100 000 € de taxe de séjour pour la période mars-avril 2020.
Selon une enquête de l’Observatoire régional du Tourisme réalisée entre le 1er et le 8 avril, 73 % des entreprises touristiques interrogées ont été contraintes de prendre des mesures de chômage partiel et la perte de chiffre d’affaires est estimée à plus de 50 % pour 8 professionnels interrogés sur 10, et à plus de 75 % pour un tiers. Alors que 80 % des réservations ont été annulées ou reportées, 64 % des professionnels déclarent reporter le recrutement de saisonniers et 36 % l’annuler.
Saint-Nazaire agglomération tourisme (Snat), qui regroupe l’ensemble des offres touristiques de l’agglomération de Saint-Nazaire, se prépare à une saison estivale assez dense, avec l’amplification d’un tourisme dit "domestique". Cependant, cela ne compensera pas totalement les pertes des mois de mars, avril et mai.
Anjou Tourisme a créé un portail pour accompagner les professionnels et anticiper la reprise : information sur les différentes mesures de soutien, questions-réponses, webinaires (notamment sur la communication en ligne)… Il lance également une campagne de communication pour encourager la venue de touristes en Anjou. Le secteur Tourisme avait généré 1,1 milliard d’euros de retombées économiques dans le département en 2019.
Vendée Expansion prépare également la reprise et vise l’arrière-saison avec une clientèle française et de proximité, ainsi que la perspective du Vendée Globe en novembre 2020. Pour tenter de sauver la saison 2020, un plan de relance du tourisme vendéen a été dévoilé le 18 mai par le Département de Vendée et Vendée Tourisme, le Pôle Tourisme de Vendée Expansion.  

Ouvert en janvier 2019, le centre de contact Coriolis Service doit faire face à une chute de 50 % de son activité. La moitié de ses 350 opérateurs sont en chômage partiel ou en arrêt de travail. Parmi ceux qui restent, 15 % travaillent désormais à distance.

Société spécialisée dans les solutions pédagogiques et les simulations pour la formation dans le monde de la santé, Twin médical (49, Les Ponts-de-Cé) vient de mettre au point une solution qui permet, pour les médecins et les infirmiers, de se mettre en situation de diagnostiquer un cas clinique : celui de patients virtuels suspectés d’infection par ce virus. L’objectif est de réduire l’impact des erreurs de raisonnement ou de traitement lors des diagnostics. Des mises à jour seront proposées selon les nouvelles connaissances, apportées par la communauté médicale et scientifique, et selon l’évolution de l’épidémie.

À l'Université du Mans, les enseignants-chercheurs et l’ensemble de l'équipe pédagogique assurent la continuité pédagogique pour les 12 000 étudiants du campus. Les cours à distance ont été généralisés, grâce à un outil de classe virtuelle. Idem pour l'Université d'Angers (UA), qui poursuit ses cours via des visioconférences et la mise ligne des cours. L'UA organise également les 2 000 examens de fin d'année à distance pour 95 % des étudiants.

Olivier Laboux, président de l’Université de Nantes, a annoncé le 7 avril que le campus ne rouvrira pas ses portes d’ici fin juin. Les examens de fin d’année seront organisés à distance avec un contrôle des connaissances. Les stages pourraient être reportés à la rentrée de septembre.
Les Ateliers Canopé de la région Bretagne et Pays de la Loire proposent des formations en ligne gratuites et animées par des médiateurs, à destination des enseignants, pour faciliter la continuité pédagogique via des classes virtuelles.

Les auto-écoles, qui ont dû arrêter les cours de conduite, poursuivent seulement les séances de code routier via le web. Tous les examens de permis de conduire, prévus en mars et avril, seront décalés au mois de juin, à compter du 8. La problématique du manque de places et d’inspecteurs, déjà présente avant la crise sanitaire, plane sur toute l'organisation. Les cours de conduite sont autorisés à reprendre le 11 mai. Selon une étude du ministère de l’Intérieur, près de 30 % des 12 000 auto-écoles risquent de mettre la clef sous la porte avant le 31 décembre 2020. Seules celles installées depuis longtemps vont passer le cap.

Pour apporter des solutions au télétravail imposé, l'agence web nantaise Dailycom a lancé Visio4you, un service simple de visioconférence capable d'une ouverture 8 heures à la suite, avec un maximum de 1 000 personnes en ligne.

