Covid-19 : une continuité pédagogique réussie



La Direction de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’apprentissage de la Région a organisé le 5 mai 2020, une réunion à distance pour réunir les têtes de réseau des organismes de formation. L’occasion de faire le point sur la continuité pédagogique, la réussite grâce à la mobilisation de tous les acteurs et les difficultés rencontrées, mais aussi envisager le déconfinement à partir du 11 mai 2020 dans le respect du protocole national sanitaire.

   

État de la continuité pédagogique sur "Région formation" durant la période de confinement 

83 % des stagiaires ont eu une possibilité de continuité pédagogique annonce Renaud Moutarde, Directeur de la Direction de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage (DEFPA). Cela a été rendu possible grâce à la grande réactivité de tous les acteurs :  organismes de formation, équipes pédagogiques et stagiaires. Malgré tout, on constate une légère érosion. En effet, à la fin  du mois d'avril 2020, ce chiffre chute à 73 %, constatant qu’il a été plus difficile de faire entrer des stagiaires sur des nouvelles sessions.

Il est à noter également dans ce bilan, l’arrêt des formations dédiées aux détenus et au public non francophone sur le programme Prépa2. Il a été plus aisé de maintenir des formations dans le secteur d’activités comme la bureautique alors que celles qui nécessitent des plateaux techniques comme le BTP ou l’hôtellerie restauration ont été plus impactées. Comme dans la formation initiale, la formation professionnelle a relevé le défi. Ainsi, ce sont 50 % des sessions "Prépa" et 80 % des sessions "Visa métiers" qui ont été maintenues dans la période écoulée.    

    

Freins, solutions : les organismes témoignent    

Jean-Michel Rogeon de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) souligne "le travail incroyable des équipes pédagogiques qui se sont adaptées du jour au lendemain”.  Il s’agissait, parmi les nombreux défis à relever de passer en un temps record, d’un mode de formation "présentiel" à un mode  “distanciel”, tout en offrant un accompagnement renforcé des publics sur le plan pédagogique, social et technique...   

Tous les organismes présents (Réseau des Greta, Cnam, Consulaires, Afpa, CFFPA...)  et leurs représentants (Urof, FFPSynofdes) témoignent unanimement de la réussite de cette continuité au prix cependant d’un effort colossal de leurs équipes et des stagiaires tout en stipulant le coût économique important d'une telle adaptation.   

     

Un challenge relevé  

Pour les équipes pédagogiques, le challenge a été relevé ! Elles se sont découvertes des compétences supplémentaires pour mettre en œuvre les nouvelles modalités à distance, s’approprier les outils, repenser les scenarios pédagogiques, modifier les séquençages d’intervenants, et innover dans les supports utilisés (vidéos, réseaux sociaux, tutos..) .... Non seulement les équipes ont répondu "présentes", mais elles ont aussi fait preuve de disponibilité, de réactivité, n’hésitant pas à faire des heures supplémentaires ! 

En guise de support, notamment lorsqu’une visite d’entreprise n’était pas possible pour construire un projet dans le cadre de Prépa avenir, Corinne Langlais du Synofdes explique que de nombreux outils ont été utilisés pour approfondir les connaissances et nourrir les curiosités via les vidéos métiers et les ressources mises à disposition. 

   

Renforcement de l'accompagnement

Pour les stagiaires, parfois en grande précarité ou en difficultés, il a fallu renforcer la dimension "accompagnement" et s’adapter. Des fonctions supports ont été mises en place très rapidement pour maintenir le contact quotidiennement et limiter la rupture numérique et sociale des stagiaires.

Force est de constater que la fracture numérique est bien présente : manque d’équipement, connexion internet..... De nombreuses alternatives ont été trouvées pour les “zones blanches” (photocopies, courrier, téléphone, Whatsapp). Certaines épreuves ont également été dématérialisées, souligne Dominique Géraud du Cnam Iforis qui a été agréablement surpris par le sérieux des stagiaires qui ont continué à produire et soumettre leurs travaux. 

Pour les responsables, le poids économique n’est pas encore chiffré totalement, mais tous indiquent que le prix des plateformes numériques ou la fin de leur gratuité au bout de quelques semaines d’utilisation a un impact notable sur leur trésorerie comme par exemple, les heures supplémentaires de leurs équipes.  Enfin, les aménagements nécessaires au déconfinement auront également un coût conséquent.  

    

Déconfinement à partir du 11 mai : "Le respect du protocole nécessaire doit être appliqué et respecté, le distanciel privilégié  ! “  

Le satisfecit semble être de courte durée, puisqu’il faut déjà penser à l’après, c'est-à-dire au déconfinement. Ainsi, le ministère du Travail a annoncé le 4 mai que les organismes de formation pourraient à nouveau accueillir des stagiaires à compter du 11 mai 2020. Cette reprise d’activité en présentiel sera soumise au respect de règles de sécurité et de prévention selon un protocole sanitaire strict à paraître prochainement. Les délais de mise en œuvre seront donc très courts.

La tâche est immense pour les organismes qui devront s’adapter en un temps record. Mais d’ores et déjà, ils alertent que le "100 % présentiel" n’aura pas lieu. Ils se dirigent vers des solutions mixtes, asynchrones, en effectif limité et adapté selon les besoins des stagiaires. Ils envisagent même un prolongement du distanciel jusqu’en juin 2020 afin de respecter le protocole en protégeant à la fois leurs stagiaires et leurs salariés.   

Ils s’inquiètent également des modalités pour gérer les 20 % des stagiaires “décrocheurs “ qu’il faudra réintégrer mais également des difficultés de leurs stagiaires et de leurs formateurs à concilier formation en présentiel et vie privée toujours contingentée par l’impact du Covid-19.   

Enfin, les délais de livraison du matériel de protections (masque, savon) ainsi que le réaménagement des locaux et les prestations diverses permettant le respect du protocole sont autant de freins à lever pour garantir le succès collectif de ce déconfinement. Ils auront à n’en pas douter un coût.  

Le 19 mai à 14h, le Cariforef des Pays de la Loire organise un webinaire "organismes de formation, comment organiser le déconfinement" ? avec la FFP, le Synofdes et la Direccte.

   

La Région à l’écoute et en adaptation permanente : des mesures prises rapidement pour faciliter la reprise  

Des pistes sont déjà évoquées comme par exemple, mutualiser les plateaux techniques et favoriser l’entraide entre organismes de formation malgré le marché concurrentiel.   

Renaud Moutarde annonce également de nouveaux bons de commande pour 2020 dans le cadre du Pic Pacte avec un doublement des  places (soit  8 000 places) afin d’anticiper la période de crise économique à venir et la hausse prévisible des demandeurs d’emploi. Ces bons de commande permettront également d’augmenter les heures pour mettre en place les prolongations de sessions pour les plateaux techniques et les passages de certifications (un nouveau RS1 devra être fait via ASP ou Docaposte.)  

À la demande des organismes dans la période, la réponse aux appels d’offre a été repoussée de 15 jours . Les nouvelles échéances sont les suivantes :   

  • Visa Métiers => 18 mai 2020 
  • Prépa Clés => 22 juin 2020 
  • Prépa Avenir => 29 juin 2020 

    

Ne pas perdre de temps pour réussir les rentrées du second semestre   

L’urgence est avant tout de saisir l’offre dans Sofi dès que possible, se coordonner et informer les réseaux valideurs, puis de communiquer dans la presse : voici déjà les pistes envisagées pour communiquer largement sur l’offre disponible à destination des futurs stagiaires.   

La Région communiquera également sur les éléments post-confinement notamment au sujet de la rémunération des stagiaires dont le processus défini en mars 2020 reste en place jusqu'à nouvel ordre.   

Enfin, dès le mois de juin 2020, des mesures expérimentales  dans le cadre du Pic pacte , sont prises par la Région des Pays de la Loire afin de renforcer les rémunérations des stagiaires sur 3 secteurs en tension (Transport et Logistique, BTP, Industrie) et les "dispositifs intégrés."  

2 000 stagiaires seront concernés avec une rémunération au minimum de 850 €. Un doublement des indemnités transports et logement des stagiaires est également prévu.   

La Région n’a pas, pour le moment, prévu d’achats de masques pour les stagiaires ou les organismes de formation et n’a pas de mesures spécifiques pour les organismes de formation hormis celles mises en place pour les entreprises.    

   

Pour aller plus loin

Ressources et contacts utiles
Guide de recommandations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités - Syntec
Guide de la "reprise d'activité" - Synofdes - CNEA

   

Cariforef des Pays de la Loire, mai 2020