L'éditeur nantais Kosmos, l'un de leaders français des Environnements numériques de travail (ENT), a dû faire face à un "tsunami" de connexions lié à l’explosion de l’enseignement à distance : plus de 400 millions de requêtes, 2,5 millions de mails, des pics de visite cinq fois supérieurs à un jour normal, temps de session triplé… Le dirigeant témoigne "être passé au pied levé d’un appui à l’enseignement présentiel à une dimension de formation à distance massive".

Spécialisée en services informatiques et téléphonie, la PME Mixtrio (72, Saint-Pavace, 16 salariés) propose la création gratuite de sites de vente en ligne pour les restaurateurs qui souhaitent maintenir une activité de vente à emporter.
Des acteurs du numérique ligériens ont été retenus par le secrétaire d'État chargé du numérique et le ministère de la Santé pour leur offre de web services à destination des professionnels et particuliers, pour faciliter leur quotidien. Dans le même esprit, et en collaboration avec Angers French Tech et la CCI du Maine-et-Loire, la start-up Wishibam a été édité 12 avril une plateforme d’e-commerce à l’échelle de la ville d’Angers, qui met en ligne des produits d’une centaine de commerçants de proximité locaux. Au 20 avril, 200 commerçants étaient déjà inscrits en ligne. Même initiative solidaire d'une agence de communication saumuroise, qui vient de lancer la plateforme internet conso-locale.com qui répertorie une centaine de producteurs locaux avec leurs produits, coordonnées, emplacement géographique et leurs possibilités de livraison.

Le groupe Syd (44, Saint-Herblain) a mis à disposition gratuitement des hôpitaux de Vendée un logiciel de télédiagnostic.

La startup nantaise Divoluci a mis à disposition une plateforme d'orientation et de gestion des urgences entre des professionnels de santé et des patients atteints ou suspects de Coronavirus. Concrètement, le médecin, le pharmacien ou l'infirmière libérale peuvent répondre sur la plateforme à un scénario de questions qui permet d'estimer précisément la pathologie et son degré d'urgence, puis d'orienter le patient vers le bon service de l'établissement hospitalier. Au total, la plateforme est en capacité de gérer jusqu'à 4 000 nouveaux cas par jour.

Coment, une autre jeune pousse nantaise, avait mis au point en août 2019 une application qui permet de centraliser, relire, valider et commenter facilement tous les documents par une équipe. Avec le télétravail en forte progression, la demande a explosé : 12 millions de personnes dans le monde l'utilisent via la messagerie d'équipe Slack. 

La startup vendéenne O°code va contribuer au plan de 20 M€ lancé par le ministère de la Transition écologique pour développer les déplacements à vélo dans le cadre du déconfinement, en développant une plateforme web à destination des réparateurs agréés et des usagers (enregistrement des remises en état dans un registre sécurisé contre octroi d'un forfait de 50 € pour les cyclistes).

Le groupe d'assistance informatique Helpline (49, Angers, 330 salariés) cherche à recruter 150 nouveaux techniciens d’assistance clientèle en France, dont 30 pour son seul site angevin d’ici fin juin, car ses clients ont de forts besoins d'accompagnement. Pour pallier le peu de candidatures spontanées, Helpline s’appuie sur Pôle Emploi pour cibler de potentiels talents et informer les demandeurs d’emploi des offres existantes. Les liens se sont également resserrés avec les écoles d’informatique du territoire.

Développée conjointement avec l’Inserm et la SNCF, la plateforme téléphonique d’aide au dépistage du Covid 19 AlloCovid (0 806 800 540) lancée le 27 avril fait appel à l’expertise d’Allo-Media, une start-up parisienne, dont le service R&D est basé au Mans.
Selon une enquête réalisée par ADN Ouest auprès de ses adhérents entre le 15 et le 22 avril, plus de 70 % des entreprises du numérique de Pays de la Loire ont subi une baisse d’activité depuis le début du confinement. Côté recrutement, 50 % des entreprises diffèrent leurs projets, mais 37 % confirment leur engagement. L’intégralité des effectifs est actuellement en télétravail pour 56 % des structures interrogées.  

Experts-comptables et banquiers sont très sollicités par les dirigeants d'entreprises, que ce soit sur la gestion de leur trésorerie ou du chômage partiel. Les agences restent ouvertes avec un système de rotation entre les équipes. Elles doivent assurer, dans le cadre du télétravail, que les opérations bancaires soient réalisées en toute sécurité.

Au Crédit agricole Atlantique Vendée, 89 sur 172 agences restent ouvertes au public sur des créneaux dédiés et 33 % des salariés télétravaillent. Au 20 avril, la banque régionale a accepté 98 % des demandes de Prêt garanti par l’État (PGE), soit 1 316 PEG accordés pour un montant total de 232 M€. La Banque CIC Ouest annonce avoir validé plus d’1 Md€ de crédits PGE en seulement 4 semaines au bénéfice de 5 500 clients (77% vers les moyennes et grandes entreprises et 23% vers les TPE, indépendants, artisans, commerçants, agriculteurs…), avec un taux de refus de 2 à 3%.

Les experts-comptables ligériens lancent leur plateforme SOS Covid-19 destinée aux entreprises touchées par la crise du coronavirus, Ce service d’urgence permet à l’entreprise d’entrer gratuitement en contact avec un expert-comptable de son département après envoi d'un mail à l’adresse sos.covid19@ordec.fr. L'entreprise bénéficiera alors de premières réponses à ses interrogations comptables, financières, fiscales, sociales ou juridiques à la lumière des décisions du gouvernement.
Au 20 avril, un bilan permet d'établir que 40 % des questions concernent le fonds de solidarité et 30 % le chômage partiel.

Concernant l'activité des agences immobilières, la vente est à l'arrêt et les locations produisent 10 % de l'activité habituelle selon la Fnaim 44, fédération qui représente 300 agences immobilières en Loire-Atlantique. Les transactions sont en effet bloquées par le confinement : actes en attente, suspension des états des lieux et des visites (sauf par vidéo), difficulté à réunir les documents obligatoires, tels les certificats d’urbanisme, les relevés d’hypothèque, les diagnostics thermiques du logement… Du chômage partiel a été mis en place et seuls ceux qui s’occupent de la gestion locative conservent une partie de leur temps en télétravail.

Les professionnels de ce secteur (4 063 intermittents, artistes et techniciens en Pays de la Loire) sont durement impactés avec l'annulation ou le report des événements (24 heures du Mans...), spectacles (report de l'ouverture du Puy du Fou) parcs et zoos (report de l'ouverture de Terra botanica, du zoo de la Flèche...) et festivals (Hellfest de Clisson, Les Affranchis de La Flèche, Les Escales de Saint-Nazaire…). Les prestataires (agents de sécurité, hôtesses d’accueil, personnels des bars…), en CDD d’usage ou indépendants, sont au chômage. Courant mai, certaines structures de loisirs sont autorisées à réouvrir, en accord avec les autorités préfectorales, tels que les zoos de Port-Saint-Père (44), de la Boissière-du-Doré (49), de Doué-la-Fontaine (49), de La Flèche (72) et de la Rudelière (85), avec la mise en place d'un protocole sanitaire. Le parc à thèmes vendéen du Puy du Fou annonce sa réouverture le 11 juin, ce qui va permettre à 2 500 personnes de reprendre le travail (4 500 emplois indirects concernés également).

Quelques salons professionnels de grande envergure, tels que la Foire de Nantes, le salon de la relation client, le salon du tourisme et le salon international de l'éolien en mer Seanergy déplorent aussi l'annulation de leurs événements.
Le 22e salon Laval Virtual, qui devait se tenir en avril à Laval, fut virtuel. Même si quelques conférences et rendez-vous d'affaires virtuels ont été maintenus, cette annulation a touché 300 exposants et plus de 300 emplois directs chez les prestataires concernés : montage du salon, équipe de nettoyage, traiteurs, équipe de sécurité… sans compter les hôtels et les restaurants de Laval, directement impactés. Le salon virtuel a néanmoins attiré 6 500 personnes connectées depuis 110 pays contre 18 000 visiteurs en 2019).
L'agence saumuroise (49) d’événementiel Loire Événement Organisation (LEO) a dû annuler 7 de ses salons, ainsi que plusieurs événements grand public programmés en 2020 et a mis l’essentiel de ses 32 collaborateurs en chômage partiel.

La Cité des congrès à Nantes (80 salariés) a mis deux tiers de ses collaborateurs au chômage technique, le tiers restant au télétravail.

Pour les entreprises, dont l'activité est de louer et aménager des structures pour les événements éphémères, la saison est catastrophique, alors que leur chiffre d'affaire est principalement réalisé entre avril et septembre.

Autant que la période d’inactivité actuelle, les incertitudes sur l’après-confinement inquiètent les salariés du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel travaillant sous le régime de l’intermittence. Des syndicats de salariés revendiquent une prolongation d’une année des droits à l’intermittence.

Selon une annonce du ministère de la Culture le 6 mai, les artistes et techniciens du spectacle sous le régime de l’intermittence du spectacle, qui n'ont pas fait un nombre d’heures suffisant (soit moins de 507 heures sur douze mois), vont voir leur statut prolongé jusqu’à fin août 2021.
Certaines collectivités territoriales s'engagent pour soutenir l'économie culturelle, tels que la Région Pays de la Loire, les Départements de la Loire-Atlantique et Sarthe, la Ville du Mans.

Tribunaux

Le barreau de Nantes a mis en place un système de consultations d’orientation juridique gratuite, afin de permettre la continuité de l’accès au droit, plus particulièrement destiné "aux chefs d’entreprise, salariés, libéraux, commerçants, artisans et bien évidemment aux particuliers" déclare Bruno Carriou, bâtonnier du barreau de Nantes.
La suspension des audiences publiques bloque la notification des décisions à la cour administrative d’appel de Nantes. Pour autant, 31 des 33 magistrats et la quarantaine d’agents de greffe de la cour télétravaillent : l’étude des dossiers se poursuit dans des conditions presque normales.
En Mayenne, Nicolas Dirickx, le bâtonnier de Laval, alerte néanmoins sur les difficultés financières probables à court terme des avocats : les facturations sont bloquées en raison de l'absence d'audiences au tribunal et de la suspension de la délivrance des attestations de fin de mission.
À Saumur, le tribunal a poursuivi son activité en mode dégradé : dossiers civils plus jugés en audience, mais par écrit moyennant un circuit aménagé ou reportés, permanence pénale et audiences liées aux affaires pénales maintenues avec les seules personnes directement concernées.
Officiellement, l’activité judiciaire reprend le lundi 11 mai après une fermeture de deux mois, avec une ouverture au public et un redémarrage des audiences en mode dégradé à compter du 18 mai.
Aux tribunaux d’Angers et de Cholet, la priorité est donnée aux affaires civiles traitées par les juges des enfants, des affaires familiales et des tutelles. Au pénal, l'utilisation de la visioconférence va se poursuivre. Les audiences du pôle social restent suspendues jusqu’à septembre. Dans un certain nombre de procédures, des dépôts de dossier sans audience continueront et la dématérialisation devrait devenir de plus en plus courante.
Le tribunal du Mans reprendra les audiences avec les seules personnes convoquées à compter du 25 mai, pour les affaires pénales et civiles. Une session d’assises se tiendra du 26 juin au 10 juillet. 
Au tribunal de Nantes, le président a assuré seul toutes les audiences par téléphone ou en visioconférence, pour limiter les déplacements des 34 juges. À partir du 4 juin, les audiences de jugement redeviendront collégiales, avec trois juges. Mais le tribunal numérique restera la règle, même pour les procédures collectives qui traitent des faillites, au moins jusqu’à la fin juillet. 

Autres métiers de justice et droit

En Anjou, le marché immobilier étant à l’arrêt, les offices notariaux fonctionnent en activité très partielle. La possibilité donnée par décret d’établir un acte notarié sur support électronique se heurte à la nécessaire maîtrise de l’outil numérique. 

En bout de chaîne de la justice, l’activité des huissiers a été réduite d’environ 90 %. Seules les urgences sont traitées, c'est-à-dire les actes soumis à un délai de procédure qu’il faut absolument respecter, ainsi que les constats pour les entreprises, qui doivent justifier qu’elles ont mis en place des mesures sanitaires à l’égard du personnel ou des clients pour continuer de travailler. Une grande partie des huissiers et collaborateurs sont au chômage technique.
Les deux commissaires-priseurs de l’hôtel des ventes Talma, à Nantes, ont réalisé les ventes aux enchères à huis clos avec retransmission sur Internet, ce qui a permis à plus d'acheteurs potentiels d'y assister et de multiplier les ventes.

Tous secteurs

La Préfecture des Pays de la Loire exhorte à la poursuite de la vie économique pour certains secteurs

Depuis le début du confinement le 16 mars 2020, les demandes de chômage partiel explosent auprès de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi (Direccte) des Pays de la Loire.

Au 24 avril 2020, la Région Pays de la Loire compte un salarié sur deux au chômage partiel (soit 580 470 salariés).

Au 5 mai 2020, les chiffres évoluent encore : 665 000 salariés au chômage partiel, 48 000 dossiers en cours de demande du fonds de solidarité et 14 665 Prêts garantis par l’État (PGE) attribués selon la Préfecture Pays de la Loire. Les PGE concernent principalement les TPE (90 %) et au niveau sectoriel les commerces (25 %), les industries (21 %) et la construction (11 %).

 

Cariforef des Pays de la Loire